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 Giacinto Scelsi

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Jean-Michel
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MessageSujet: Giacinto Scelsi   Sam 27 Déc - 0:52

Giacinto Scelsi
(La Spezia 1905 – Rome 1988)


Issu de la noblesse italienne, il reçoit une éducation particulière qu'il qualifia lui-même de médiévale. Il suit des cours particuliers de Giacinto Sallustio à Rome puis de Walter Klein, élève de Schoenberg, à Vienne. Il s'intéresse également aux théories de Scriabine. La création en 1931 de Rotativa sous la direction de Pierre Monteux à la Salle Pleyel attire l'attention sur le jeune compositeur. De retour à Rome en 1937, il organise avec ses fonds propres des concerts de musique contemporaine en collaboration avec le compositeur Goffredo Petrassi : on y donne des œuvres de Stravinsky, Kodaly, Chostakovitch, Schoenberg, Hindemith.
En 1940, il se réfugie en Suisse, où il épouse Dorothy-Kate Ramdsen. Il traverse à la fin des années 40 une grande crise morale où il remet en question toutes ses compositions antérieures. Il supporte mal la création de son quatuor à cordes et de son oratorio La naissance du verbe à Paris en 1949. Interné en hôpital psychiatrique, il ne joue au piano qu'une seule note (un la bémol) dont il explore toutes les possibilités sonores avec les harmoniques provoquées par les vibrations. Il se rend sur Paris et fait éditer par Guy Levis Mano ses recueils de poésie, et fait la connaissance d'Henri Michaux, avec qui il se lie d'amitié.
Il fait alors plusieurs voyages en Orient où il en découvre la spiritualité. Il se procure un des premiers instruments électroniques, l'ondioline, qui permet de faire des intervalles inférieurs au demi-ton. Incapable physiquement et psychologiquement de transcrire ses improvisations, il les enregistre sur bande magnétique et les confie à des copistes. Scelsi détruisit toutes ses œuvres antérieures qu’il considère trop académiques. En 1961, Maurice Le Roux crée ses Quattro pezzi su una nota sola, œuvre pour orchestre en quatre mouvements, chacun fondé sur une seule note, contemporaine d'Atmosphère (György Ligeti) qui exploite la microtonalité et la micropolyphonie.
Imprégné de culture orientale, Scelsi se voulait avant tout un messager, « un facteur » selon ses termes, le message venant de plus haut.
Son œuvre et sa pensée musicale ont eu une grande influence sur les musiciens fondateurs de l'Itinéraire : Tristan Murail, Gérard Grisey, Michaël Levinas. De nombreux compositeurs ont été ensuite influencés par sa pensée ou son écriture : Kaija Saariaho, Solange Ancona...

Il a écrit plus de 150 pièces. Ses œuvres les plus marquantes sont postérieures à 1950. Elles privilégient le son, souvent monodique, ou sous forme de cluster instrumental ou vocal, en jouant sur les micro-intervalles ou les articulations. C'est d'abord pour instrument seul que ses nouvelles idées prennent forme au cours des années 50, en s'élargissant à de petites formations en musique de chambre ; il délaisse petit à petit son instrument de prédilection jusqu'alors, le piano, peu approprié pour ses nouvelles recherches qui demandaient d'entretenir le son et de modifier son timbre. Les Quattro pezzi su una nota sola (1959) sont la forme la plus aboutie que prend cette nouvelle conception de la musique et du son prend. Chacune de ces quatre pièces est basée sur une unique note jouée par un orchestre de chambre. Aion, quatre épisodes de la vie de Brahma (1961), et Konx-Om-Pax 1968 (trois mots qui signifient chacun « paix », en assyrien, en sanskrit et en latin) sont d’inspiration orientale. Ses œuvres orchestrales de la maturité ont recours aux cuivres et aux percussion, même si les cordes conservent un rôle important.
Giacinto Scelsi travaillait beaucoup avec les musiciens qui interprétaient ses œuvres, notamment citer Michiko Hirayama (voix), Joëlle Léandre (contrebasse) ou Frances Marie Uitti (violoncelle).
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi   Sam 27 Déc - 0:53

Premier disque pour une découverte
Byzantium, the Alchemists – Programme : Alléluia byzantin selon le rite romain – Cinq fugues d’Atlanta fugiens de l’alchimiste Micheal Maier (1617) – Scelsi : Trois chants du Capricorne, Ckckc I et II, Le Grand Sanctuaire I et II, Trois prières latines, par Vox nova (Hat Hut 1994)

Ou l’exploration de la conscience absolue après que Scelsi eut découvert, grâce à Marcel Pérès et des Chants de l’Eglise de Rome et à la musique des alchimistes : « un chant dramatique qui empoigne, dans lequel le rythme est primordial » (Franck Mallet).
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi   Dim 15 Fév - 0:30

Œuvres pour chœur et orchestre :Aion, Pfhat, Uaxuctum, etc., dir. Jürg Wyttenbach (Accord rééd. 2003)

Avec Scelsi, on se croit souvent sur les plateaux tibétains.
Scelsi, Chants du Capricorne (Wergo, version de 2007 et première version)

Voici le commentaire qu'a laissé Georges Nuyssen sur Amazone et qui donne une bonne idée de ce qu’on entend..
Voici l'une des oeuvres vocales les plus extraordinaires du XXème siècle. Les Chants du Capricorne forment le cycle le plus développé de Scelsi, regroupant 20 pièces composées sur plusieurs années, dont l'intégralité est réunie ici pour la première fois. On y vit un choc de cultures, à la frontière entre orient et occident, rendu par une impressionnante accumulation technique qui ne déborde jamais le caractère rugueux, spontané, primal de ce chant des origines. On y rencontre également la microtonalité, un avant-goût de spectralisme au service d'une haute spiritualité, une mystique du son qui trouve là un accomplissement rare. Michiko Hirayama est la créatrice de ces oeuvres et jusqu'à aujourd'hui leur interprète la plus notable. Elle avait déjà enregistré 19 pièces dans les années 60/70, des enregistrements privés ou en studio qui ont fait date (chez Wergo également). Lors de la célébration du centenaire Scelsi en 2005-2006, elle a donné le cycle complet à plusieurs reprises en concert dans des métropoles européennes, à un âge désormais inavouable... C'est une performance artistique inouïe, car si les moyens vocaux ne sont plus forcément à leur zénith, elle compense et dépasse cela par une intelligence vive, un engagement bouleversant, et semble livrer un dernier combat victorieux au service de ce qui reste l'oeuvre de sa vie. C'est du direct, sans filet, et on peut aussi saluer la qualité des interventions ponctuelles des instrumentistes, la prise de son et le soin de l'édition. Un disque difficile et magnifique : une cérémonie rituelle plus qu'un concert.

L'illustration de la version récente me semble plus en accord avec la musique.
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi   Dim 28 Juin - 0:56

Je ne peux faire mieux que de citer Michio Hirayama, collaboratrice du compositeur pendant plus de vingt ans. Elle l’a connu parce qu’elle vivant dans le même immeuble que lui. « Assise sur les marches de l’escalier en face de son appartement, je l’écoutais improviser pendant deux ou trois heures. Il jouait toujours une seule note mais soudain, après peut-être une demi-heure, cette note se développait, bougeait, devenait musique. Et je pensais : oh là là, cet homme a une âme et il sait exprimer ses sentiments par la musique. »
Œuvres pour contrebasse, par Robert Black (Mode 2008)
Je trouve Kshara particulièrement impressionnant.
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi   Mer 3 Nov - 1:30

Trilogia, I tre stadi dell'uomo pour violoncelle seul (Arne Deforce, Aeon 2007)
    Triphon (Jeunesse - Energie – Drame)
    Dithome (Maturité - Energie – Pensée)
    Ygghur (Vieillesse - Souvenirs - Catharsis / Libération)

Selon Giacinto Scelsi, s’évader, fuir, se retirer et pénétrer dans un autre monde est le but suprême de l’artiste-créateur – écarter la pensée et s’abandonner à la force créatrice du son : un voyage au centre du son.
La photo est dans la manière de Franco Fontana...
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