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 Gérard Pesson

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Bertrand
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MessageSujet: Gérard Pesson   Mer 23 Juil - 11:19

Gérard Pesson est né en 1958 à Torteron (Cher). Après des études de Lettres et de Musicologie à la Sorbonne, puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, il fonde en 1986 la revue de musique contemporaine Entretemps. Il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) de 1990 à 1992. Lauréat du Studium International de composition de Toulouse (1986), de Opéra Autrement (1989), de la Tribune Internationale de l’Unesco (1994), il obtient en 1996 le prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco. Ses œuvres ont été jouées par de nombreux ensembles et orchestres en Europe. Son opéra Forever Valley, commande de T&M, sur un livret de Marie Redonnet, a été créé en avril 2000 au Théâtre des Amandiers à Nanterre. Il a publié en 2004 aux Éditions Van Dieren son journal Cran d’arrêt du beau temps. Son opéra Pastorale, d’après L’Astrée d’Honoré d’Urfé, commande de l’Opéra de Stuttgart a été créé en version de concert en mai 2006 (création scénique juin 2009, au Théâtre du Châtelet à Paris). Ses œuvres sont publiées aux Éditions Henry Lemoine depuis 2000. Un premier disque monographique, interprété par l’ensemble Fa, est paru en 1996 chez Accord/Una corda. Mes béatitudes, ensemble d’œuvres paru chez æon en 2001 et interprété par l’Ensemble Recherche, a été récompensé par l’Académie Charles Cros. Un enregistrement de l’opéra Forever Valley a été publié en 2003 chez assai. Gérard Pesson a reçu le Prix musique de l’Akademie der Künste de Berlin en mars 2007. Il est professeur de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris depuis 2006. © Ircam - Centre Pompidou, 2008.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Mer 23 Juil - 11:19

Parcours de l'oeuvre de Gérard Pesson (1958)
par Martin Kaltenecker

Les premières œuvres de Gérard Pesson mettaient en œuvre une poétique de l’effacement. Dès Nocturnes en quatuor, le compositeur écrit que « le discours musical y lutte contre le silence », que la musique existe sous forme d’ « ilôts » qui émergent, « comme si la matière sonore avait été recouverte, estompée, submergée1 ». Le point de départ ou la vision primordiale dont tout va se déduire est ainsi d’ordre poétique : c’est celle d’une musique « derrière la musique », d’un envers, d’un ailleurs faisant objet de filtrages ou de soustractions. Cette image va être développée esthétiquement et poussée musicalement dans des directions très différentes — travail avec le rebut, les scories, les objets trouvés, avec la fragmentation des matériaux et des formes, avec la transcription comme tamis, ou encore mise en scène du geste de l’instrumentiste qui indique un ailleurs soustrait. Les images d’une musique inondée ou excavée viennent souvent à Pesson : « La musique est le squelette, et ces rares accords qui flottent, la fibule, la ceinture, l’épée, indices résiduels de la vie tombée en poussière2 », écrit-il. Dans les années quatre-vingt, l’idée d’une « désécriture », ou écriture « blanche », pouvait être reliée éventuellement à la figure encore prédominante de Maurice Blanchot ; musicalement en tout cas, Pesson a marqué une distance par rapport à une musique post-moderne qui voudrait simplement restaurer l’ordre tonal, mais aussi par rapport au courants post-sériel et spectral, quand ceux-ci se rencontraient dans une sorte de fascination pour une musique brillante, immédiatement efficace. Pesson restait dubitatif devant ce qu’il appellera la « maîtrise instrumentale », la « santé et la biensonnance », la « musique étincelante, heureuse » ou encore l’ « efficacité » de certains français contemporains3.

La posture poétique initiale conduit ainsi le compositeur à concevoir tout travail sur les structurations fortes comme travail sur un reste —toute structure est un reste ou sera rendue comme tel. Ce pari esthétique ne pouvait réussir que si l’invention se déplaçait sur un autre terrain, celui en l’occurrence des techniques et des gestes instrumentaux, que Pesson a développés et recombinés constamment, en prenant comme point de départ les solutions trouvées par Salvatore Sciarrino et surtout Helmut Lachenmann. La verve et l’ingéniosité des inventions de Pesson font de son œuvre un rameau authentique d’une « musique concrète instrumentale », qui interroge et déconstruit le matériau grâce au geste instrumental : techniques de taping sur les cordes, frottement des cordes avec la paume de la main ou le pulpe du doigt, petits galets rebondissant sur les cordes du piano, utilisation de plectres divers, graduation du son soufflé, intervention de percussions bricolées, d’accessoires ou ustensiles multiples, qui vont de tuyaux d’air en plastique jusqu’à une perceuse, dont le sforzato met un terme à la Gigue. Ces techniques vont aussi, d’un point de vue esthétique, tenir en échec ce qui serait une musique trop douce, peut-être trop « sciarinienne », ou encore trop marquée par une ascendance française. Si le compositeur écrivait en 1996 qu’« il faut envisager d’admettre que Ravel soit mon refoulé4 » , on a plutôt l’impression que les modes de jeu sont chez lui une façon d’interrompre la « biensonnance » – les Nocturnes en quatuor faisaient penser parfois à un Ravel divisé par Webern ; plus tard, les techniques lachenmanniennes ne s’inscrivent pas dans quelque mythologie du bruit politisé ou, comme chez certains compositeurs spectraux, à l’intérieur d’une polarité entre harmonicité et inharmonicité, mais traduisent une volonté d’effacement, selon laquelle quelque chose est proposé et retiré dans le même temps. Ce va-et-vient marque tantôt le caractère d’œuvres entières (la sèche et quasi venimeuse Cassation face à un Rescousse découplé, aux sonorités plus pleines), tantôt l’opposition de différents moments au sein d’une même œuvre (la première des Cinq Chansons est capiteuse comme un lilas synthétique, la seconde sèche et squelettique), ou bien elle sert à faire contraster des zones formelles où alternent l’harmonicité et la tendance bruitiste, comme dans Cassation. Cependant, l’attirance pour l’obstination, la virtuosité instrumentale, du côté burin de Ravel semble l’emporter chez Pesson sur celle pour les timbres moelleux et la recherche harmonique de Debussy.

Le rapport au matériau est marqué par une distance qui veut ouvrir un jeu avec les connotations plutôt que d’élaborer des constructions ingénieuses en soi. Les hauteurs sont donc gommées par les timbres instrumentaux, mais de surcroît, les grilles « n’arrivent » à la surface que dans un état lacunaire ; elles représentent un simple réservoir où l’on puisera ou non, une carrière de matériaux fragiles. Dans Récréations françaises par exemple, analysé de ce point de vue par Nicolas Mondon, le réseau des hauteurs était à l’origine déployé dans un mouvement intitulé « Histoire de ma guitare », supprimé par la suite, quoique « noyau harmonique » du recueil5 : à l’ensemble des hauteurs des cordes à vide de la guitare, sous différentes présentations (suite de quartes descendantes couplées, échelles pentatoniques), s’ajoute un ensemble de successions chromatiques complémentaires à ces quartes, dont seront tirées d’autres échelles par sélection d’une note sur deux ou sur trois (sur cinq dans un autre numéro du recueil) ; l’une présentera une alternance seconde majeure/tierce mineure, l’autre une succession de plusieurs demi-tons. Ces deux échelles sont sous-jacentes à la plupart des Récréations, mais de manière défective : la « mise en œuvre » qu’est l’écriture va surtout mettre en lumière tel intervalle selon le contexte, si bien que toute une pièce pourra consister en une simple répétition d’une seconde majeure (n°7) ou d’une tierce mineure (n°5). Cette tierce « pendulaire » est d’ailleurs une sorte de talisman chez Pesson – prélevé peut-être au début l’« Adagietto » de la 5e Symphonie de Mahler, elle apparaît un peu partout, des Nocturnes en quatuor jusqu’à Aggravations et final, où les musiciens semblent à un moment la faire circuler entre eux comme un frisbee.

Dans Cassation, le jeu entre un accord en tant que pur ensemble de hauteurs et en tant qu’objet de connotations littéraires et musicales est particulièrement frappant. La cassation, forme de la sérénade, va produire à nouveau ici l’association à la guitare, ainsi qu’à une courte pièce que Wagner avait offerte à Cosima, le thème « Porazzi » en la bémol (WWW 93), qui commence par une appoggiature inférieure de la quinte d’un accord de septième de dominante. Cet accord, caractérisé par un jeu entre quinte juste et quarte augmentée, va commander la scordatura des trois instruments à cordes et produire différentes échelles, toutes caractérisées par trois intervalles principaux (seconde mineure, seconde majeure, tierce mineure). À cela s’ajoutent des gammes « classées » pour ainsi dire (chromatiques, diatoniques, par tons entiers), tout cet ensemble n’apparaissant à nouveau que par intermittence, élimé, gratté, à la fois donné et retiré. L’œuvre frappe donc davantage par sa couleur instrumentale et la mise en scène des timbres (les cordes jouent le plus souvent avec un plectre, le piano ponctue, la clarinette semble s’étrangler, ne jamais accéder au chant amoureux), et une excitation rythmique presque méchante, avec une récurrence des rythmes de marche et de valse. Ces rythmes anciens reviennent souvent chez Pesson comme le fonds ou le point fixe qu’il s’agit de gommer ou de déstabiliser. Clichés ou objets trouvés, sauvés pour être aussitôt déconstruits et broyés — la valse dans Le gel, par jeu ou La lumière n’a pas de bras pour nous porter, un branle du Poitou, une gigue — leur verve passagère est en contradiction avec les sonorités strangulées et râpées qui les supportent. Lors de la création de l’opéra Pastorale, le critique H. K. Jungheinrich écrivait ainsi : « Le refus du pathos et le souffle court sont sa condition préalable. Pesson cite toutes sortes de types formels, surtout des danses, mais ils n’apparaissent pas seulement (comme chez Stravinsky) à l’état de squelette, mais sont véritablement pulvérisées. Une écriture aérée, fluide, estompée, jamais triomphante, qui peut se rapprocher du trivial (scène de la foire) et de l’humoristique, acquérant ainsi une légèreté d’insectes ».

Paradoxalement, l’activité de filtrage et de soustraction paraît conférer a posteriori un statut de quasi-citation à l’ensemble des objets et figures. D’où une proximité particulière chez Pesson avec l’activité de la transcription, qui n’est pas uniquement délassement, vacance, dévotion, mais ressortit à la même impulsion fondamentale que la composition proprement dite, avec, ici, l’accent mis sur la mémoire ou un rapport affectif à tel objet musical, ou la façon dont il s’est installé dans une subjectivité. C’est le cas par exemple avec les Nebenstücke (« pièces à côté », « pièces déduites ») : dans le premier, la Barcarolle de l’op.10 n°4 de Brahms est instrumentée comme si elle s’était « oxydée » dans la mémoire, « comme un objet tombé dans la mer. Tâcher de la transcrire, c’était la repêcher, la retrouver assimilée à mes tentatives, chargée de ce que mon propre travail musical lui avait ajouté, jusqu’à la soustraire peut-être6 ».

Enfin, l’idée d’une « musique derrière la musique » se déclinera à travers un travail sur le geste instrumental, montré parfois pour lui-même, comme allant vers le son ou s’arrêtant tout juste avant sa production. Dans la 6e des Récréations, Pesson introduit l’idée d’une Knochenmusik (« musique d’os »), faite uniquement d’une épure fragile et trouée du texte musical, exécuté par des bruits de clefs ou les doigts tambourinant sur les cordes ou le corps de l’instrument ; dans Forever Valley, on trouvera des gestes-son où l’œil doit symboliquement suppléer à l’information acoustique ; ailleurs, le corps de l’instrumentiste est sollicité pour des sifflotements, le bruit des pieds, les mains passant rapidement sur les habits. Le compositeur propose ainsi le geste et son retournement, le positif et le négatif, l’avers et l’envers, et cette théâtralisation produit un niveau supplémentaire de césures au sein d’un discours où tout conspire à l’interruption. C’est en procédant la plupart du temps par unités courtes juxtaposées, par fragments, par bouts et sursauts, que Pesson refuse ce qu’on pourrait nommer « l’idéologie » du développement thématique et de la forme souveraine comme aboutissement suprême du travail compositionnel. D’où une difficulté à l’écoute : l’auditeur est toujours en quête de l’arche formelle et des « bonnes » coupes, parfois suggérées par la texture, parfois is par le jeu des musiciens qui doivent être observés avec attention. Ce jeu troublant avec la relation entre l’œil et l’oreille – qui tantôt collaborent, tantôt se combattent — se donne alors comme une autre figure de l’interrogation du faire musical, toujours en état d’ « ironisation », retourné, scruté, sauvé par la destruction.

Martin Kaltenecker, © Ircam - Centre Pompidou, 2008.

Notes
Texte accompagnant l’enregistrement chez Accord/Una Corda.
Cran d’arrêt du beau temps, Paris : Van Dieren, 2008, p.183
Ibid., p.261s.
Ibid., p.247.

Ibid., p.191.
Texte accompagnant l’enregistrement chez aeon.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Mer 23 Juil - 11:20

Oeuvres par effectif type


Musique soliste (sauf voix)

Butterfly's note book, pour piano (1995 - 1998), 6mn
Dispositions furtives, pour piano (1983), 5mn
Folies d'espagne, pour piano (1997)
La lumière n'a pas de bras pour nous porter, pour piano amplifié (1994 - 1995)
Trois petites études mélancoliques, pour piano (1991), 4mn
Trois études pour orgue baroque (1998), 10mn
Vexierbilder II, pour piano (2003), 12mn
Vexierbilder, Rom, trois pièces pour piano (1991 - 1995), 8mn


Musique de chambre

Affuts, pour 4 percussions (2001), 9mn
Bruissant divisé, pour violon et violoncelle (1998), 5mn
Cassation, pour clarinette, trio à cordes et piano (2003), 16mn
Dispositions furtives, pour 2 pianos amplifiés (1988), 17mn
Fureur contre informe pour un tombeau d'Anatole, pour trio à cordes (1998), 9mn
Gigue, pour 4 percussionnistes (2001), 4mn
La vita è come l'albero di Natale, pour violon et piano (1992), 2mn
Mes Béatitudes, pour trio à cordes et piano (1994 - 1995), 15mn
Nebenstück, pour clarinette et quatuor à cordes (1998), 9mn
Neige bagatelle, pour guitare, violoncelle et piano (2002), 3mn
Nocturnes en quatuor, pour clarinette, violon, violoncelle et piano (1987), 11mn
Non sapremo mai di questo mi, pour flûte, violon et piano (1991), 2mn
Peigner le vif, pour alto et accordéon (2007)
Quatuor à cordes n° 1, Respirez ne respirez plus (1993), 10mn
Rebus (Pro rebus Harry Vogti), pour flûte, clarinette, violon, alto et violoncelle (1999), 2mn
Récréations françaises, neuf bagatelles pour flûte, hautbois, clarinette et trio à cordes (1993 - 1995), 15mn
Sonate a quatre, pour 2 flûtes à bec, violon et violoncelle (1996), 6mn
Tout doit disparaître, pour 4 hautbois, cor et vibraphone (1985), 13mn


Musique instrumentale d'ensemble

Aggravations et final, pour orchestre (2002), 14mn
Grand Quinconce, pour orchestre symphonique (1987 - 1988), 20mn
In Nomine, pour 8 instruments (2001), 4mn
Instant tonne, pour 8 instruments (2006)
Le Gel, par jeu, pour 6 instruments (1991), 9mn
Quatre berceuses à bas voltage, pour grand orchestre (1998), 4mn
Rescousse, pour ensemble (2004 - 2005), 14mn
Un peu de fièvre, pour 12 instruments (1995), 12mn


Musique concertante

Branle du Poitou, pour piano solo et huit instruments (1997), 7mn
Les Chants Faëz, pour piano principal et 11 instruments (1986), 11mn
Wunderblock (Nebenstück II), pour accordéon et orchestre (2005), 21mn


Musique vocale et instrument(s)

Beau Soir, opéra de chambre pour 12 musiciens, 4 chanteurs et un comédien (1988), 35mn
Butterfly le nom, scène lyrique pour soprano, choeur d'hommes et petit orchestre (1995), 37mn
Ciel d'orage, opéra parlé pour trois voix, sept instrumentistes et bande (1990), 32mn
Cinq chansons, pour mezzo-soprano et 5 instruments (1999), 9mn
Cinq poèmes de Sandro Penna, pour baryton, clarinette basse, cor, violon et violoncelle (1991 - 1992), 7mn
Cinq poèmes de Sandro Penna, pour baryton et piano (1991 - 1992), 7mn
Contra me (Miserere), pour ensemble vocal et instrumental (2002), 10mn
Deux mélodies carthaginoises, pour baryton et piano (1992), 2mn
Forever Valley, opéra pour 7 chanteurs, comédienne et 6 instruments (1999 - 2000), 71mn
Le Couchant, interlude pour trois chanteurs et cinq instrumentistes (1990), 5mn
Panorama, particolari e licenza, pour alto, voix d'alto et ensemble (2006), 32mn
Pastorale, opéra pour soli, choeur et orchestre (2006), 105mn
Purple programme, pour soprano, clarinette basse et percussion (1994), 10mn
Sur-le-champ, pour 4 chanteurs et 8 instruments (1994), 12mn
Écrit à Qinzhou, pour récitant(e) et piano (1994), 10mn


Musique vocale a cappella

Kein deutscher Himmel, pour choeur mixte (1996 - 1997), 10mn
Preuve par la neige, pour choeur (2004), 9mn

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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Mer 23 Juil - 11:22


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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Mer 23 Juil - 11:24



Moi j'ai créée ce sujet car j'étais intrigué par ce disque.

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Jean
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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Mer 23 Juil - 11:37

certainement, Jean Michel pourra nous en parler aussi!
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Jeu 24 Juil - 0:10

Dans Mes Béatitudes (17 minutes), Gérard Pesson me rappelle le Thierry Pécou d’Outre mémoire par exemple dans la façon de traiter le piano. Alors que la musique de Thierry Pécou me semble toujours extravertie, celle de Gérard Pesson serait plus intimiste et chercherait plutôt à cerner le silence. Le prière d’insérer du disque en question : « C’est là qu’on peut entendre le silence de la terre le plus absolu – ni sable, ni végétation, ni insecte ni animal. C’est la mon diapason de silence, là où il me faut revenir toujours pour prendre l’étalon de tout son à naître ou à effacer. »
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Gérard Pesson   Lun 3 Aoû - 0:48

Voici un an que j’ai écrit le message précédent. La musique de Gérard Pesson raréfie les sons, les met à l’épreuve du silence, mais il reste toujours proche de la sensation – une musique qu’on pourrait dire sensuelle. C’est sans doute ce qui m’a suggéré le nom de Thierry Pécou. Pécou est cependant toujours proche du chant et de la chaleur. Pesson est plus proche du silence et de l’intimité.
« Face à ces sons mutants, ni frottés ni soufflés, aussi indifférents à notre monde qu’une surface en inox, nous en sommes réduits à la pure expérience de notre intériorité » (Eric Denut)
C’est un peu l’inverse du lyrisme qui demande à participer à l’intériorité de l’artiste. Ici l’artiste invite l’auditeur à sa propre intériorité. C’est une musique que je trouve fascinante.
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