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 Lortzing : Zar und Zimmermann

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Bertrand
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MessageSujet: Lortzing : Zar und Zimmermann   Sam 20 Sep - 16:32



En imaginant un festival qui remettrait au goût du jour l'opéra comique allemand avec La Chasse de Hiller de Lortzing puis ses Maîtres Chanteurs, Wagner ne cachait pas son admiration pour l'oeuvre de son compatriote. Dans la première moitié du XIX ème, ALbert Lortzing est un touche-à-tout fécond autant que talentueux.
Dans Zar et Zimmermann (Tsar et Charpentier), Pierre Ier apprend le métier de charpentier sur le chantier naval de Saardam en Hollande: il réussit à s'échapper avant que son identité soit révélée, mais auparavant, se montre humain et généreux, avisé et protecteur, en permettant que le charpentier Peter Ivanov (chanté à la création par Lortzing) épouse la belle Marie.
Créée le 22 décembre 1837 à Leipzig (Altes Theater), la partition connut un succès grandissant. Surtout à partir de sa reprise Berlinoise de 1839. En dépit de formules conventionnelles, l'oeuvre se hisse vers le meilleur grâce à une galerie de caractères, souvent truculents dont le personnage du bourgmestre Van Bett (épatant Hans Sotin alors trentenaire!) occupe une place centrale. A ses côtés, la Marie, ardente et espiègle de Lucia Popp, montre également qu'en plus de son joli timbre, elle est une actrice nuancée.
La production filmée en studio par Joachim Hess en 1969 rend compte du travail du directeur de l'Opéra de Hambourg Rolf Liebermann (de 1959 à 1973), dans l'exigence et l'ouverture, capable de produire 23 opéras en création et aussi d'afficher les oeuvres populaires du Spieloper (opéra comique), comme Zar und Zimmermann. L'attrait de la version filmée en studio, (il s'agit comme nous l'avons dit pour les autres réalisations de ce cycle, de films d'opéra, et non d'opéras filmés) est indéniable: fluidité constante de la caméra tournant autour des chanteurs, évitant la permanente frontalité d'une représentation réelle, rigueur des scènes d'ensemble, travail des acteurs, continuité et enchaînement des scènes (bal en l'honneur d'Ivanov prétendu Tsar puis l'appareillage du véritable Tsar) ... confirment le sérieux de la production qui là encore, dispose d'une solide cohérence vocale. De son côté, Charles Mackerras assure la vitalité d'un orchestre complice. Convaincant.

Albert Lortzing (1801-1851)
Zar und Zimmermann, 1837
Livret du compositeur

Raymond Wolansky, Pierre le Grand/Michaïlov
Peter Haage, Peter Ivanov
Hans Sotin, Van Bett
Lucia Popp, Marie
...
Choeur, ballet, orchestre de l'Opéra de Hambourg
Charles Mackerras, direction
Joachim Hess, mise en scène


David Tonnelier - mercredi 7 mars 2007

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Lortzing : Zar und Zimmermann   Sam 20 Sep - 16:33

Un mot sur Lortzing

Albert Lortzing (né le 23 octobre 1801 à Berlin - décédé le 21 janvier 1851), fut un compositeur, acteur et chanteur allemand.

Il est l'un des principaux représentants de la variante germanique de l'Opéra comique, le Spieloper.


Albert Lortzing est le fils d'un ancien commerçant de cuir, Johann Gottlieb Lortzing, et de sa femme, Charlotte Sophie. Ses parents sont les fondateurs de la société théâtrale Urania et, passionnés de cet art, ils en firent leur métier. Ainsi, après avoir cédé le commerce familial, ils donnent des représentations à travers presque toutes les provinces allemandes.

En 1811, la famille déménage à Wrocław (en allemand, Breslau). Pendant l'été 1813, ils sont demandés à Bamberg, à Cobourg, à Strasbourg, ainsi qu'à Baden-Baden et à Fribourg.

La première apparition sur scène d'Albert Lortzing se déroule à la Cathédrale Notre-Dame de Fribourg. Le jeune acteur, âgé de 12 ans, déclenche l'enthousiasme de son public ("unter lebhaftem Beifall", sous une pluie d'applaudissements) pendant l'entracte en récitant des poèmes. À partir de 1817, la famille Lortzing rejoint la troupe rhénane de Josef Derossi. Ils se produisent sur les scènes de Bonn et d'Aix-la-Chapelle, ainsi qu'à Düsseldorf, Barmen ou Cologne. Albert se fait apprécier du public mais ne se limite pas au théâtre : en effet, il est également employé comme ténor.

Le 30 janvier 1824, il épouse l'actrice Rosina Regine Ahles (onze enfants sont nés de cette union). À partir de l'automne 1826, le jeune couple intègre le théâtre de la cour de Detmold. Ils sont ainsi de passage à Münster et à Osnabrück, et c'est dans cette dernière ville qu'Albert Lortzing rejoint la franc-maçonnerie. En effet, sous l'État policier instauré par le Chancelier Metternich, cette organisation représentait une échappatoire très usitée par les artistes.

À Detmold, Albert Lortzing, qui a également une vocation de compositeur, écrit par exemple un oratorio, "Die Himmelfahrt Christi" (l'ascension du Christ). Cette œuvre est représentée à Münster et son créateur subira la critique du président du gouvernement de Münster qui déclara que l'acteur n'avait pas tout à faire une vocation de compositeur ("als Compositeur durchaus keinen Ruf habe").

Toujours à Detmold, un conflit, qui se résoudra vite, éclate avec l'excentrique poète Christian Dietrich Grabbe. Albert Lortzing avait composé pour Grabbe la musique de scène de son unique drame. Lui et sa femme occupent respectivement les rôles de Don Juan et de Donna Anna et un journal de Francfort fit paraître une critique anonyme extrêmement, voire excessivement flatteuse qui faisait également l'éloge de la pièce d'un auteur génial ("dieses genialen Dichters"). Critique émanant de "l'auteur génial" lui-même. Il était en fait assez courant, à l'époque, de faire sa propre publicité via une critique de ce genre.


Le 3 novembre 1833, Albert Lortzing fait ses débuts au théâtre municipal de Leipzig, où ses parents exerçaient déjà comme membres de la troupe de Friedrich Sebald Ringelhardt. Là, il rejoint les artistes du groupe "Tunnel unter der Pleisse". En 1834, à Leipzig, il adhère à la loge franc-maçonne Balduin zur Linde. À Leipzig, il apparaît extrêmement apprécié et il brille particulièrement dans les comédies de Johann Nestroy. Cependant, un certain penchant pour l'improvisation et ses récurrentes déviations par rapport au texte approuvé par la "police du théâtre" lui posa toutefois plusieurs problèmes avec cette dernière. C'est également le cas avec ses premiers opéras comiques, qui n'ont pas la vie facile sous la censure de Leipzig. L'opéra Zar und Zimmermann est créé le 22 décembre 1837 à Leipzig : le compositeur lui-même interprète le rôle de Peter Iwanow. Mais cette représentation n'est pas un triomphe : il faudra attendre celle de Berlin, en 1839, pour que l'œuvre réalise une percée notable. De nos jours, traduite en anglais, en français, en danois, en suédois, en néerlandais et même en russe, cette pièce est considérée comme l'une des plus importantes de l'opéra comique allemand.

En 1844, Albert Lortzing est nommé maître de chapelle (Kapellmeister) au théâtre municipal de Leipzig mais, en avril 1845, il se fait renvoyer pour un prétexte futile. Son licenciement suscite les protestations répétées d'un public impuissant. De même, une lettre ouverte signée par la quasi-totalité de ses collègues s'opposera à la décision du conseil municipal.

De 1845 à 1847, Albert Lortzing est de nouveau maître de chapelle, mais il exerce cette fois au Theater an der Wien. En 1848, symbolisant l'envie croissante de liberté de son peuple (cf. Révolution de Mars), il écrit la musique et le livret d'un nouvel opéra, Regina, dont le nom tient directement de sa femme, et où il exploite les conflits sociaux mais aussi la phobie du suicide. Son dernier opéra, Rolands Knappen (1849), fait la satire d'un État militaire.

En 1848, son contrat est annulé. Il doit alors retourner sur scène (à Gera ou à Lüneburg) pour faire subsister sa grande famille. Mais finalement, il reprend du service en tant que maître de chapelle au Friedrich-Wilhelmstädtischen Theater de Berlin.

Albert Lortzing s'éteint le matin du 21 janvier 1851. À l'enterrement de l'acteur et musicien, dans le second Sophien-Friedhof (au centre de Berlin), on trouve notamment Giacomo Meyerbeer, Heinrich Dorn, Wilhelm Taubert et Carl Friedrich Rungenhagen. Les camarades de théâtre du défunt ornèrent son cercueil des couleurs Noir-Rouge-Or (l'actuel drapeau allemand), une association qui était interdite après 1848.


Œuvres choisies

Die Himmelfahrt Christi, oratorio (Münster, 1828)
Szenen aus Mozarts Leben (Münster 1832)
Der Weihnachtsabend (Münster, 1832)
Die beiden Schützen (Leipzig, 1837)
Zar und Zimmermann (Leipzig, 1837)
Hans Sachs (Leipzig, 1840)
Casanova (Leipzig, 1841)
Der Wildschütz (Leipzig, 1842)
Undine (Magdeburg, 1845)
Der Waffenschmied (Vienne, 1846)
Regina ("Freiheitsoper", opéra pour la liberté, composé en 1848 à Vienne, qui ne fut jamais représenté du vivant d'Albert Lortzing : il le fut pour la première fois à Gelsenkirchen, en 1998)
Rolands Knappen oder Das ersehnte Glück (Leipzig, 1849, représenté en version non-censurée pour la première fois en 2005 à Freiberg.)
Die Opernprobe (Francfort, 1851)

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Lortzing : Zar und Zimmermann   Sam 20 Sep - 16:34


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MessageSujet: Re: Lortzing : Zar und Zimmermann   Sam 20 Sep - 16:37

C'est un opéra que je ne connais pas (à part l'Ouverture et la Holzschuhtanz). A voir les dates de Lortzing je suppose que son style est assez proche de Weber : je pense que j'aimerais.

Notons que Grétry a écrit un opéra sur le même sujet : La Jeunesse de Pierre le Grand.
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Lortzing : Zar und Zimmermann   Sam 20 Sep - 16:39

des extraits sont dispo sur youtube

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MessageSujet: Re: Lortzing : Zar und Zimmermann   Sam 20 Sep - 20:59

pas mal du tout!!
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