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 André Malraux

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Bertrand
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MessageSujet: André Malraux   Sam 18 Oct - 23:56

ANDRÉ MALRAUX est né à Paris le 3 novembre 1901.
La disparition de son grand-père et de son père le confronte très jeune à la tragédie de la mort. Dès la fin de son adolescence, il s’intéresse de près à la littérature et entre dans les milieux littéraires et artistiques de la capitale.

Après avoir suivi des cours d’archéologie et d’orientalisme au musée Guimet et à l’Ecole du Louvre, il entreprend en 1923 une expédition au Cambodge. Il y cherche et découvre le temple Banteaï Srey dont il détache des bas-reliefs. Acte jugé répréhensible par l’administration française qui le poursuit. Condamnation. Le procès est cassé pour vice de forme. Malraux revient en France, puis retourne à Saïgon en 1925, pour y fonder le mouvement de libération " Jeune Annam " et le journal " l’Indochine " devenu " L’Indochine Enchaînée " où il dénonce les injustices coloniales. Dans le même temps, le jeune Malraux est nommé vice-commissaire à la propagande du Kuomintang. Après de nouveaux démêlés avec les autorités coloniales, il retourne en France.

Les premiers essais critiques, préfaces et écrits " farfelus ", commencés en 1920, débouchent sur une oeuvre de réflexion philosophique : LA TENTATION DE L’OCCIDENT. Commence la période de l’oeuvre romanesque avec LES CONQUERANTS en 1928, LA VOIE ROYALE en 1930 et LA CONDITION HUMAINE en 1933 (Prix Goncourt) dont les fonds aident au financement d’une expédition à la recherche de la capitale de la reine de Saba au Yémen.

Durant les années trente, Malraux lutte passionnément pour les libertés. En 1934, il organise et préside les comités mondiaux pour la libération de Dimitrov et Thaelmann et contribue à la création de la Ligue mondiale contre l’antisémitisme et le fascisme. En 1935, il publie LE TEMPS DU MEPRIS, une perception prophétique des horreurs nazies des années quarante.

En 1937, paraît L’ESPOIR, témoignage poignant, épopée tragique de la lutte républicaine en Espagne. Contrairement à d’autres " intellectuels en chaises longues ", Malraux passe à l’action, organise sur place l’escadrille internationale " España " et participe aux combats, notamment de " SIERRA DE TERUEL". Il tourne en 1938 le film " SIERRA DE TERUEL"< (Espoir).

En 1940, Malraux (réformé en 1922) s’engage dans un régiment de chars d’assaut ; il est fait prisonnier et s’évade.

En 1942, il entre dans la Résistance, publie LA LUTTE AVEC L’ANGE en 1943 et crée l’année suivante la Brigade Alsace-Lorraine. Avec ses compagnons, dont Monseigneur Bockel et le Général Jacquot, il contribue au prix d’une lutte acharnée à libérer l’Alsace du joug nazi. 1945 marque la rencontre avec le Général de Gaulle qui, lors de la constitution de son gouvernement, le nomme Ministre de l’Information. Mais le Général quitte le pouvoir en 1946, Malraux le suit et fonde en 1947, avec ses compagnons, " Le Rassemblement du Peuple Français " (R.P.F.). Il a définitivement tourné la page internationaliste (et non marxiste) épousant la France pour " mettre en harmonie sa vie et sa philosophie. "

L’écrivain entre dans ce que l’on peut considérer sa troisième période de création, caractérisée par une approche historiosophique de l’univers artistique. Paraissent successivement les 3 tomes de LA PSYCHOLOGIE DE L’ART (1947-1949). SATURNE-ESSAI SUR GOYA (1950), LES VOIX DU SILENCE (1952), les 3 tomes du MUSÉE IMAGINAIRE DE LA SCULPTURE MONDIALE (1952-1954) et LA MÉTAMORPHOSE DES DIEUX (1957, tome 1). Dans ces méditations et confrontations des arts du monde entier, la perspective métaphysique (l’art est un anti-destin) ne sous-tend pas les vues esthétiques de l’Auteur, elle les domine. L’art témoin n’est pas l’art interprète et inversement ; il est une autre manifestation du génie créateur de l’homme à travers les âges. Il est en effet le fruit de la créativité humaine et la métamorphose des formes à travers les millénaires assure l’immortalité de ce génie et de la culture qu’il nourrit : " cette survie (des formes) n’est pas celle d’objets émouvants, mais celle de la forme que prit la qualité du monde à travers un homme ; et cette forme, l’homme mort, commence sa vie imprévisible. " L’art est question au même titre que l’amour, la mort, la fraternité, le destin : " la seule unité de notre civilisation, c’est l’interrogation. "

Malraux infatigable donne interviews, prononce discours, écrit préfaces et articles. Il poursuit la lutte pour la dignité humaine, fidèle à sa vocation de défenseur des libertés. En avril 1958, LA QUESTION d’Henri Alleg est saisie par le gouvernement. Malraux, - de conserve avec Martin du Gard, Mauriac et Sartre – somme les pouvoirs publics de " Condamner sans équivoque l’usage de la torture en Algérie. "

En juin 1958, de Gaulle revient au pouvoir. Malraux le rejoint et devient en 1959 son Ministre des Affaires Culturelles. Son action politique s’accompagne de nombreux discours souvent passionnés, parfois lyriques, toujours intenses.

En 1961, Malraux perd tragiquement ses deux fils, ayant en 1944 perdu dans des conditions non moins tragiques, Josette Clotis, leur mère. Il portera en lui-même les stigmates que lui laissera une telle confrontation avec le destin. Mais son " petit tas de secrets " ne concerne que lui et l’Homme poursuit son action.

Son programme culturel est ambitieux et contribue au rayonnement de la France : Maisons de la culture, inventaire des monuments et des richesses artistiques de la France, la Joconde aux Etats-Unis, la Vénus de Milo au Japon, autres expositions prestigieuses, creusement des fossés de la Colonnades du Louvre, embellissement de la capitale, plafond de l’Opéra par Chagall et celui de l’Odéon par Masson, etc...

En 1964, le Ministre-Écrivain prononce un discours émouvant lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon.

Commence la quatrième période littéraire : une somme d’une densité extraordinaire, un testament spirituel grave, mais dont la sobriété des mots crée une impression de conscience claire, voire de sérénité.

Malraux publie en 1967 les ANTIMÉMOIRES et fait un discours sur les révoltes étudiantes en 1968 : " Nous ne sommes pas en face de besoins de réformes, mais en face d’une des crises les plus profondes que la civilisation ait connues. "

En 1969, le Général de Gaulle quitte l’Elysée, Malraux abandonne ses fonctions. Le 11 décembre de la même année, les deux hommes ont un dernier entretien relaté dans LES CHENES QU’ON ABAT...; ceux-ci cristallisent le dialogue des deux hommes avec un quart de siècle d’Histoire, témoin des avatars " d’une volonté qui tint à bout de bras la France. " Déjà l’ombre crépusculaire a ralenti la course des deux destins exceptionnels. De Gaulle ne reverra plus Malraux, " cet ami génial fervent des hautes destinées. "

En 1971, Malraux à 70 ans, se déclare prêt à soutenir, avec une légion de volontaires, le combat des patriotes du Bangla Desh. Projet sans suite, contrarié par des facteurs politiques et personnels.

Loin du pouvoir, entrevoyant " la mort qui n’est pas loin, " Malraux s’acharne à écrire. Il publiera coup sur coup : ORAISONS FUNEBRES, LA TETE D’OBSIDIENNE, LAZARE et HOTES DE PASSAGE, L’HOMME PRÉCAIRE ET LA LITTERATURE ainsi que ET SUR LA TERRE... seront publiés à titre posthume.

Au terme d’une vie de combat pour la dignité et l’espoir, André Malraux nous quitte, avec ses questions, le 23 novembre 1976.

Il aura côtoyé les plus grands, tels de Gaulle, Mao Tsé Toung, Kennedy, Nehru, etc...et connu les artistes les plus en vue, tels Picasso, Chagall, Braque...

Génie parmi les génies, André Malraux apparaît comme l’une des plus vives et des plus ardentes forces intellectuelles de notre siècle, quoiqu’en disent ses détracteurs. Dans son inlassable recherche de transcendance, il nous lègue, par ses VOIX DU SILENCE, ce qui constitue le fondement de son oeuvre : l'humanisme tragique. " L’humanisme, ce n’est pas dire : ce que j’ai fait, aucun ‘animal ne l’aurait fait, " c’est dire : " Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. " Sans doute, pour un croyant, ce long dialogue des métamorphoses et des résurrections s’unit-il en une voix divine, car l’homme ne devient homme que dans la poursuite de sa part la plus haute ; mais il est beau que l’animal qui sait qu’il doit mourir, arrache à l’ironie des nébuleuses le chant des constellations, et qu’il le lance au hasard des siècles, auxquels il imposera des paroles inconnues ".

Malraux, l’homme, est incomparable. Son destin ne l’est pas moins . L’image qu’il a projeté de lui-même dans la trame de son œuvre et de son action rend compte de sa vaste quête. Ses engagements politiques et ses interrogations relèvent, non d’un vaste esthétisme, mais d’une nécessité et d’un défi : restituer à l’homme la conscience de sa dignité.

Malraux est d’abord l’homme des libertés, sans dogme : " ...essayant de tirer de lui-même des images assez puissantes pour nier son néant. " Non par orgueil mais par besoin de transcendance.

Barde des civilisations, il reconstitue sous nos yeux un univers de valeurs artistiques libéré du temps et de l’espace. pour lui, la métamorphose des œuvres d’art assure la perma

nence de cette démiurgie que constitue la Fraternité des artistes au-delà des millénaires et des climats.

D’aucuns ne lui voient ni prédécesseurs ni successeurs. La vérité est que Malraux est de cette race d’hommes exceptionnels réfractaires à toute tentative de " clonage ".Il fut et reste le fervent chantre et défenseur de la dignité humaine. Qui ne partagerait sa fraternité ?


Pierre M. Jaegly
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Bertrand
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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:01

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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:01

Principales oeuvres d'André Malraux


Lunes en papier, Editions de la Galerie Simon, 1921.

La Tentation de l' Occident, Paris, Grasset, 1926.

D'une jeunesse européenne, in Ecrits, Paris, Grasset, 1927.

Les Conquérants, Paris, Grasset, 1928.

Royaume-Farfelu, Paris, Gallimard, 1928.

Les Puissances du désert :
1. La Voie royale, Paris, Grasset, 1930. (1er Prix interallié)

La Condition humaine, Paris, Gallimard, 1933 (Prix Goncourt)

Le temps du mépris, Paris, Gallimard, 1935.

L' Espoir, Paris, Gallimard, 1937.

La Lutte avec l'ange :
1. Les Noyers de l'Altenburg, Lausanne, Editions du Haut-Pays, 1943.

Le Démon de l'absolu :
1. N' était-ce donc que cela ? Editions du Pavois, 1946.

Scènes choisies, Paris, Gallimard, 1946.

Esquisse d'une psychologie du cinéma, Paris, Gallimard, 1946.

Les Noyers de l'Altenburg, Paris, Gallimard, 1948.

La psychologie de l'art :
1. Le musée imaginaire, Genève, Skira, 1947.
2. La création artistique, Genève, Skira, 1948.
3. La monnaie de l'absolu, Genève, Skira, 1949.

Saturne, essai sur Goya, Paris, Gallimard, 1950.

Les Voix du silence, Paris, Gallimard, La Galerie de la Pléiade, 1951.

Le Musée Imaginaire de la sculpture mondiale :
1. La statuaire, Paris, La Galerie de la Pléiade, N.R.F. Gallimard, 1952.
2. Des bas-reliefs aux grottes sacrées, Paris, Gallimard, 1954.
3. Le monde chrétien, Paris, Gallimard, 1954.

Antimémoires, Paris, Gallimard, 1967.

Le triangle noir, Paris, Gallimard, 1970.

Les Chênes qu'on abat..., Paris, Gallimard, 1971.

Oraisons funèbres, Paris, Gallimard, 1971.

Roi, je t'attends à Babylone..., Genève, Skira, 1973.
(le texte de ce livre illustré par Dali, constituera l'essentiel du chapitre II de Hôtes de Passage).

La tête d'obsidienne, Paris, Gallimard, 1974.279 p. (N.R.F)

Lazare, Paris, Gallimard, 1974.

Hôtes de Passage, Paris, Gallimard, 1975.

La métamorphose des dieux :
1. Le surnaturel, Paris, Gallimard, 1977, 386 p.
2. L'irréel, Paris, Gallimard, 1974, 287 p.
3. L'intemporel, Paris, Gallimard, 1976, 424 p.

Le Miroir des limbes :
1. Antimémoires, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1972.
2. La corde et les souris, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1976.

L'homme précaire et la littérature, Paris, Gallimard, N.R.F., 1977.

Et sur la terre..., Editions Maeght, 1977.

Saturne, le destin, l'art et Goya, Gallimard, 1978, 185 p. (N.R.F.)

La Reine de Saba, une aventure géographique, texte présenté et annoté par Philippe DELPUECH, Gallimard, 1993, 131 p. (Cahiers de la N.R.F)

Le démon de l'absolu, Editions Gallimard, 1999

André Malraux a, en outre, publié de nombreux articles, notes et préfaces ainsi que les textes de divers entretiens, allocutions, conférences et discours en France et à l'étranger. Il nous paraît intéressant de mentionner, pour références, l'album André Malraux réalisé par Jean Lescure et paru chez Gallimard en 1986.


Bibliothèque de la Pléiade

MALRAUX

Oeuvres complètes :

Oeuvres complètes, I, Paris, Gallimard, 1989, LXXXVII + 1433 p. (Bibliothèque de la Pléiade), Préface de Jean Grosjean, publié sous la direction de Pierre BRUNEL avec la collaboration de Michel AUTRAND, Daniel DUROSAY, Jean-Michel GLICKSOHN, Robert JOUANNY, Walter G. LANGLOIS et Fançois TRECOURT; comprend : Lunes en papier, Ecrits pour une idole à trompe, La Tentation de l'Occident, Les Conquérants, Royaume-Farfelu, La Voie royale, La Condition humaine, Le Temps du mépris.
Oeuvres complètes, II, Paris, Gallimard, 1996, LXIX + 1825 p. (Bibliothèque de la Pléiade), Introduction par Michel AUTRAND, publié par Marius-François GUYARD, Maurice LARES et François TRECOURT avec la participation de Noël BURCH; comprend : L'Espoir, Les Noyers de l'Altenbourg, Le Démon de l'absolu
Oeuvres complètes, III, Paris Gallimard, LVIII + 1428 p. (Bibliothèque de la Pléiade), Introduction par Marius-François GUYARD, publié par Marius-François GUYARD avec la collaboration de Jean-Claude LARRAT et François TRECOURT; comprend : Le Miroir des limbes (I.Antimémoires, II. La Corde et les souris), Oraisons funèbres, Le Règne du malin


Préfaces d'André Malraux :


LAWRENCE, David Herbert, L'amant de Lady Chatterley. 1932

FAULKNER, William, Sanctuaire. 1933
Points de vue sur l'art abstrait et l'art sacré. Zodiaque. 1951

SPERBER, Manès, Qu'une larme dans l'océan. 1952

JACQUOT, P.E, Essai de stratégie occidentale

DU PERRON, Charles Edgar, Le Pays d'origine. 1954 (en fr. Gallimard, 1980)

OLLIVIER, Albert, Saint-Just et la force des choses. 1954

GUILLOUX, Louis, Sang noir. 1955
Catalogue de l'exposition Les manuscrits à peintures en France du XIII au XVIe siècle. 1955

LAZAR, Nicolas et IZIS-BIDERMAN, Israël. 1955

CHODERLOS DE LACLOS, Pierre, Les Liaisons dangereuses. 1958

PARROT, André, Sumer. 1960

LHERMINIER, Pierre, L'art du cinéma de Méliès à Chabrol. 1960

VILMORIN, Louise de, Poèmes. 1970

MICHELET, Edmond, La querelle de la fidélité. 1971

BERGAMIN, José, Le clou brûlant. 1972

SORLIER, Charles, Les céramiques et sculptures de Chagall. 1972
Cahiers André Gide N° 4. 1973

GAVOTY, Bernard, Lettre à Mozart sur la musique. 1973

BERNANOS, Georges, Journal d'un curé de campagne. 1974
L'indépendance de l'esprit,correspondance entre Jean Guéhenno et Romain Rolland : 1919-1944. 1975

MOULIN, Laure, Jean Moulin. 1975

NENTON, Douglas, Chefs d'oeuvres de l'art primitif. Seuil. 1979

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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:03

Voici quelques citations que j'ai retenu car elles me plaisent beaucoup.


L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le dépasse

L'essentiel est à mes yeux ceci : aimer un être n'est pas le tenir pour merveilleux, c'est le tenir pour nécessaire.

La force suprême de l'art et de l'amour est de nous contraindre à vouloir épuiser en eux l'inépuisable.

La souffrance, j'aime mieux la diminuer que d'en rendre compte.

Les idées ne sont pas faites pour être pensées mais vécues.

Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n'est pas absurde, c'est ce que l'on peut faire pour les autres.

J'ai assez d'idées pour qu'on puisse me voler sans me nuire.

Nous ne savons pas ressusciter les corps, mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves.

Comme l'amour, l'art n'est pas plaisir mais passion.

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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:09

J'aime assez son idée de musée imaginaire...

Le Musée Imaginaire est une œuvre de Malraux, d'abord éditée en 1947, puis une seconde fois comme première partie des Voix du silence, en 1951. Une troisième édition remaniée a paru en 1965.

Le musée a imposé une relation nouvelle avec l'œuvre d'art. C'est un phénomène récent, qui date de la Renaissance et qui n'existe qu'en Europe.

Cette relation nouvelle délivre les œuvres de leur fonction, ce que Malraux appelle une métamorphose. Un crucifix n'est plus d'abord un crucifix, un portrait n'est plus un portrait de quelqu'un ; l'œuvre d'art avait toujours été une image - ou de ce qui existe (nature, homme), ou de ce qui n'existe pas (religion, fictions). Or, pour le musée, il n'y a plus ni vénération, ni ressemblance, ni imagination, décor ou possession, mais des images qui diffèrent des choses et qui se trouvent confrontées en tant que telles.

C'est une confrontation de métamorphoses, un concert de mélodies contradictoires, qui marque l'intellectualisation de notre relation à l'art.

Cette confrontation de contradictions est une prise de conscience de la quête de tout le possible de l'art, d'une recréation de l'univers qui donne la plus haute idée de l'homme. Pour Malraux, l'homme recrée le monde face à Dieu, et conquiert par l'art le sens de sa vie contre l'oubli et la mort. Or, c'est le musée imaginaire qui convoque dans l'esprit tous les chefs-d'œuvre, car le pillage et le tourisme ont leurs limites. Un musée est un résultat de hasards, c'est un possible mutilé. Le voyage d'art repose sur la mémoire optique qui n'est pas infaillible.

Mais aujourd'hui, grâce à la photographie, il est possible d'avoir à disposition les œuvres de toutes les civilisations. Il devient donc possible de confronter toutes les œuvres.

article des plus interessants


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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:13

De belles citations...
Malraux est un homme comme tu les aimes, Bertrand !
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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:24

J'aime sa sagesse, quand on perd ses reperes c'est bien de s'en trouver d'autres auxquelles se rattachés.

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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 0:38

Jean-Michel a écrit:
Malraux est un homme comme tu les aimes, Bertrand !

Oui à l'image de Bonaparte, Mahler, Louis XI, Abbado, Bruckner, Albert Schweitzer, Beethoven, Karajan, Philippe le Bel,... et j'en passe.
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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 2:11

Son commentaire sur 1968 (" Nous ne sommes pas en face de besoins de réformes, mais en face d’une des crises les plus profondes que la civilisation ait connues ") me semble tout à fait le représenter : il porte sur les choses un regard non pas lié aux circonstances mais à un enjeu plus large ou plus haut.
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MessageSujet: Re: André Malraux   Dim 19 Oct - 20:45

Un grand bonhomme que je n'ai pas su apprécier à sa juste valeur lorsqu'il était encore parmi nous (comme De Gaulle d'ailleurs).
Pour moi, à cette époque, c'était un homme "de droite" à mettre dans le même sac que les autres. Inutile de préciser que j'ai bien changé d'avis...

Sais tu s'il s'intéressait à la musique ? Il me semble que les Arts qu'il appréciait c'était avant tout peinture et architecture.
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MessageSujet: Re: André Malraux   Sam 14 Fév - 1:00

Du Musée Imaginaire qui est en ce moment mon « livre de train ».
La colère soulevée par Olympia tient d’abord à ce que Manet ne sait pas dessiner puisqu’« il n’imite pas na nature » (…) La « distinction » qu’exige la société est inséparable d’un théâtre, d’une fiction dont la peinture doit être le moyen privilégié. Le plus puissant adversaire du nouveau musée, comme de la nouvelle peinture, n’est pas telle théorie ou telle école : c’est cette fiction, à laquelle appartiennent toutes les œuvres admirées. (p. 28 )
L’important n’est pas que les bords de la Seine soient plus ressemblants chez Sisley que chez Théodore Rousseau : ce que cherche le nouvel art, c’est la subordination manifeste de l’objet au tableau. (p. 71)
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 18 Fév - 2:08



Mon plaisir du jour ! cette belle folie

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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 18 Fév - 2:56

Ce qui est appréciable chez Malraux qui parle d'art, c'est qu'il s'exprime clairement. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement... (ceci dit, je suis volontiers un peu de complication quand ça en vaut la peine, par exemple chez certains philosophes). Mais quel repos que de lire des propos intelligents dans un langage tout simple : on a l'impression qu'on aurait pu le dire soi-même !
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MessageSujet: Re: André Malraux   Aujourd'hui à 4:52

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