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 Talleyrand

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Bertrand
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MessageSujet: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:50

Pour mon ami COYOT Wink

Charles-Maurice de Talleyrand- Périgord naît à Paris le 2 février 1754. Il est descendant d’une famille d’une très haute noblesse issue du Périgord et dont l’origine remontant au Xème siècle est attestée par une lettre patente de Louis XIII en 1613. Une généalogie remontant jusqu’au 16 ème siècle présente 10 générations de cette illustre famille alliée souvent aux plus grands noms de France. Ses parents sont sans grande fortune, son père poursuit une carrière militaire toute tracée et sa mère a une charge à la Cour; un de ses oncles Alexandre Angélique de Talleyrand-Périgord, successivement archevêque de Reims, cardinal et archevêque de Paris, aura un grande influence sur l’orientation du jeune Charles-Maurice vers la carrière ecclésiastique.

Charles Maurice naît avec un pied bot. Il souffre d’une maladie héréditaire connue sous le nom de « syndrome de Marfan » qui provoque cette déformation des deux pieds et non d’une chute du dessus d’une commode encore trop souvent mentionnée dans ses biographies d’après les indications fournies par lui-même dans ses Mémoires. Depuis les travaux du professeur Lacherez cette affirmation n’est plus discutée, elle est confirmée par Emmanuel de Waresquel dans son livre « Talleyrand, le prince Immobile » (chapitre 4). Dans ce livre il publie, en outre, un dessin représentant un oncle : Gabriel-Marie de Talleyrand, comte de Périgord, portant une chaussure sabot caractéristique de cette difformité.

Il est mis en nourrice jusqu’à l’âge de quatre ans puis envoyé tout enfant à Chalais en Charente chez son arrière grand-mère, la princesse de Chalais. Il relate dans un passage bien connu de ses mémoires le séjour qu’il fit, de 1758 à 1760, chez cette ancêtre qu’il admirait profondément. Il décrit la vie, déjà d’une autre époque, qui régnait dans ce vieux château et les us et coutumes encore de rigueur au sein de la minuscule cour qui entourait la vieille princesse.



Destiné à une grande carrière ecclésiastique

Ses parents estimant que cet handicap physique lui ferme la carrière des armes, l’orientent vers la carrière ecclésiastique. Dans cette seconde moitié du XVIIIe siècle et dans son milieu, ce n’est pas une disgrâce qu’une telle carrière car, bien menée avec les appuis nécessaires aux moments utiles, elle est politiquement prometteuse pour les grands noms quand on peut prétendre au « chapeau » de cardinal. Charles-Maurice, grâce à son oncle, a à sa disposition les appuis nécessaires.

En 1762, Charles-Maurice entre au collège d'Harcourt à Paris. Après un séjour à Reims auprès de son oncle l’archevêque, il est admis, sur la recommandation de celui-ci, en 1770, au grand séminaire de Saint-Sulpice où il demeure cinq ans. La formation qu’il recevra dans ces murs le marquera toute sa vie ; Charles-Maurice a toujours conservé du respect et de l’admiration pour ses maîtres de Saint-Sulpice.
Le 1er avril 1775, il est ordonné sous-diacre en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Il a 21 ans. Le 24 septembre 1775, le roi désigne Charles-Maurice comme abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Denis de Reims : un premier revenu et une adresse officielle.

Cependant, ce n’est pas à Reims que l'abbé de Périgord s’installe mais à Paris, il s'inscrit à la Sorbonne où, durant trois ans, il prépare sans trop d’effort une licence de théologie qu'il obtient le 2 mars 1778. Abbé mondain, il y mène une vie fort libertine où les jolies duchesses et la fréquentation des salons prennent alors une part importante dans son existence. Toujours protégé par son oncle, il est élu, en 1775, député représentant son diocèse à l’assemblée générale du clergé : le pied à l’étrier !

Talleyrand est ordonné prêtre dans la chapelle de l'Archevêché de Reims, le 18 décembre 1779, il célèbre la première des sept messes qu'on lui attribue. La deuxième, dite à l'intention de la famille, ayant lieu le lendemain, le 19, à l’occasion de sa nomination comme vicaire général du diocèse.

Le 10 mai 1780, il est nommé pour cinq ans l’un des deux agents généraux du clergé auprès de l’administration royale. Travailleur acharné, il prend très au sérieux sa tâche de défendre les biens et les privilèges de l’Eglise contre les empiétements et les assauts d’un pouvoir royal fort endetté, suite à l’expédition aux Amériques. Cependant, il sait déjà qu’il faut composer pour conserver l’essentiel ; c’est dans cet esprit qu’il formulera, sur la fin de son mandat, un projet qui visait à réformer l’administration de l’Eglise pour l’adapter aux exigences nouvelles.

Le 21 avril 1785, de sa longue liaison avec la comtesse Adélaïde de Flahaut de la Billarderie, naît Charles de Flahaut ; aux dires d’André Beau c’est « le plus authentique de ses enfants naturels ».

Cette vie agréable mais fort libertine pour un candidat à un évêché l’obligera à patienter trois ans pour obtenir la mitre tant attendue. Le 2 novembre 1788, Talleyrand est nommé par le roi, évêque d'Autun. Louis XVI cède ainsi au voeu exprimé par le père mourant de l'abbé. Il est sacré évêque le 4 janvier 1789.
Il attendra près de deux mois avant de découvrir son évêché mais il prend vite conscience de la nécessité de sa présence à Autun s’il veut se faire élire député ; en effet, la réunion des États Généraux est prévue pour le 27 avril. Afin d’élire un député au nom du clergé, les abbés, prieurs, curés de paroisse sont invités à se retrouver à une assemblée préliminaire qui doit se tenir, le 28 mars, en présence de l’évêque d’Autun lui- même. Le 12 mars 1789, Talleyrand arrive à Autun et le dimanche 15 mars, il prend officiellement possession de son siège.
Le 25 mars 1789, il dit la messe pontificale en sa cathédrale. Le 2 avril 1789, Talleyrand est élu député aux Etats Généraux, par le clergé de son diocèse après une « campagne » rapide mais soigneusement menée.
Le 12 avril 1789, au matin de Pâques, il quitte son diocèse pour n’y plus revenir ; il reprend la route de Paris, un mois à peine après son arrivée. On comprend que son court passage n’ait laissé que des souvenirs mitigés aux Autunois.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:51

Le Citoyen législateur

Le 5 mai 1789 a lieu l’ouverture solennelle des Etats généraux du Royaume. Commence alors pour Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, entre sa nomination et la fin de l’assemblée constituante, le 30 septembre 1791, une période d’intense activité. Dès le 14 juillet 1789, Talleyrand est nommé membre du Comité de Constitution de l'Assemblée Nationale. En août 1789, il fait adopter sa proposition de rédaction de l'article 6 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Le 10 octobre, Monseigneur l’évêque d’Autun donne sa « Motion sur la nationalisation des biens ecclésiastiques. ». Il sera aussi l’auteur d’un énorme « Rapport sur l’instruction publique », dans lequel il pose les principes qui en font l’ancêtre de l’école moderne et prononce un discours qui devait faire démarrer le processus d’ « établissement du système métrique ».
Le16 février 1790, l'évêque d'Autun est élu à la présidence de l'Assemblée Nationale. Le 14 juillet 1790, il célèbre la messe qui a lieu sur le Champ de Mars, lors de la Fête de la Fédération. Le 13 janvier 1791, il donne sa démission d’évêque d’Autun. Le 24 février 1791, Talleyrand sacre 2 évêques constitutionnels et est excommunié par le pape.

Pour mieux appréhender le travail considérable accompli par Talleyrand de 1789 au 30 septembre 1791 date à laquelle l'Assemblée constituante arrête ses travaux et Talleyrand cesse d’être député, il convient de se reporter à la partie de l’article d’André Beau « le Parcours de Talleyrand » les années citoyennes dans laquelle, on trouvera la liste impressionnante des motions et rapports présentés par Talleyrand, en particulier dans le domaine financier où il excelle.

Début 1792 la guerre est considérée comme inéluctable, l’Assemblée Législative veut envoyer une mission à Londres pour se concilier les bonnes grâces de l’Angleterre Talleyrand semble tout indiqué pour cette mission qu’il accepte avec empressement. Il revient en France le 15 juillet et, peu après le 10 Août, dans un texte, justifie la déposition du roi qui vient d'être enfermé au Temple.



Aux prises avec les difficultés de la révolution

Septembre 1792, la nouvelle assemblée prend le nom de Convention, les difficultés extérieures et aussi intérieures se multipliant, Talleyrand estime prudent de quitter la France. Il repart pour Londres, le 10 septembre 1792, après avoir obtenu avec bien des difficultés un passeport signé de Danton, ce qui lui permettra de prétendre qu’il n’était pas un émigré. Au cours de son séjour, Talleyrand qui habitait à Londres vint souvent rendre visite à un groupe d’illustres émigrés français réunis à Juniper Hall.

Il était temps, en effet, l'armoire de fer découverte aux Tuileries peu de temps après son départ dans les appartements de Louis XVI recèle des papiers qui le compromettent. L’acte d'accusation dressé contre lui en décembre 1792 conduit à une demande d’arrestation.

En 1794, expulsé d'Angleterre dans le cadre de l’Alien Bill, il part pour les Etats-Unis où, pour vivre, il se transforme en homme d’affaires et en spéculateur, parcourant l’intérieur du pays à la recherche d’éventuelles lucratives opérations immobilières. Tout en se lançant dans des opérations financières il ne manque pas d’étudier de près les mœurs politiques et la vie économique du pays qui l’accueille.

Talleyrand, radié de la liste des Emigrés, peut revenir à Paris le 20 septembre 1796. Le 3 juillet 1797, Talleyrand lit à l'Institut, son Essai sur les avantages à retirer des colonies nouvelles dans les circonstances présentes. Il réussit à obtenir de Barras le portefeuille des Affaires étrangères, le 16 juillet 1797, grâce à l’intervention pressante de Mme de Staël qui s’emploiera à cette démarche avec élan et sans arrière pensée. Il oublie vite, en Mme de Staël, la personne dévouée à l’extrême qui l’avait remis en selle et lui avait permis ce retour en grâce.

Pendant le Directoire, le pouvoir est associé plus à un moyen de jouissance qu’au service de la nation. Talleyrand trouve son compte dans cette ambiance de facilité, voire de malversations et de corruption. Il mélange activité diplomatique et enrichissement personnel. ll fait rapidement fortune non sans subir quelques mésaventures comme dans des négociations avec les Etats-Unis connues sous le vocable de « l’affaire XYZ » ou de « quasi war » aux Etats-Unis. Dans cette affaire, les conditions préalables mises à l’ouverture des négociations, parmi lesquelles des « douceurs » dûment chiffrées pour le ministre des Relations Extérieures scandalisèrent les plénipotentiaires américains.

Le 20 juillet 1799, accusé de malversations, Talleyrand démissionne de son ministère. Ce faisant il a la prescience qu’un tel régime court rapidement à sa perte, il décide alors de précipiter l’événement. Il encourage activement un jeune général, Bonaparte, à prendre le pouvoir et contribue à la préparation du coup d'État du 18 Brumaire. Il a, en particulier, la tâche de faire démissionner Barras ; il réussit à merveille cette opération sans avoir à lui verser les sommes importantes qui devaient l’encourager à se résigner au départ.

L’entreprise menée à bien, Bonaparte n’oublie pas Talleyrand, celui-ci retrouve son poste de Ministre des affaires étrangères sous le Consulat, poste qu’il conserve sous l’empire jusqu’en 1808.



Ministre au service de Napoléon

A partir de ce moment, Talleyrand tient une place importante auprès de Bonaparte. Il incarne aussi bien les valeurs de l’Ancien Régime que les principes de la Révolution ce qui permet à Bonaparte de jeter un pont entre son régime naissant et celui historique de la France. Il est en outre un homme de paix préconisant la stabilité des relations entre les Etats européens et Bonaparte a alors besoin de paix à l’extérieur pour faire accepter son intrusion sur la scène européenne par les états « légitimes ». Talleyrand signe, sans les avoir inspirés, le Traité de Lunéville le 9 février 1801 puis le 24 mars 1802, la paix d'Amiens.

Talleyrand est l'inspirateur des articles organiques du Concordat de 1801 mais ne mène pas les négociations jusqu'à leur terme car il ne peut fléchir le Saint Siège concernant son cas personnel qu’il aurait voulu voir inclus dans l’article relatif aux ecclésiastiques mariés. Le Concordat est néanmoins signé le 15 juillet 1801 et le pape Pie VII se limite à donner, à Saint Pierre de Rome, un bref rendant Talleyrand à la vie séculière et laïque. Le 9 septembre 1802, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Catherine-Noël Worlée, « La belle madame Grant » qu’il connaît déjà depuis un certain temps, signent leur contrat de mariage à Neuilly. Le 10 septembre 1802, mariage civil à la mairie de la "division" de la Fontaine-de-Grenelle, rue de Verneuil (Xème arrondissement). Le 11 septembre 1802 (24 fructidor an X), mariage religieux en l'église d'Epinay-sur-Seine

En 1804, il est l’inspirateur de l'enlèvement du duc d'Enghien qui sera aussitôt fusillé après un procès bâclé. Le 7 mai 1803, il achète la la « terre de Valençay » sur les conseils de Napoléon et avec, semble-t-il, son aide financière. L’empereur souhaitait qu’il puisse recevoir dignement les personnes qu’il voulait honorer, il y reçoit effectivement quelques personnalités en 1805 et 1806. Le Bicentenaire de cet achat est célébré avec faste, le 17 mai 2003, par l’Association les Amis de Talleyrand.

Le 2 décembre 1804, Talleyrand assiste au sacre de l'empereur Napoléon. Le 2 décembre 1805, victoire d'Austerlitz.

Depuis quelques années déjà, Napoléon, appuyé sur une armée puissante et sur de son génie militaire, écrase les coalitions sans cesse renaissantes ; c’est la grande époque des victoires des guerres napoléoniennes. Napoléon impose sa loi aux autres nations de l’Europe continentale, qu’il démembre et remodèle à sa guise .Talleyrand ministre des affaires étrangères est entièrement au service de l’empereur qu’il suit dans ses campagnes victorieuses (en préparation, fin janvier 2007) avec ses collaborateurs et ses secrétaires. Le 2 décembre 1805, c’est la victoire d’Austerlitz, Le 26 décembre 1805 (6 nivôse an XIV), Talleyrand signe avec l'Autriche la Paix de Presbourg en cherchant à ménager ce pays

Bien que servant Napoléon, avec dévouement voire avec zèle et flatterie parfois, Talleyrand demeure, en effet, fidèle à ses convictions, partisan de la paix, des relations commerciales et de l’équilibre entre les nations européennes, il est, au sein de l’entourage de l’empereur, la seule personnalité qui ose lui faire connaître ses positions et qui tente à de nombreuses reprises mais toujours en vain, de freiner ses ardeurs guerrières. Il soutient, en particulier lors de la signature de la Paix de Presbourg la position de ne pas humilier l’Autriche en la démembrant en en faisant, de ce fait, un ennemi implacable mais au contraire de s’en faire un allié en lui offrant une paix honorable.

Les 7/9 juillet 1807, Talleyrand signe à Tilsit, le traité avec la Russie et avec la Prusse. Le 9 août 1807, Talleyrand donne sa démission de ministre des Relations extérieures, le 17 août il est nommé vice grand électeur.

Le 18 mai 1808, sur ordre comminatoire de Napoléon, Talleyrand "accueille" à Valençay, les infants d'Espagne, don Ferdinand, don Carlos et leur oncle, don Antonio. Talleyrand entoure ses hôtes «de respect, d'égards et de soins ». Bien traités mais prisonniers cependant, ils resteront à Valençay jusqu’en 1814.

Talleyrand, en grand seigneur à Paris, à Valençay à Vienne ou à Londres

Le Château de Valençay chef d’œuvre de la Renaissance, est célèbre pour la beauté de son architecture rehaussée par le magnifique donjon d’entrée. Pendant plus de trente ans, « les Terres de Valençay, Luçay et Veuil » d’une superficie totale de 20.000 arpents (12.000 ha), un des plus grands domaines de France, seront la propriété du prince de Talleyrand.

Talleyrand ajoute le pavillon de la Garenne « pavillon de chasse » construit de 1805 à 1809 et fait créer un très joli petit théâtre, sur la suggestion de Napoléon qui pense à la distraction de ses prisonniers, les Infants d’Espagne. En revanche, il utilise le très élégant château de Veuil, déjà en mauvais état, comme carrière de pierre pour l’entretien et des travaux de restauration de son château de Valençay.

Le 12 juillet 1804 (21 messidor an XII), Talleyrand revend 300.000 francs, le domaine du Haut-Brion, acheté 255.00 francs, trois ans plus tôt.

Talleyrand chez lui, à Paris ou à Valençay au temps de son intense activité politique, n'a guère de vie privée: il a des relations avec tous les grands noms de l’Europe. Maître de maison accompli, imprégné des manières et de l’art de vivre de l’Ancien Régime et disposant la plupart du temps de ressources considérables, Talleyrand reçoit magnifiquement. Il reçoit même dès son lever ordonné comme celui du roi du temps de l’Ancien Régime. L’invraisemblable scène du lavage du nez et de la gorge est bien connue.

Il offre des dîners somptueux aussi bien rue Saint Florentin qu’à Valençay, à Vienne ou à Londres. Antonin Carême, « le cuisinier des rois et le roi des cuisiniers » sera le responsable de l’ordonnancement de ces dîners à l’Hôtel Saint Florentin de 1808 à 1814.

Etre invité à sa table était un honneur suprême. Une véritable étiquette règle l’ordonnancement de ces dîners, auréolés de la présence de sa nièce par alliance, Dorothée, devenue plus tard duchesse de Dino. André Beau dans deux articles « Talleyrand, la vigne et le vin » et « Les hôtes de Talleyrand à Valençay» donne de très intéressantes précisions sur le cérémonial et les invités reçus à la table de Talleyrand.

Talleyrand joue au trictrac et surtout au whist. Les parties durent fort longtemps et donnent l’occasion de rencontres discrètes. A partir de 1801, il prend l'habitude d'aller aux eaux de Bourbon-l'Archambault, station thermale qu'il fréquentera régulièrement pendant de longues année

Le 5 mars 1812, Talleyrand acquiert l'Hôtel de l'Infantado, 2 rue Saint-Florentin. Cet hôtel est le centre de la vie mondaine et politique française pendant des années, il est aussi la résidence où Talleyrand mourra en 1838. Toute sa vie, Talleyrand a acheté et revendu de belles résidences à Paris à Paris ou dans les environs, en pratiquant à l’occasion une opération financière fructueuse.

Le prince de Talleyrand revient à Valençay en 1816 après le départ des princes d'Espagne, il partage son temps alors entre son château et l’Hôtel de la rue Saint Florentin à Paris. Toujours grand seigneur, il y donne des réceptions qui ne le cèdent en rien à celles de Paris A partir de 1834, il en fera pratiquement sa résidence principale mais en allant souvent au château de Rochecotte, lieu de résidence de sa nièce Dorothée de Dino.

Talleyrand, séjournant plus souvent à Valençay à partir de la Restauration, s'est intéressé de près à la vie locale: il est maire de Valençay de 1826 à 1831 et conseiller général de l'Indre de 1829 à 1836. On trouve dans la ville de nombreux lieux rappelant sa présence ou son action.

André Hallays reconstitue ce que put être la vie quotidienne de Talleyrand à Valençay sous la Restauration et sur la fin de sa vie.

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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:51

L’opposant à Napoléon

Talleyrand prend de la distance avec l’empereur comme s’il s’estime délié de ses engagements à servir un homme toujours tourné vers de nouvelles conquêtes militaires et si peu soucieux de paix. Cette attitude se concrétise en septembre octobre 1808; à Erfurt Talleyrand pousse en secret le Tsar Alexandre Ier à se dérober aux accords que lui proposait Napoléon. L’entrevue fut un échec mais on ne peut dire que l’influence de la « trahison « de Talleyrand fut déterminante dans cette affaire; Alexandre Ier n’avait de toute façon pas l’intention de s’engager dans une alliance avec la France qui l’aurait isolé du reste de l’Europe et aurait même pu lui causer des difficultés au sein de son propre pays.

Talleyrand, pour prix de ses services, demande au Tsar d’intervenir auprès de la Duchesse Anna-Dorothéa de Courlande pour solliciter la main de sa quatrième fille, Dorothée, qui a seize ans, en faveur du comte Edmond de Périgord, son neveu. Au cours de la seconde quinzaine d’octobre 1808, le Tsar se rend au château de Löbichau en Saxe près d’Altenburg où cette richissime duchesse tient cour recevant tous les grands noms de l’Europe et obtient ce que souhaite Talleyrand. Le mariage fut célébré, le 22 avril 1809, à Francfort-sur-le-Main.

En janvier 1809, ayant envisagé avec Fouché la disparition de l’empereur, Talleyrand est l’objet de cette fameuse scène où Napoléon, revenu en catastrophe d’Espagne, lui exprime son mépris et l’accuse de trahison. Talleyrand tombe en disgrâce. Faisant la différence entre le service de la France et celui de l’Empire, il offre ses services à la Russie et l’Autriche.

Commence alors le temps des revers des guerres napoléoniennes, la situation militaire de l"empire, bien qu'apparemment encore brillante, se dégrade progressivement avec l'interminable guerre d'Espagne et sous les coups de boutoir de l'implacable hostilité de la Grande Bretagne.

Durant l’hiver 1812, la campagne de la Grande Armée en Russie tourne à la catastrophe. Du 16 au 19 octobre 1813, l'armée de Napoléon perd la bataille de Leipzig. Dès lors les événements annonçant la fin de l’empire se précipitent. En novembre 1813, l'empereur insiste auprès de Talleyrand pour que ce dernier reprenne le ministère des Relations extérieures; en vain. Le 11 décembre 1813, le roi d’Espagne Ferdinand VII retrouve la liberté et quitte Valençay.

Le 31 mars 1814, Paris capitule. Talleyrand a fait quitter la capitale à l’impératrice et, lui, se débrouille pour y rester. Le Tsar Alexandre s'installe chez lui, 2 rue Saint-Florentin, où toute l’Europe accourt pour courtiser le Tsar Alexandre et Talleyrand, les deux maîtres du moment. Le 1er avril 1814, Talleyrand est élu président du Gouvernement provisoire par le Sénat. Le 2 avril 1814, à son instigation, le Sénat prononce la déchéance de Napoléon. Le 23 avril, la signature de l’armistice ramène la France à ses frontières de 1792.

La restauration, un court passage pour solder les conquêtes impériales

Après de longues hésitations et sous l’influence des milieux royalistes Talleyrand se persuade et réussit à persuader le Tsar Alexandre que le retour des Bourbon apparaît comme la seule solution pour éviter à la France une période d’instabilité. De fait, il n’y eut eu aucune période de flottement dans la passation des pouvoirs et ses bonnes relations avec le Tsar Alexandre permirent à la France d’éviter l’humiliation et les misères d’une occupation militaire large et prolongée du territoire national.
Talleyrand, en quelques jours, prépare un projet de constitution qu’il présente à Louis XVIII. Celui-ci l’accepte, non sans hésitation, mais transforme la constitution que Talleyrand voulait lui imposer en « charte octroyée », tout en en maintenant les dispositions essentielles.
Le 3 mai 1814, entrée du roi Louis XVIII à Paris. Le 13 mai 1814, Talleyrand, prince de Bénévent, est nommé ministre des Affaires étrangères. Le 30 mai 1814, il signe le Traité de paix entre le Roi et les puissances alliées.
Le 10 septembre 1814, Le roi Louis XVIII donne ses « Instructions pour les ambassadeurs du Roi au Congrès». Le 1er novembre 1814, ouverture officielle du Congrès de Vienne, la France est représentée par Talleyrand qui part accompagné de sa nièce, Dorothée, comtesse de Périgord et s’installe au Palais Kaunitz.



Dorothée duchesse de Dino, duchesse de Sagan

Dorothée de Courlande est mariée, à 16 ans, au comte Edmond de Périgord, le 22 avril 1809, à Francfort-sur-le-Main. Après son mariage, elle vient habiter à Paris, chez Talleyrand, 2 rue Saint Florentin, accompagnée de sa mère la duchesse Anna Dorothea de Courlande. Talleyrand gardera une grande affection pour la duchesse de Courlande, jusqu’à la mort de celle-ci en 1821 mais émerveillé par la jeunesse et la grâce de sa fille Dorothée et désireux d’utiliser ses qualités d’aristocrate cosmopolite, il l’emmène avec lui au congrès de Vienne. A 21 ans, celle-ci est une des reines du Congrès de Vienne avec ses deux sœurs; elle contribue par son esprit et sa personnalité au succès des réceptions de son oncle.

Après le Congrès, Talleyrand tombant sous le charme de sa nièce et espérant la retenir près de lui achète pour elle, le 31 janvier 1818, le château de Bouges à peu de distance de Valençay. Elle n'habita pas dans ce très joli petit château. Déjà délaissée par son mari, et après quelques vicissitudes et divers ennuis de cœur, elle vient définitivement habiter chez son oncle rue saint Florentin et à Valençay. Dès lors, elle se comporte en maîtresse de la maison d’un homme qui recevait avec magnificence tous les personnages de son époque.

Le 30 avril 1828, la duchesse de Dino achète le château de Rochecotte, près de Langeais, en Touraine. Elle continue à assister son oncle pour qui elle est aussi une confidente et une conseillère jusqu’à sa mort en 1838 et obtient de lui qu’il se réconcilie avec l’Eglise. Après quelques années passées entre Paris et Berlin, elle part en 1844 pour son duché de Sagan en Silésie où elle règne en souveraine jusqu’à sa mort en 1862. Curieux destin franco-allemand que celui de cette princesse de Courlande que rien ne destinait à fonder une lignée française.

Le Congrès de Vienne

La France est invitée au Congrès de Vienne pour se voir communiquer les décisions que les Alliés avaient déjà prises. Pendant un an, Vienne devient le centre de la diplomatie européenne. Le Congrès s'amuse, danse mais travaille aussi; les différentes rubriques de l'article de Robert Ouvrard "Le Congrès de Vienne" présentent en particulier, les enjeux, les protagonistes et les résultats du congrès .

Très rapidement Talleyrand redresse la situation grâce à sa diplomatie et grâce aussi à ses réceptions somptueuses où le tout-Vienne se presse, on y parle politique, théâtre, musique et même fromage! Talleyrand s’assied avec naturel et aisance à la grande table des négociations parmi les Alliés et prend la posture d’interlocuteur égal aux autres. Face à la convoitise des alliés il oppose « légitimité » « droit public » désintéressement et représentation des petits pays. Par ses intrigues et son habileté manœuvrière, il ne tarde pas à diviser les alliés et couronne son action en concluant une alliance avec l'Autriche et l'Angleterre, et en limitant les exigences de la Prusse et de la Russie.
Le 5 mars 1815, est reçue à Vienne la nouvelle du retour en France de Napoléon.
Le 13 mars 1815, le prince de Talleyrand signe la Déclaration des puissances assemblées au Congrès de Vienne contre Napoléon mais ses succès diplomatiques sont en grande partie ruinés par l'épisode des Cent Jours qui ramène temporairement Napoléon I er au pouvoir. Le 9 juin 1815, le prince de Talleyrand appose sa signature au bas des 121 articles de l'Acte final du Congrès de Vienne.
Le 18 juin 1815, défaite de Waterloo. Le 23 juin 1815, à Roye, pendant le retour du roi de Gand vers Paris, Talleyrand présente à Louis XVII son Rapport fait au Roi.
Le 9 juillet 1815, le prince de Talleyrand, pair de France, est nommé président du conseil des ministres et secrétaire d'Etat au département des Affaires étrangères. Le 24 septembre 1815, il démissionne, expliquant ce geste dans ses Mémoires par son refus de signer le nouveau traité imposé par les Alliés après Waterloo, beaucoup plus dur que celui qu’il avait signé précédemment. En réalité, en but à l’hostilité des Ultras de la « Chambre introuvable » il est poussé à la démission au grand soulagement de Louis XVIII. Son gouvernement n’avait duré que deux mois et demi.

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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:51

En retrait mais à la manœuvre

Grand chambellan et membre de la Chambre des Pairs, Talleyrand ne joue plus aucun rôle politique, il est honni par les libéraux comme les Ultras, chacun ayant motif à lui faire des reproches. Lui-même, fidèle à ses convictions, manifeste parfois avec éclat son hostilité aux gouvernements en place. Son opposition sous Charles X l’amènera à nouer des relations avec Royer-Collard président de la Chambre et chef de l’opposition parlementaire, son voisin de campagne à Châteauvieux, avec lequel il échange régulièrement un courrier amical et noue des relations durables. Le jeune Thiers, chef de l’opposition libérale, est aussi reçu à Valençay avec femme et belle-mère.
Il passe alors une partie importante de son temps à Valençay dans son château qu’il retrouve le 27 avril 1816, pour la première fois depuis 1808. C’est à Valençay et à Rochecotte, chez sa nièce, qu’est décidé le lancement, sous la direction de Thiers, du journal « Le National ».
Charles X qui veut passer outre les succès électoraux de l’opposition libérale, promulgue, le 25 juillet 1830, les Quatre Ordonnances. Les 27, 28 et 29 juillet, Paris se couvre de barricades. D’après le comte de Saint Aulaire, dans son livre «Talleyrand », le 29 juillet quand la victoire des insurgés est certaine, Talleyrand envoie « un messager au duc d’Orléans chargé de lui dire qu’il n’a pas un instant à perdre, qu’il doit se rendre immédiatement à Paris pour se mettre à la tête du mouvement. Le duc d’Orléans se conforme à cet avis ; il s’installe au Palais-Royal et accepte le titre de lieutenant général. Quand il est invité à se rendre à l’hôtel de Ville, il hésite, fait consulter Talleyrand qui répond "qu’il accepte"», il apparaît au balcon, drapeau tricolore en mains et, sous les acclamations de la foule, devient «Le roi des Français ».

Le casse tête de l’indépendance de la Belgique

L’avènement de Louis-Philippe, dû à un mouvement insurrectionnel, inquiète les cours européennes qui craignent la remise en cause de l’équilibre ancien restauré au Congrès de Vienne. Leur crainte est d’autant plus justifiée qu’aussitôt connue la victoire de l’insurrection à Paris, Bruxelles se soulève à son tour contre le roi des Pays-Bas. Très rapidement le mouvement gagne en ampleur, la garnison hollandaise quitte la ville; la Belgique, partie Sud du royaume, proclame son indépendance en octobre 1830 et un gouvernement provisoire est constitué.

Un embrasement au niveau européen est à craindre, les Alliés ne pouvant admettre une telle remise en cause des accords conclus à Vienne, aggravée par le fait que la Belgique indépendante se tourne naturellement vers la France qui vient de donner le pouvoir à un roi suspecté par les souverains de la Sainte Alliance.

Louis-Philippe sentant le danger et voulant éviter à tout prix une nouvelle coalition contre la France veut jouer l’apaisement et c’est tout naturellement qu’il se tourne vers Talleyrand pour le représenter à la conférence de Londres. Talleyrand, âgé de 76 ans, accepte et le 6 septembre 1830, est nommé par le roi Louis-Philippe, ambassadeur extraordinaire à Londres. Il est l’homme de la situation, sa nomination est bien perçue non seulement à Londres mais aussi dans les autres Cours européennes.

Talleyrand s’accorde avec le duc de Wellington pour exclure tout recours à la force ce qui aboutit, par le fait même, à la reconnaissance du fait accompli. Le 4 novembre 1830, la Conférence de Londres, qui regroupe l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse, la Russie et les Pays-Bas, se saisit du problème belge et impose le jour même un armistice aux Belges et aux Hollandais. Le 20 décembre, l’indépendance de la Belgique est reconnue et le 20 janvier 1831, la conférence proclame la neutralité et l’inviolabilité perpétuelle de la Belgique.

Des problèmes difficiles, comme les limites du nouvel état, une intervention militaire hollandaise en août 1831, repoussée par les belges avec l’aide de l’armé françaiseet et le choix du monarque sont réglés et le 15 novembre 1831, a lieu la signature du traité reconnaissant officiellement l'indépendance et la neutralité de la Belgique, par la France, l'Autriche, l'Angleterre, la Prusse et la Russie.

Tout semblait terminé quand le roi de Hollande dénonce l’armistice et ,repartant une nouvelle fois à l'attaque, bombarde et occupe la place d’Anvers qui capitule le 23 décembre 1832. En accord avec l’Angleterre dont la flotte bloque les côtes, une troupe française intervient, à nouveau, en Belgique et met fin à l’incursion hollandaise. L’affaire est enfin terminée.

La France et l’Angleterre en agissant conjointement en toute confiance ont jeté les bases d’une étroite coopération qui allait devenir « l’Entente Cordiale ».

Talleyrand ne tira à l’époque, guère de bénéfice de ses efforts en faveur d’un règlement pacifique de cette grave crise, on les accusa d’avoir cédé à l’Angleterre. En Belgique où le sentiment d’une indépendance nouvellement acquise ne prêtait guère au compromis, Talleyrand, plus que l’Angleterre, dut supporter temporairement l’impopularité des restrictions apportées aux désirs territoriaux nationaux.



La retraite et la mort

Le 13 novembre 1834, de Valençay, le prince de Talleyrand envoie sa lettre de démission d'ambassadeur extraordinaire à Londres. Mme Dorothée de Dino et Royer-Collard aident à sa rédaction. Talleyrand partage désormais son temps entre son hôtel de la rue Saint Florentin, son château de Valençay, Rochecotte chez sa nièce la duchesse de Dino et son annuelle cure thermale.

Le 9 décembre 1835, mort à Paris de Mme de Talleyrand. Sa sépulture au cimetière de Montparnasse, bien que parfaitement identifiée et localisée, ne porte aucun signe extérieur visible en permettant la reconnaissance.
Le 18 février 1838, sur injonction de Mgr de Quelen, archevêque de Paris, l'abbé Dupanloup est conduit à rendre visite au prince de Talleyrand, gravement malade, qui entreprend alors son ultime négociation mais avec l’Eglise cette fois. Le pape exige une rétractation publique de l’ancien évêque, les tractations vont durer de longues semaines : la "conversion" de Talleyrand est en marche.
Le 3 mars 1838, le prince de Talleyrand, prononce sans lunettes, à l'Académie des Sciences morales et politiques, l'Eloge du comte Reinhard, son collègue diplomate.
Le 12 mai 1838, l'état de santé du prince de Talleyrand, déjà préoccupant, s'aggrave. Le 17 mai 1838, à 6 heures du matin, Charles-Maurice, prince de Talleyrand, signe sa déclaration de rétractation et sa lettre au Pape Grégoire XVI et reçoit l’extrême onction. Vers 8 heures du matin, le roi Louis-Philippe accompagné de Mme Adélaïde, sa soeur, rend visite au prince de Talleyrand, à l'article de la mort. A 3 heures 35 de l'après-midi, le prince de Talleyrand s'éteint à l'âge de 84 ans. Son corps repose à Valençay dans la crypte de la "chapelle des Sœurs" (Congrégation des Filles de la Croix).


Epilogue

Talleyrand né au « Siècle des Lumières » a traversé la période révolutionnaire pour venir mourir avec l’avènement de la bourgeoisie d’affaires triomphante ; au cours de sa longue vie, la France est passée de l’Ancien Régime aux prémices de la révolution industrielle.
Servant des régimes qu’il n’hésitait pas à abandonner quand le vent de l’Histoire les faisait tournoyer, celui que l’on a affublé du nom de « girouette » est constamment resté fidèle à ses convictions et à ses certitudes, c’est le vent de l’Histoire qui tournoyait, pas lui, l’homme aux idées immuables sous des apparences changeantes. Il vécut, en effet, ces changements de structures politiques sans céder un pouce de sa liberté mais au prix bien souvent de compromissions, voire de reniements. Ce n’est donc pas étonnant que « le diable boiteux » ait été vilipendé tout au long du XIX ème siècle tant son attitude et son personnage heurtaient le conformisme de l’époque.
Le regard porté sur lui, de nos jours, ne s’attarde plus à déchiffrer l’homme privé, ses mœurs, ses prévarications et ses dépravations mais s’attache à mieux cerner ses idées politiques qui malheureusement, dans l’époque agitée où il a vécu, n’avaient guère de chance de prévaloir : la paix sur la guerre, la diplomatie sur la violence et l’assentiment d’un peuple sur le droit divin ou sur la dictature. Cependant il a vu, avant de mourir, le début de la réalisation de ses espérances politiques en poussant au trône Louis-Philippe, « le roi des Français », qui met fin à la longue lignée des rois de droit divin.
Talleyrand doit être considéré comme ayant eu une vision politique européenne dans la mesure où il pensait que l’équilibre au sein de l’Europe ne pouvait être obtenu que par l’organisation de relations aussi harmonieuses que possible entre états légitimes. Dans ses idées la conquête de territoires n’avait pas un intérêt en soi et était inconciliable avec la liberté des peuples et des nations. Sa politique, tout au long de sa vie, fut de maintenir cette stabilité dans les relations entre les états, condition nécessaire à une paix durable en Europe, C’est dans cet esprit qu’il participe activement au règlement pacifique de la crise soulevée par l’insurrection de la Belgique.
Personnage hors du commun, Talleyrand a fait l’objet d’une considérable bibliographie, d'un important colloque international en 2004, de pièces de théâtre, de films, d’expositions, de voyages et même de poème et de timbres. Il a écrit des Mémoires (voir Gallica), qui furent publiées en 1891-1892;

Comme Talleyrand le souhaitait, il exerce, encore aujourd’hui, une fascination qui ne se dément pas sur tous ceux qui l’approchent.

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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:52

Quel faux jeton ce Talleyrand !
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:53


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Bertrand
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 22:54

COYOT tu sauras tout sur Talleyrand ainsi !

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Yann
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 23:35

Il en a fait des choses Talleyrand ! Merci Bertrand, je vivrai moins con comme ça. Wink
Guillaume a écrit:
Quel faux jeton ce Talleyrand !
Pourquoi parce qu'il a été relativement pacifiste ?
Tu aurais préféré qu'il se joigne à Napoléon pour massacrer des peuples ?
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Jean
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 23:38

MERCI je vais lire tout çà demain çà m'interresse aussi...mes cours d'histoires sont un peu loin!
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Lun 4 Juin - 23:51

Si vous voulez chaque jour une personnalité historique sera presentée ?

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Jean
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 0:24

Ca me plairait bien, au rythme qui te convient , j'aime beaucoup l'histoire.
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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 8:12

Yann a écrit:
Tu aurais préféré qu'il se joigne à Napoléon pour massacrer des peuples ?

Massacrer , le mot est un peu fort non , tu ne vas tout de méme pas comparer Napo à Hitler...
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joachim
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 12:16

Un très intéressant article sur ce personnage ambigu, qui a su traverser les périodes charnières de notre histoire.

Souvent visionnaire, il pressentait l'avenir, et si l'on considère qu'il a pu trahir certains gouvernements, il ne semble jamais avoir trahi la France.
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Didier



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 18:21

J'avais eu un apperçu du personnage dans le film de Sacha Guitry "Le diable boiteux". Ça m'avait donné l'image d'un homme pragmatique ; plus soucieux de servir sa nation que de coller aux idéaux d'un régime.
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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 18:26

Bertrand a écrit:
Si vous voulez chaque jour une personnalité historique sera presentée ?

Bonne idée , mais j'aimerais la prochaine fois que tu nou fasses seulement un résumé , un lien (Wiki ou autre) et que tu nous mettes un ou deux portraits.
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Yann
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 18:45

Guillaume a écrit:
Yann a écrit:
Tu aurais préféré qu'il se joigne à Napoléon pour massacrer des peuples ?

Massacrer , le mot est un peu fort non , tu ne vas tout de méme pas comparer Napo à Hitler...
Pour Hitler j'aurais dit "exterminer" qui est encore plus fort que le verbe massacrer... Les moyens sont différents mais le but est le même...

Guillaume a écrit:
Bonne idée , mais j'aimerais la prochaine fois que tu nou fasses seulement un résumé , un lien (Wiki ou autre) et que tu nous mettes un ou deux portraits.
Oui un résumé ne serait pas mal, j'avoue que la c'est un peu long et tellement riche, dur d'assimiler tout ça !
Enfin le mieux serait que tu fasses un résumé suivi d'une biographie plus détaillée pour les autres passionnés du forum.
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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 20:35

Yann a écrit:
Guillaume a écrit:
Yann a écrit:
Tu aurais préféré qu'il se joigne à Napoléon pour massacrer des peuples ?

Massacrer , le mot est un peu fort non , tu ne vas tout de méme pas comparer Napo à Hitler...
Pour Hitler j'aurais dit "exterminer" qui est encore plus fort que le verbe massacrer... Les moyens sont différents mais le but est le même...

.

Sur le plan humanitaire je conçois que Napo est un tyran. Mais sur le plan stratégique , technologique , juridique il a fait beaucoup avancer la France , il est une de nos gloires.
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Jean
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 20:48

Surtout à Waterloo!!
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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 22:43

Jean a écrit:
Surtout à Waterloo!!

Non , mais à Arcole , Lodi , les Pyramides , Marengo , Austerlitz , Ulm , Iéna , Auerstedt , Friedland , Wagram , Borodino , Montmirail , Champaubert.
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 22:48

je suis un peu au courant...mais c'est la finale qui compte!

Ceci dit s'il avait subi son Waterloo tout de suite ...il n'aurait pas mis l'europe à feu et à sang pendant 20 ans et plus.
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 22:51

Guillaume des victoires oui mais à quel prix ?

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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 22:54

Bertrand a écrit:
Guillaume des victoires oui mais à quel prix ?

"La mort est une tragédie , un million de mort une statistique" Mr Green !
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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 22:56

Jean a écrit:
je suis un peu au courant...mais c'est la finale qui compte!

Ceci dit s'il avait subi son Waterloo tout de suite ...il n'aurait pas mis l'europe à feu et à sang pendant 20 ans et plus.

20 ans ? Oula ! Il a mis fin aux désordres de la révolution , et vers 1807-1810 l'Europe entière était française. Si c'est pas beau ça.
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Jean
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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 23:01

Les petits nazillons de'une certaine époque (Je ne compare pas Napoleon à Hitler!) pouvaient (et certainement s'en pavannnaient comme toi aussi) se réjouir que toute l'europe ou presque était allemande!
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Guillaume



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MessageSujet: Re: Talleyrand   Mar 5 Juin - 23:04

Et pour toi ce serait qui les fiertés de la France ? Aucunes ? Pétain ? Talleyrand ? Fouché ? Bayrou ? François II ? Chirac ?
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