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 Luciano Berio

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Bertrand
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MessageSujet: Luciano Berio   Mar 6 Mar - 14:42

Un bon moyen pour découvrir un compositeur et orchestrateur de grand talent Luciano Berio.

Luciano Berio est né en 1925 à Oneglia en Italie et mort le 26 mai 2003 à Rome
Issu d'une famille musicienne, il a eu son père pour premier professeur. Au conservatoire Verdi de Milan, il a étudié la composition avec Paribene et Ghedini, la direction d'orchestre avec Votto et Giulini. Il a subi l'influence de Dallapiccola, qui était son maître à Tanglewood (Etats-Unis). Certaines de ses premières oeuvres comme Nones (1954) sont d'inspiration sérielle.

En 1955, Luciano Berio fonde avec son ami Bruno Maderna le studio de phonologie de la R.A.I. (Radio-télévision italienne) à Milan. C'est l'époque vive des premières découvertes électroacoustiques ; il réalise Thema (Omaggio a Joyce), 1958. Berio s'affirme comme un pionnier, un explorateur. A partir de 1960, il donne des cours à Darmstadt, à Dartington, au Mill's College (Californie), à Harvard, à l'université Columbia. Il s'intéresse au rock et au folk, leur consacrant des essais et les mêlant dans le creuset de sa musique, laquelle est une musique libre, sans frontières. Berio a sondé, d'abord dans la clarté de l'intuition, puis prudemment, lucidement, des domaines originaux et longtemps oubliés de notre culture occidentale, en particulier celui de la voix.

Tout en enseignant la composition à la Juilliard School of Music de New York, Berio fait de nombreux voyages. Fulgurant, éclatant, limpide, baroque, fou de théâtre et de littérature, il dévore les écrivains (Joyce, Cummings, Sanguineti, Calvino, Levi-Strauss). Il libère une expression verbale souvent affective, spontanée, immédiatement descriptive : murmures, cris, souffles, pleurs, bruissements, onomatopées attachées à la vie corporelle. Il libère la respiration. Sa musique semble couler de source ; l'élégance de l'écriture en cache les complexités.

Circles (1960) ou encore la série des Séquences, pour instruments solistes, inventent, dans un jeu de manipulations et de métmorphoses, des formes nouvelles, et il en va de même de la série parallèle des Chemins. Voix ou instruments sont poussés à l'extrême limite de leur virtuosité, arrachés à leur tradition, élargis. Epifanie (1961) suit la même évolution : textes de poètes, écartelés, au bord du tragique. Harmoniste raffiné dans Folk Songs, Berio se montre un maître de la technique de la variation dans la série Chemins, où des commentaires variés à l'infini laissent apparaître des «collages». Passaggio (1962), Laborintus II (1965), Recital I (1972) sont des approches très personnelles du théâtre musical. Berio semble être imprégné de tout ce qui vit, pour le laisser réapparaître tôt ou tard. On rencontre dans Sinfonia (1968) l'amour de Mahler. Coro (1976) est sans doute l'un des sommets de son oeuvre, une anthologie de l'homme, de son aventure et de son paysage intérieurs. Les langues, les folklores, les styles y sont brassés avec violence et tendresse.

A la fin des années 70, Luciano Berio fait partie de la première équipe Ircam. Jusqu'en 1980, il assume le poste de responsable de la musique électroacoustique avant de créer un nouveau studio à Florence, Tempo reale, dont il est le directeur. Pendant les années 80, Berio réalise deux grands projets lyriques, La Vera storia (1982) et Un re in ascolto (1984), projets tous deux conçus sur un livret d'Italo Calvino. Le but de ces deux opéras n'est pas de raconter une histoire, mais plutôt d'examiner les façons musicales et dramatiques selon lesquelles les histoires peuvent être racontées.

Berio ne cesse de dialoguer avec l'histoire musicale : il fait des orchestrations de pièces de Mahler ou Brahms, reconstruit la 10e Symphonie de Schubert (Rendering) ou l'Orfeo de Monterverdi (Orpheo II), et fait des allusions stylistiques et des citations directes dans ses propres oeuvres, technique déjà manifeste dans la Sinfonia de 1968.

source: ircam


Dernière édition par le Mar 6 Mar - 14:46, édité 3 fois
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Mar 6 Mar - 14:45

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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Jeu 12 Fév - 23:51

Sequenzas I à XIII et IX-b – Ensemble Intercontemporain (DG 1998)

Circles – Sequenzas I, III, V (Wergo 1991), Circles et la Sequenza III chantés par Cathy Berberian

On retrouve dans presque toute les Sequenzas mon intention de préciser et de développer sur le plan mélodique un discours principalement harmonique et de suggérer une polyphonie en partie fondée sur la rapidité des transitions entre différents caractères et sur leur interaction simultanée. J’entends ici polyphonie au sens métaphorique : exposition et superposition de divers modes d’action et de caractères instrumentaux. J’ai parfois cherché à développer un dialogue entre le virtuose et son instrument en dissociant les comportements pour ensuite les reconstituer, transformés, en unités musicales – par exemple dans la Sequenza III pour voix et dans la Sequenza V pour trombone. - Luciano Berio
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Ven 13 Fév - 0:25

Berio : Recital for Cathy – Folks songs – Trois mélodies de Kurt Weill arr. Par L. Berio – Julliard Ensemble, dir. L. Berio, et Cathy Berberian (évidemment !), RCA 1995

Où la voix de Cathy Berberian peut se déployer sans les efforts qu’exige la Sequenza.
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joachim
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Sam 14 Fév - 20:44

Tu apprécies vraiment les sequenzas, Jean-Michel ? Moi je n'y comprends rien, quel que soit le ou les instruments auxquels elles sont consacrées.

Tout ce que j'apprécie chez Luciano, c'est d'une part ses Folk Songs pour mezzo et 7 instruments, et d'autre part son orchestration de 8 mélodies de Verdi.
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Dim 15 Fév - 0:04

Je crois que Berio est un grand joueur. J'écoute volontiers, mais en effet je n'entre guère dans son jeu : je ne peux donc pas en dire grand chose.
Ceci dit, ça m'arrive assez souvent, de ne pas entrer dans une musique !
Je n’arrive pas non plus à faire le lien entre son côté « sage » (folk songs, etc.) et son côté plus radical. En définitive, Berio reste pour l’instant une énigme pour moi.
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joachim
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Mar 14 Avr - 19:47

Qu'on ne me dise pas que je ne fais pas d'effort Wink

Je me suis procuré un CD Amadeus qui reprend la Sequenza VIII pour violon solo, les Chemins IV pour hautbois et 11 instruments, le Corale su sequenza VIII pour violon 2 cors et cordes. Le tout étant complété par les 11 Folk songs.

Je ne reviens pas sur les Folks songs qui sont ce que je considére comme un chef d'oeuvre.

Par contre, l'horreur tient dans les 3 morceaux précédents : de la cacophonie, ça ressemble à un orchestre qui accorde ses instruments avant le concert ! Quand je pense à quel point la partie de violon doit être difficile pour un aussi piètre résultat ! Tu connais, Jean Michel ?
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Mar 14 Avr - 23:01

Sauf les Chemins, j'ai ça chez moi. Je vais réécouter et essayer de dire quelques impressions. Mais tu sais que j'ai l'oreille moins lyrique que toi.
J'ai toujours été étonné que les Folks songs aient une forme si classique.
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Jeu 23 Avr - 23:39

Corale su Sequenza VIII n'est pas la pièce la plus facile du disque ci-dessous. Elle est faite pour surprendre et dérouter. Je comprends encore mieux que cela déconcerte. Les Chemins (sur la Séquence VI et VII) sont moins surprenants
Corale, Chelins II & IV, Ritorno degli snovidenia, Points on the Curve to find, dir. Pierre Boulez (Sony 1990)
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Luciano Berio   Jeu 18 Juin - 23:35

Voci (Folk Songs II), Naturale (Su melodie siciliane) – Kim Kashkashian à l’alto, dir. Dennis Russell Davies et Robyn Schulkowsky (ECM 2001), et des enregistrements ethnologiques.
C’est de nouveau le côté familier de Berio, à côté de son côté joueur et déroutant.
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