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 Les Grandes Affaires Criminelles

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Bertrand
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MessageSujet: Les Grandes affaires criminelles : Simone Weber   Ven 9 Mai - 22:43

Aneso et moi on est fou des affaires criminelles, alors j'aimerai lancer une petite serie de petits sujets sur les affaires marquantes à travers l'histoire. Et ce soir l'affaire Simone Weber.


Ses origines

Simone Weber naît en 1929 d’un père mécanicien et d’un mère ouvrière. Elle a quatre ans quand ses parents se séparent deux de ses frères et sœurs sont confiés à leur mère, elle et sa sœur à leur père. Celui-ci refait sa vie et sa belle-mère tiendra une place très importante dans sa vie. C’est de cette époque que date la très forte complicité entre Simone et sa sœur Madeleine. Celles-ci épouseront même deux frères, les Thiot. Avec son mari Simone aura cinq enfants mais celui-ci boit et elle finit par le mettre à la porte.
Pour survivre elle enchaîne les emplois de fortune dont la création d’un journal gratuit. Celle-ci vit surtout dans le mensonge se prétendant aide-soignante ou bien professeur de philosophie. La vérité se situe ailleurs : elle retape des voitures d’occasion à la limite de la légalité. En 1968 intervient le premier grand drame de sa vie, elle perd sa fille Catherine suite à un overdose de Théralène. Négligence, accident ou suicide? Le mystère reste entier en tout cas Simone commence à changer. Elle pense que les institutions sont liguées contre elle et s’engage dans le combat Maoïste. C’est alors que survient le décès de son second fils qui se suicide d’une balle en plein cœur au service militaire à 22 ans.
A la fin des années 70, Simone épouse Marcel Fixard, un militaire à la retraite, celui-ci est veuf sans enfant et vit dans sa maison près de Nancy. Simone est tout d’abord engagée comme dame de compagnie auprès du vieil homme de 81 ans. Quelques mois plus tard, ils se marient dans le plus grand secret à Strasbourg à 100 km de Nancy. Ce mariage surprend tout leur entourage car personne n’était au courant. Trois semaines plus tard Marcel décède malgré sa réputation de santé de fer.

L'affaire Hettier

En 1982, elle rencontre Bernard Hettier mais la liaison se termine rapidement celui-ci se sentant persécuté, allant même jusqu‘à tenter de le droguer. Fin Juin 1985, la fille de Bernard Hettier est inquiète, elle n’a pas de nouvelles de son père depuis plusieurs jours et n’arrive pas à le joindre. Elle se rend à son domicile mais toujours pas de réponse. L’apercevant, les voisins s’approchent et lui racontent qu’ils ont vu le 22 juin au matin Simone Weber guetter Bernard Hettier, ceux-ci ont une violente altercation et s’en vont chacun de leur côté avec leur voiture. Le soir même, la nouvelle amie de Bernard reçoit un appel lui disant que celui-ci ne viendra pas. Comme il avait prévenu que s’il lui arrivait quelque chose de se rendre chez Simone Weber, le fils de sa nouvelle amie, Didier Nuss, se rend chez cette dernière. Il sonne, pas de réponse. Mais il aperçoit la voiture de Bernard de l’autre côté du trottoir. Lorsque Didier Nuss revient le jour suivant celle-ci ne s’y trouve plus. Il se décide donc à alerter les sœurs Hettier qui se rendent chez Simone Weber et exigent de visiter l’appartement. Celui-ci est très peu éclairé mais elles ne voient rien de suspect à part un amont impressionnant de sacs poubelles dans un placard et la cuisine inondée à la suite d’une fuite de machine à laver. Simone jure ne pas avoir vu Bernard Hettier depuis le matin du 22 juin.
Une semaine après sa disparition, sa fille se décide à aller voir la police mais sa requête n’est pas prise au sérieux. Elle publie tout de même un avis de recherche dans la presse et commence à mener l’enquête seule. C’est alors que le disparu donne signe de vie, son employeur reçoit un arrêt de travail et prévient la famille. Toutefois le document semble suspect :des informations manquent, le numéro de sécurité sociale est faux et surtout le médecin l’ayant examiné se situe en banlieue parisienne. La personne examinée est un homme jeune et il s’agit en vérité du gendre de Simone Weber. Tout est mis en œuvre pour faire croire qu’il est encore vivant.


L'enquête

Deux semaines après sa disparition, l’information judiciaire est ouverte pour séquestration. Toutefois, le juge Thiel, surnommé le « shérif » attend quatre mois avant d’interroger Simone Weber. Sur le terrain, deux policiers commencent à la suivre et sont surpris par les habitudes de celles-ci qui essaye de leur échapper, passe des coups de fils dans des cabines le pleine nuit…Ils se sentent même surveillés par elle. C’est à ce moment de l’enquête qu’intervient le témoignage des voisins du dessous. Le soir du 22 juin ils entendent un bruit sourd comme celui d’un corps qui tombe. Puis une machine se met en route avec le bruit d’un aspirateur mais qui ne se déplace pas. Ensuite, la cage d’escalier s’allume et par le Juda la voisine aperçoit Simone descendre plusieurs sacs poubelles qu’elle charge dans sa voiture. Trois jours plus tard, elle voit des sacs sur le trottoir dont s’échappe du sang.
Cependant il n’existe toujours pas de preuves matérielles et les enquêteurs se mettent à la recherche de la voiture. Ils commencent par mettre sur écoute la ligne téléphonique de Simone mais aussi Madeleine. Au début, rien de suspect, cette dernière donne les bons résultats du loto à sa sœur mais parmi eux certains dépassent 49 et d’autres sont répétés plusieurs fois. Ils se rendent compte qu’ il s’agit en fait d’un numéro de cabine au pied de l’immeuble de Madeleine. Ils découvrent alors des conversations énigmatiques au sujet d’une certaine « Bernadette » à qui il faut payer la pension et trouver une nouvelle école. En fait la « Bernadette » en question est la voiture de Bernard Hettier et cette écoute leur permet de découvrir la cachette de la voiture dans un parking cannois. Début novembre 1985, Simone demande à Madeleine de faire disparaître des pièces à conviction comme le carnet de chèque et le passeport de Bernard Hettier. Les policiers se décident à les arrêter.


L'arrestation

Le 8 novembre 1985, elles sont donc arrêtées simultanément et les policiers pensent les faire avouer dans les 48 heures. Dans l’appartement de Madeleine on trouve des documents accablants comme la carte grise du véhicule, les clés ou le pass du parking. Cependant Madeleine n’avoue pas et ne s’explique pas la présence de ces documents chez elle. Elle tient tête mais face à la voiture elle admet rendre service à Bernard Hettier pendant son absence pour ne pas que sa voiture soit volée. A Nancy, les policiers découvrent des armes et des documents anciens dans l’appartement de Simone. Au bout de 24 heures, Simone soutient qu’elle n’a revu ni Bernard ni la voiture mais elle ne sait pas que Madeleine a avoué. Au bout d’une trentaine d’heures, elle avoue pour la voiture mais donne le même alibi que sa sœur. Elles sont toutes deux incarcérées à Nancy, Simone pour assassinat et Madeleine pour complicité.
Ils découvrent ensuite que la personne qui a prévenu l’amie de Bernard Weber le soir du 22 juin n’est autre que le cousin et l’homme de main de Simone, Roger Lapierre. Comment peut-elle savoir dès le 22 juin que Bernard Weber ne rentrera pas? Dans la voiture de Simone, on découvre une meuleuse à béton , louée le 21 juin et restituée trois jours plus tard. Les enquêteurs découvrent en plus chez elle des documents suspects : des tampons humides dans la cocotte minute, des timbres de Mairie et des blocs d’ordonnances de différents médecins. C’est alors que ressurgit son premier mariage et la mort soudaine du « jeune marié ». Le juge décide d’exhumer le corps mais les analyses ne peuvent donner aucune réponse certaine. Il découvre en tout cas que la personne avec qui Simone s’est marié ne correspond pas à la description physique de Marcel Fixard et des ordonnances falsifiées. En tout cas le mobile est clair, il s’agit de l’appât du gain car Marcel Fixard possédait une maison et n’avait pas d’héritier. Ils soupçonnent en plus Simone d’avoir rédigé un faux testament en sa faveur.


Le mystère de la valise et du tronc

Pendant ce temps la fille de Bernard Hettier continue l’enquête et trouve un témoin qui lui avoue avoir vu Simone Weber à côté du canal de Fougues à la fin du mois de juin vers 4 ou 5 heure du matin. Le juge décide donc de faire assécher le canal sur 2 km, ils retrouvent deux disques de meuleuse mais ne correspondant pas au modèle loué, c’est une nouvelle déception. A 350 km de là, un pêcheur remonte une valise énorme d’où sort une odeur nauséabonde, fermée par une ceinture et un parpaing . Il demande de l’aide pour la sortir de l’eau et appelle les gendarmes. Ils l’ouvrent et découvrent des sacs poubelles et à l’intérieur un tronc humain. Le cadavre ne correspond à aucun disparu de la région et le mystère reste entier pendant neuf mois. Les résultats de l’autopsie révélant qu’il s’agit d’un homme d’une cinquantaine d’années attirent l’attention du juge.
En comparent une radio du dos du tronc et une radio de Bernard Hettier, les médecins constatent des similarités troublantes mais le doute reste permis. Cependant, une nouvelle piste s’ouvre à aux car ils trouvent des gouttes de peinture bleue sur le parpaing et en l’analysant, ils découvrent la même composition que celle utilisée dans la maison de Simone Weber. L’affaire Weber sera également un étrange face à face entre le juge et l‘accusée. Il se feront face à plus de 75 reprises. Celle-ci sera en outre une dévoreuse d’avocats, plus de 25 pendant toute l’instruction, parmi lesquels le célèbre Maître Vergès.


Le Procès

Le procès commence en Janvier 1991 pour une durée de six semaines. Simone Weber est poursuivie pour 13 chefs d’inculpation. En chemisier blanc avec une croix autours du coup celle-ci offre le visage de l’innocence. A la grande surprise de la famille, elle prend en main le procès récuse du doigt les jurés qui ne lui plaisent pas, injurie les témoins…En fait les juges la laissent déraper. A l’heure du verdict celle-ci est victime d’un faux malaise et n’entend donc pas la décision finale. Elle est condamnée à 20 ans de réclusion pour meurtre passionnel sans préméditation mais est acquittée pour le meurtre de Marcel Fixard. Elle apprend ce verdict sur son lit d’hôpital. Sa sœur est condamnée à 18 mois de prison ferme. Simone Weber est sorti en 1999 après 14 ans de prison et a rejoint sa sœur à Cannes. Elle clame toujours son innocence, pour elle, Bernard Hettier est toujours vivant.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 22:45



très bon ouvrage sur le sujet


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Jean
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 22:46

je me souviens avoir vu l'emission de Christophe Ondelatte...un dôle de numéro cette Weber..mais un zest de doute subsiste!
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ansoforever



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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 22:47

Quel doute?
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 22:48

Nous sommes des inconditionnels de cette émission aussi !

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 22:54

ansoforever a écrit:
Quel doute?

oui tu as raison je crois que ses dénégations...c'est un peu dire qu'il pleut quand le ciel est tout bleu?...car les indices voire les preuves sont plutôt accablantes si je me souviens bien?
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 22:55

Si il y a des fans de la grande Simone dans les parages un fan club est envisageable ! C'est quand meme une sacrée criminelle comme on en fait seulement à Nancy. A coté les assassins strasbourgeois c'est de la petite biere.

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 23:00

Moi je suis la fan number one !!!
Il y a du beau monde à Nancy, vous ne trouvez pas?....
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 23:02

Mr Green ! ...un monument historique qui ne laisse pas d'équivoque! 1 point pour Nancy! Razz
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 23:05

oui du coup Nancy revient sur Strasbourg !

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 23:10

Ah bravo!! Vous voyez hein.... C'est pas si mal Nancy
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 9 Mai - 23:11

La Lorraine est une terre de tradition, entre l'affaire du petit Gregory, Francis Heaulme, Simone Weber et j'en passe...

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MessageSujet: Les Grandes affaires criminelles : le petit Gregory   Ven 25 Juil - 23:08

L'affaire Grégory est une affaire judiciaire française commencée en 1984 après le meurtre d'un jeune garçon, Grégory Villemin.


Les faits

Dans la soirée du 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, âgé de quatre ans, est découvert dans la Vologne. L'enfant est mort noyé, mains et jambes liées, à Docelles, à sept kilomètres en aval de Lépanges-sur-Vologne, où il vivait avec ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin.

Le lendemain, le 17 octobre, une lettre anonyme adressée à Jean-Marie Villemin revendique le crime. « J'espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con. », écrit un mystérieux corbeau. Au village, Jean-Marie Villemin est jalousé bien que sa réussite sociale ne soit pas arrogante.

Bernard Laroche, cousin germain de Jean-Marie Villemin, est dénoncé par Muriel, sa belle-sœur de quinze ans. Elle se rétracte, et il clame son innocence, mais il est inculpé du crime par le juge d'instruction d'Épinal, Jean-Michel Lambert, le 5 novembre 1984.

Le 4 février 1985, le juge, contre l'avis du ministère public, libère Bernard Laroche, qui reprend son travail. Le 29 mars, il est abattu d'un coup de fusil par Jean-Marie Villemin qui lui impute l'assassinat de son fils.

La rumeur dans la région laisse entendre que le corbeau et meurtrier pourrait être la mère de Grégory, qui aurait été vue à la Poste la veille du drame. Le 5 juillet 1985, le juge Lambert inculpe Christine Villemin d'assassinat et la place sous mandat de dépôt. Onze jours plus tard, la chambre d'accusation de Nancy, constatant l'absence totale de charges, la libère. Son cas divise radicalement les acteurs de l'affaire, entre ceux qui sont persuadés de son innocence et ceux qui la considèrent coupable. Marguerite Duras, dans un article publié par le quotidien Libération, qualifiera le crime, qu'elle lui attribue, de « sublime, forcément sublime ». Au bout de sept ans d'une enquête qui ne fait apparaître aucun indice l'accusant, Christine Villemin bénéficie d'un non-lieu le 3 février 1993, non-lieu rendu pour « absence totale de charges », une première en droit pénal (il s'agissait par là de rappeler que le dossier d'instruction était vide de charges contre elle).

L'enquête sera l'occasion de tous les dérapages : violations du secret de l'instruction et de la vie privée ; partis-pris de la presse ; manque de précautions des enquêteurs dans la collecte des indices ; indécision des magistrats ; rivalité exacerbée entre la Gendarmerie et le SRPJ ; inexpérience du juge d'instruction. Bien que l'affaire passionne l'opinion publique, le meurtrier n'a jamais pu être identifié.

Jean-Marie Villemin a été jugé pour l'assassinat de Bernard Laroche en novembre 1993 à Dijon, où l'affaire avait été dépaysée. Après six semaines d'audience, il est condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis. Deux semaines plus tard, ayant purgé l'essentiel de sa peine lors de la détention préventive, il est libéré. Le juge Lambert, qui avait manqué de maîtrise du dossier, est qualifié par les juges de « mémorable funambule de la pensée ».

Début 2003, l'espoir a été relancé par l'analyse de l'ADN présent sur un demi-timbre qui aurait pu conserver la salive du « corbeau ». Les analyses n'ont rien donné. Le 3 février 2003, le dossier du meurtre de Grégory Villemin, non élucidé, est définitivement clos. L'État français est condamné le 28 juin 2004 à verser 35 000 euros d'indemnités pour « faute lourde » à chacun des époux Villemin, qui vivent désormais dans l'Essonne.

Contre l’avis du parquet, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rejeté la demande de réhabilitation de Jean-Marie Villemin, condamné en 1993 à cinq ans d'emprisonnement pour l'assassinat de son cousin Bernard Laroche, qu'il suspectait d'avoir tué son fils. Jean-Marie Villemin n’a jamais contesté être l’auteur du meurtre de son cousin mais la loi permet à tout condamné de déposer une requête en réhabilitation. Ce qu’il avait fait en avril 2005.

Le 9 juillet 2008, le procureur général de la Cour d'appel de Dijon a annoncé qu'il requerrait la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat du garçonnet pour procéder à des tests sur l'ADN, auparavant jugé inexploitable, qui aurait pu être laissé par le "corbeau" sur un timbre.

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 25 Juil - 23:10


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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 25 Juil - 23:11

Sacrée affaire toujours pas resolue ! Mais qui sait avec l'ADN...

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 25 Juil - 23:12

Ce serait assez extraordinaire qu'ils trouvent enfin!...pour redorer un peu le systhème!..après tous les dérapages non controlés!
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 25 Juil - 23:17

Oui quand on pense aux souffrances de la famille !

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Ven 25 Juil - 23:24

oui et la pourriture interieure qu'il faut pour faire çà à un petit gosse de 3 ou 4 ans!!...
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joachim
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Dim 27 Juil - 12:29

Je verrai mal la mère infliger un tel supplice à son petit, écrire cette lettre "le chef", etc, et ensuite continuer à vivre avec son mari (apparemment, ils sont toujours ensemble).
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Dim 27 Juil - 22:05

Oui ils sont toujours ensemble et on refait leur vie avec de nouvelles naissances. Retirés au calme.

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MessageSujet: Les Grandes affaires criminelles: Omar Raddad   Mar 5 Aoû - 3:41



L'affaire Omar Raddad est une série d'événements impliquant un jardinier marocain accusé du meurtre d'une de ses clientes, Ghislaine Marchal, une veuve financièrement aisée.

Le caractère très mystérieux et théâtral des lieux du crime et les rebondissements de l'enquête donneront lieu à l'un des procès les plus médiatisés de l'époque en France. Le roi du Maroc Hassan II est également intervenu.


Les protagonistes


La victime , Ghislaine Marchal, une veuve financièrement aisée. Elle vivait alors sur les hauteurs de Mougins dans sa villa La Chamade.

L'accusé , Omar Raddad, jardinier de Mme Marchal, âgé de moins de 30 ans au moment des faits. Il a été reconnu coupable par la justice.

L'avocat d'Omar Raddad : Maître Jacques Vergès


HISTOIRE:


Le meurtre :


Le dimanche 23 juin 1991, Ghislaine Marchal s'apprête à aller déjeuner chez des amis voisins.

À 11 h 48, elle termine une conversation téléphonique avec une de ses amies qui doit venir lui rendre visite le lendemain.

À 13 h 30, s'interrogeant sur son retard, ses voisins téléphonent sans succès à la villa.

Ce jour-là Omar Raddad avait changé son emploi du temps sans prévenir personne, sauf celle chez qui il était allé, Madame Pascal, dans une propriété voisine. Il a déclaré être rentré chez lui pour déjeuner, ce qui n'a pas été confirmé par les différents témoins.


L'agonie :

Lardée d'un coup de couteau par son agresseur au fond de la cave de sa villa, Ghislaine Marchal, pendant son agonie qui a duré près de vingt minutes, aurait commencé par écrire « Omar m’a tuer » (avec la faute de grammaire ; selon la défense, Ghislaine Marchal n'aurait jamais fait une telle faute de grammaire) sans prendre assez de sang sur son doigt. Puis elle aurait recommencé une nouvelle fois un peu plus loin sur une autre porte de la cave, jusqu’à tracer la deuxième phrase « Omar m’a t », inachevée parce qu’elle n’avait plus assez de force, désignant ainsi le coupable.


Le procès :


Inculpé d'homicide volontaire, Omar Raddad est écroué à Grasse le 27 juin 1991. Son procès s'ouvre en février 1994 devant les assises des Alpes-Maritimes. Maître Jacques Vergès adopte la ligne suivante:

Dans une mise en scène machiavélique, le véritable meurtrier aurait utilisé la main de Mme Marchal pour faire accuser le jardinier.

Christian Veilleux, le fils, n'a pas une bonne relation avec sa mère.

L'amant de la femme de ménage, un personnage connu sous le sobriquet de « Pierrot le Fou », mais les enquêteurs et surtout les deux experts en écriture estimaient (avec une probabilité de deux-tiers), que l'auteur du message était bien Mme Marchal, scellant ainsi le sort du jeune Marocain : dix-huit ans de réclusion criminelle.

On retiendra la phrase choc de Maître Vergès faisant référence à l'affaire Dreyfus face aux journalistes: "Il y a 100 ans on condamnait un officier car il avait le tort d'être juif, aujourd'hui on condamne un jardinier car il a le tort d'être maghrébin."







Quant à l'analyse génétique, elle n'avait pas été utilisée lors de la découverte du corps de Mme Marchal puisqu'en 1991, cette technique n'en était alors qu'à ses balbutiements.

Le dispositif de fermeture de la porte de la cave démontré par les gendarmes était composé d'un lit pliable, d'une barre en fer et de divers objets lourds. Dès l'arrivée des gendarmes, la porte était verrouillée par ces objets dans cette disposition : la barre était glissée sous la porte, le lit tenait la barre de l'intérieur, permettant à cette dernière de ne pas tomber et de ne pas verrouiller la porte de la cave. Les autres objets étaient placés derrière le lit. Ce dispositif montré par les gendarmes a été contesté par la défense. En effet, il était difficile à mettre en place, mais a néanmoins été utilisé comme preuve contre Omar Raddad à son procès.

Une autre preuve a semblé contestable : la phrase "Omar m'a tuer". Une faute importante que Mme Marchal n'aurait pas pu commettre. En effet, les papiers retrouvés par les gendarmes dans la villa, qui indiquaient les tâches à faire, ne comportaient aucune faute de grammaire.

Le témoignage des deux experts en écriture insistant sur le fait que les inscriptions ont bien été écrites par Ghislaine Marchal emporte la conviction des jurés malgré la marge d'erreur.


La grâce :

Le 10 mai 1996 le président Jacques Chirac accorde la grâce partielle à Omar Raddad réduisant sa peine de quatre ans et huit mois. Le décret sera signé le 23 mai. Omar Raddad est libéré le 4 septembre 1998. Il a eu un comportement irréprochable en détention, d'où l’avis favorable émis en février de cette année-là par le comité consultatif de libération conditionnelle. Omar Raddad retrouve la liberté mais aux yeux de la justice, il demeure coupable.

Omar Raddad, très affecté par cette condamnation, a fait 45 jours de grève de la faim et a tenté de mettre fin à ses jours en avalant des rasoirs.


Les doutes :

Le 2 février 2000, la Commission de révision des condamnations pénales ordonne de nouvelles investigations et notamment, une nouvelle expertise graphologique pour savoir si Mme Marchal est l'auteur des inscriptions "Omar m'a tuer". Deux experts sont nommés : Anne Bisotti et Françoise Ricci D'Arnoux. Le 31 octobre 2000 ces deux graphologues remettent un rapport de 150 pages dans lequel elles se disent incapables de certifier que la victime est bien l'auteur des inscriptions. Par contre le sang qui a permis la rédaction des messages est bien celui de Ghislaine Marchal.

Le 14 janvier 2001, la justice ordonne une nouvelle expertise sur un chevron de bois ayant servi à tuer Ghislaine Marchal.

Le 20 février 2001, l'ADN masculin retrouvé sur la porte de la chaufferie n'est pas celui d'Omar Raddad. Les experts ne peuvent préciser à qui appartient cette empreinte génétique, ni sa provenance.

Selon un témoin, Guy Moyrin, se présentant comme l'ancien chauffeur de Joseph Di Mambro, Mme Marchal aurait été membre de l'ordre du temple solaire et aurait souhaité quitter la secte. Il aurait conduit lui-même les assassins sur le lieu du crime.



(source wikipedia)
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Mar 5 Aoû - 11:46

Ah super ! Merci pour ce sujet ! Il a été gracier mais je suis sur qu'il est innocent. Un film serait en gestation avec Roschdy Zem en Omar.


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MessageSujet: Jacques Vergès   Mar 5 Aoû - 12:10

Jacques Vergès est un avocat français né d'un père réunionnais et d'une mère vietnamienne le 5 mars 1925 à Ubon Ratchatani au Siam (actuelle Thaïlande). Il est célèbre pour ses convictions anticolonialistes, pour son passé d'ancien résistant, mais aussi pour avoir défendu un auteur de crimes contre l'humanité, Klaus Barbie lors de son procès à Lyon en 1987.


Enfance et adolescence

Fils de Pham Thi Khang, institutrice vietnamienne (annamite), et du docteur Raymond Vergès, consul de France dans sa ville natale, il est le frère de l'homme politique Paul Vergès.

À compter de la mort de leur mère survenue alors qu'il a trois ans, il vit à la Réunion, où une partie de ses ancêtres sont établis depuis la fin du XVIIe siècle et effectue parfois depuis cette île quelques brefs séjours à Madagascar. La famille s'installe d'abord à Saint-Denis, puis à Hell-Bourg et enfin à Saint-André.

Il est sensibilisé très tôt à la politique : à l'âge de douze ans, il participe avec son frère à un grand défilé du Front populaire qui le marquera, au Port. Sa jeunesse est en outre l'occasion de fréquenter de futurs dirigeants. Enfant, il a pour camarade de classe la future femme de l'homme politique Pierre Lagourgue. Plus tard, il est scolarisé au lycée Leconte-de-Lisle dans la même classe que Raymond Barre, à qui il dispute la place de premier.

Il obtient son bac à seize ans et sa première année de droit l'année suivante. Il quitte la Réunion à 17 ans et demi pour s'engager dans la Résistance au côté des Forces françaises libres (FFL) en 1941. Plusieurs fois médaillé, il se bat notamment en Algérie, au Maroc, en Italie puis en France avec le grade de sous-officier. Il reste toujours profondément gaulliste et attaché à la personne du Général, on parle même de gaullo-communisme pour le qualifier idéologiquement. Il ne revient à la Réunion en voyage qu'en 1961 puis 1984.


Engagement politique

Arrivé à Paris, Jacques Vergès adhère en 1945 au Parti communiste français. En 1950, il est élu membre du bureau du Congrès de l'Union internationale des étudiants à Prague contre l'avis de ce dernier. En 1952, il devient secrétaire du mouvement, toujours contre l'avis de son parti. Il reste sur place jusqu'en 1954. Il y obtient sa deuxième année de droit.

De retour en France, il obtient sa troisième année en 1955. La même année, il s'inscrit au Barreau de Paris après avoir passé le CAPA. L'année suivante, il se présente au Concours de la Conférence du barreau de Paris, appelé aussi Concours de la Conférence du stage Conférence Berryer où il rencontre Edgar Faure et Gaston Monnerville, entre autres.

Le jeune avocat anticolonialiste demande alors au PCF et au PSU de s'occuper d'affaires en Algérie. Il milite alors pour le FLN et défend leurs combattants, dont l'emblématique Djamila Bouhired, qui avait été capturée par les paras français, torturée puis jugée et condamnée à mort pour attentats à la bombe en Algérie. En 1965, sa cliente deviendra pour quelques années son épouse et ils auront 2 enfants. Il quitte le PCF en 1957.

À l'indépendance de l'Algérie en 1962, Jacques Vergès s'installe à Alger et devient le chef de cabinet du ministre des affaires étrangères. Il fonde alors une revue tiers-mondiste financée par le FLN, Révolution africaine. Jacques Vergès rencontre Mao Zedong en mars 1963 et se rallie très rapidement aux thèses maoïstes. Il est alors destitué de ses fonctions et doit rentrer à Paris. Au mois de septembre, il crée une nouvelle revue, Révolution, qui est alors le premier journal maoïste publié en France. En 1965, la destitution du président Ben Bella permet à Jacques Vergès de rentrer en Algérie. Il met fin alors à la revue Révolution. Il sera avocat jusqu'en 1970 à Alger.

En janvier 2008, il ira apporté son soutien en personne à Tomislav Nikolic, dirigeant d'extrême-droite ultranationaliste du Parti Radical Serbe.


La disparition

De 1970 à 1978, Jacques Vergès disparaît. Il a toujours entretenu le mystère sur cette période.

Aux journalistes qui lui demandaient s'il était au Liban, à Moscou ou s'il travaillait pour les Khmers rouges chez Pol Pot, au Cambodge, il a répondu qu'il était « très à l'est de la France » et « avec des amis qui sont encore vivants, dont certains ont des responsabilités importantes ». « Les événements, ajoute-t-il, que nous avons vécus ensemble sont connus. C'est notre rôle qui ne l'est pas ; non pas réellement le mien, qui fut modeste, mais le leur. Il ne m'appartient pas d'en parler. » Bernard Violet, un de ses biographes controversés, avance une affaire de gros sous au Katanga. Le juge Thierry Jean-Pierre, qui a écrit un livre sur les frères Vergès, argue d'une fuite en avant : « À l'époque, il est mal. Michel Debré veut sa peau, et le Mossad veut le tuer, car il défend des Palestiniens. Il part du jour au lendemain, en Asie, agent des services secrets chinois. Ils l'utilisent au Cambodge et au Viêt Nam». Dans le documentaire L'Avocat de la terreur, de Barbet Schroeder, il reconnaît avoir été ponctuellement présent à Paris de manière clandestine pendant cette période. Le cinéaste retient également la thèse d'un problème financier personnel comme seule cause de sa disparition.

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Dernière édition par Bertrand le Mar 5 Aoû - 12:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Mar 5 Aoû - 12:11

Carrière d'avocat

Le premier dossier que Jacques Vergès a géré en tant qu'avocat concerne la Sonacotra. Il s'engage dans une défense de rupture (l'accusé se fait accusateur et prend l'opinion à témoin), plutôt que la défense de connivence qui était classiquement plaidée. Depuis, au carrefour du politique et du judiciaire, il a associé son nom à de nombreux procès médiatisés, notamment ceux des personnalités suivantes :

Georges Ibrahim Abdallah
Tarek Aziz
Klaus Barbie
L'ex-capitaine Paul Barril, dans l'affaire des écoutes de l'Élysée
Le préfet Bernard Bonnet
Djamila Bouhired (algérienne condamnée à mort pour terrorisme puis graciée), qu'il épousa par la suite,
Robert Boulin,
Simone Weber,
Le terroriste Carlos
Le général congolais Norbert Dabira
Le ministre ivoirien Mohamed Diawara
L'inspecteur Jean-Marc Dufourg avec l'affaire du pasteur Joseph Doucé,
Djaffar el-Houari, membre présumé du Front islamique du salut,
Les acteurs d'Action directe, dont Max Frérot
Roger Garaudy
Khieu Samphan qui sera l'un des trois dirigeants khmers rouges jugés pour leurs crimes,
Magdalena Kopp, compagne de Carlos
Anis Naccache
La famille du juge François Renaud (assassiné en 1975),
Les protagonistes de l'affaire du sang contaminé,
Camille Sudre,
Bara Tall, entrepreneur sénégalais
Omar Raddad en 1994,
Louise-Yvonne Casetta (ex-trésorière occulte du RPR),
Slobodan Milošević,
Trois chefs d'États africains (Omar Bongo, Idriss Déby, Denis Sassou-Nguesso), qui avaient porté plainte pour offense contre le journaliste François-Xavier Verschave en 2000,
Moussa Traoré, ancien président malien,
Abdoulaye Wade, futur président sénégalais,
La défense du chef d'État irakien déchu Saddam Hussein lui avait été proposée, mais la proposition n'a pas abouti car il voyait poindre un conflit d'avocats.
l'affaire Frédy, uniquement demande de renvoi
Charles Sobhraj
Klaus Croissant

la famille d'Ivan, enfant de 12 ans, grièvement blessé lors d'une tentative d'interpellation de ses parents sans-papiers à Amiens en août 2007.

Il apparaît souvent mis en scène dans son bureau en bois de fer, véritable bric-à-brac décoré de nombreux objets africains et notamment de lithographies de Louis Antoine Roussin.

Pour tourner en dérision l'accusation, il prend l'habitude d'introduire ses plaidoiries par le fameux « et c'est pour ça qu'on me dérange ? » emprunté selon certains au fameux avocat marseillais Me Juanito.

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MessageSujet: Re: Les Grandes Affaires Criminelles   Mar 5 Aoû - 12:13

Publications

De la stratégie judiciaire, Éditions de Minuit, Paris 1eravril 1981 ;
Pour en finir avec Ponce Pilate, Le Pré aux clercs, 1er novembre 1983 ;
Beauté du crime, Plon, Paris 1988 ;
Je défends Barbie (préface de Jean-Edern Hallier), Jean Picollec, Paris 1988 ;
La Justice est un jeu, Albin Michel, 27 février 1992 ;
Lettre ouverte à des amis algériens devenus tortionnaires, Albin Michel, 28 octobre 1993 ;
Mon Dieu pardonnez leur, Michel Lafon, 1er novembre 1995 ;
Intelligence avec l'ennemi, Michel Lafon, 1er janvier 1996 ;
Le Salaud lumineux, Michel Lafon, 1er janvier 1996 ;
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans, Éditions 84, 6 mai 1999 ;
Un procès de la barbarie à Brazzaville (co-auteur avec Dior Diagne), Jean Picollec, 15 septembre 2000 ;
Les Sanguinaires : sept affaires célèbres, J'ai lu, 26 février 2001 ;
Omar m'a tuer - histoire d'un crime, J'ai Lu, 21 mars 2001 ;
L'Apartheid judiciaire (co-auteur avec Pierre Marie Gallois), L'Âge d'homme, Lausanne 2002 ;
Le Suicide de la France, Olbia, 16 mars 2002 ;
Dictionnaire amoureux de la justice, Plon, 24 octobre 2002 ;
Les Erreurs judiciaires, Presses Universitaires de France - PUF, 15 novembre 2002 ;
Justice pour le peuple serbe, L'Âge d'Homme, 1er mars 2003 ;
La Démocratie à visage obscène, La Table ronde, 7 octobre 2004 ;
Les Crimes d'État, Plon, 25 mars 2004 ;
Passent les jours et passent les semaines : Journal de l'année 2003-2004, Plon, 10 février 2005.
Jacques Vergès, l'anticolonialiste (entretiens de Jacques Vergès avec Philippe Karim Felissi). – Paris : le Félin, coll. « Histoire et sociétés », 2005. – 116 p., 24 cm. – ISBN 2-86645-584-3.
Crimes contre l'humanité massacres en Côte d’Ivoire, Pharos, 276p, avril 2006
Que mes guerres étaient belles !, Éditions du Rocher, 5 avril 2007, (ISBN 978-2268060989)
Journal : La passion de défendre, Éditions du Rocher, 17 avril 2008, (ISBN 978-2268065069)


Bibliographie

Bernard Violet, Vergès, le maître de l'ombre, Fayard, 7 janvier 2000.
Thierry Jean-Pierre, Vergès et Vergès, de l'autre côté du miroir, Médiaspaul, 6 avril 2000.


Documentaire

2007 : L'Avocat de la terreur, documentaire de Barbet Schroeder, sorti en France le 6 juin, sélectionné dans la catégorie Un certain regard du 60ème festival international du Film de Cannes 2007 et a remporté le César 2008 du meilleur documentaire.

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