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 Paul Cézanne

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Bertrand
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MessageSujet: Paul Cézanne   Lun 3 Sep - 14:39

Paul Cézanne (19 janvier 1839 à Aix-en-Provence, France - 22 octobre 1906 à Aix-en-Provence) est un peintre français. On lui doit notamment un portrait d'Achille Emperaire et un cycle de peintures sur la Montagne Sainte-Victoire.

Cézanne est né dans une famille aisée (son père est banquier à Aix) et fréquente le Collège Bourbon (devenu Collège Mignet), où il se lie avec Émile Zola. Il entreprend sans enthousiasme des études de droit à l'Université d'Aix. Il suit des cours à l'École de Dessin et aménage un atelier au Jas de Bouffan, résidence que son père a achetée. Il part une première fois à Paris, poussé par son ami Zola, mais n'y reste que quelques mois et retourne dans le domaine familial. Il inaugure ainsi une série d'aller-retours entre la ville lumière et la Provence. Dans la capitale, il rencontre Achille Emperaire, un autre Aixois, dont il fera plus tard le portrait, resté célèbre.

En 1862, il abandonne la carrière juridique et repart à Paris. Il travaille à l'Académie Suisse et y rencontre Camille Pissarro, Pierre-Auguste Renoir, Claude Monet et Alfred Sisley. Il est refusé à l'École des Beaux-Arts en raison d'un tempérament jugé trop excessif.

Durant l'année 1869, il rencontre Hortense Fiquet avec qui il aura un fils. Il cachera cette liaison à son père durant toute la vie de ce dernier. Il ne l'épousera d'ailleurs qu'en 1886, l'année de la mort de son père. Il s'installe à L'Estaque, petit village sur la côte, lorsqu'il n'est pas dans la capitale

En 1872, il s'installe à Auvers-sur-Oise, où il peint avec Pissarro, et travaille dans la maison du docteur Gachet. En 1874, les impressionnistes organisent leur première exposition collective dans l'atelier du photographe Nadar et le public réserve un accueil peu encourageant, voire scandalisé, aux toiles de Cézanne qui en présente trois (Une moderne Olympia, La Maison du pendu et Étude, paysage d'Auvers). Il ne présente aucun tableau au cours de la seconde exposition impressionniste, mais montre 16 œuvres en 1877 à la troisième manifestation. Les critiques sont très mitigées et il se détache du groupe impressionniste et rejoint la Provence à partir de 1882, d'abord à L'Estaque, puis à Gardanne en 1885, petit village près d'Aix. Là, il commence son cycle de peintures sur la Montagne Sainte-Victoire, qu'il représente dans près de 80 œuvres (pour moitié à l'aquarelle). Sa situation financière reste précaire, d'autant que son père diminue son soutien.

En 1886, il rompt avec Zola qui lui a envoyé son roman L'Œuvre, dont le peintre est l'inspirateur. Le 28 avril, il épouse Hortense. La même année, son père meurt, lui laissant un héritage confortable le mettant à l'abri financièrement.

Sa première exposition personnelle, organisée par le marchand de tableau Ambroise Vollard en 1895 en l'absence du peintre, se heurte encore à l'incompréhension du public, mais lui vaut l'estime des artistes. Sa renommée devient internationale et il remporte à Bruxelles un grand succès lors des expositions des Indépendants. Il se fait construire en 1901 un atelier dans la périphérie d'Aix : l'atelier des Lauves.

En octobre 1906, alors qu'il peint sur le motif, dans le massif de la Sainte-Victoire, un violent orage s'abat. Cézanne fait un malaise. Il est recueilli par des charretiers et déposé dans sa maison de la rue Boulegon, à Aix, où il mourra, le 22, emporté par une pneumonie.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Paul Cézanne   Lun 3 Sep - 14:42

Parmi celles des peintres du XIX° siècle rangés sous l’étiquette « impressionnistes », l’œuvre de Cézanne est probablement la plus difficile et celle qui fut et reste encore aujoud'hui la plus mal comprise, voire la plus controversée. Ce sont ses amis peintres, notamment Pissarro, Renoir et Degas qui surent, les premiers, déceler ses intentions et reconnaître ses qualités. Pissarro écrivait : "pendant que j'étais à admirer le côté curieux, déconcertant de Cézanne que je ressens depuis nombre d'années, arrive Renoir. Mais mon enthousiasme n'est que de la Saint-Jean à côté de celui de Renoir, Degas lui-même qui subit le charme de cette nature de sauvage raffiné, Monet, tous... sommes-nous dans l'erreur ?... je ne le crois pas... Les seuls qui ne subissent pas le charme, sont justement des artistes ou des amateurs qui par leurs erreurs nous montrent bien qu'un sens leur fait défaut. Du reste, ils évoquent tous logiquement des défauts que nous voyons, qui crèvent les yeux, mais le charme... ils ne le voient pas... Comme Renoir me le disait très justement, il y a un je ne sais quoi d'analogue aux choses de Pompeï si frustes et si admirables..."

De 1862 à 1870, date ce que Cézanne appelait dans sa verve méridionale , et avec un peu d‘exagération, sa « période couillarde », et que les historiens nomment sa période romantique ou sa phase baroque, influencée par les baroques italiens ou espagnoles (Ribera, Zurbaran), les caravagesques des églises aixoises ou les collections du musée Granet, ou encore par Eugène Delacroix, Courbet et Manet. Cézanne s’exprime alors généralement dans une pâte épaisse, avec une palette sombre et des fonds noirs : Pains et œufs (1865), Portrait de Louis-Auguste Cézanne (1866) Tête de vieillard (1866), Antony Vallabrègue (1866), La Madeleine (1868-1869) Achille Emperaire (1868-1869) Une Moderne Olympia (1869-1870), Nature-morte à la bouilloire (1869) Nature-morte à la pendule noire.

Vient ensuite la période « impressionniste », sous l’influence de Pissarro, auprès duquel il s’installe à Auvers-sur-Oise, vers 1872-1873.

Il y fréquente Van Gogh , Guillaumin et le docteur Gachet. Dans ses œuvres d’alors, le ton, par touches toujours épaisses mais plus subtiles que dans la période romantique, se substitue au modelé classique : la Maison du pendu (1873), La Route du village à Auvers (1872-73), La maison du docteur Gachet (1873) . Déjà s’annoncent à travers cette période impressionniste, d’autres préoccupations qui l’éloigneront des recherches propres aux impressionnistes, sans qu’il renie jamais la leçon de fraîcheur, de vibrations colorées et lumineuses que ceux-ci apportèrent à la peinture de leur époque, mais chez lui la modulation de la couleur recherche désormais davantage à exprimer les volumes que les effets atmosphériques et de luminosité. Renoir disait, en parlant du critique d’art Castagnary : « J’enrage à l’idée qu’il n’a pas compris qu’ Une Moderne Olympia de Cézanne (dans sa version de 1873) était un chef-d’œuvre classique plus près de Giorgione que de Claude Monet et qu’il avait devant les yeux l’exemple parfait d’un peintre déjà sorti de l’impressionnisme. » C’est encore Renoir qui rapporte l’incompréhension d’Emile Zola quand Cézanne lui confiait sa préoccupation de « trouver les volumes » : Zola « essayait de lui démontrer la vanité d’une telle recherche. « Tu es doué. Si tu voulais seulement soigner l’expression. Tes personnages n’expriment rien ! » un jour Cézanne se fâcha. « Et mes fesses est-ce qu’elles expriment quelque chose? ».

« Trouver les volumes », voilà qu’elle était la véritable obsession de Cézanne, « faire du Poussin sur nature », « quelque chose de solide comme l‘art des musées ».

Ce grand dessein, c’est avec une technique qui lui est personnelle que Cézanne veut le réaliser. Cette technique, écrit Léon Gard, peintre et écrivain d'art du XXe siècle, « veut résoudre le problème de la peinture sans recourir au moyen du dessin-ligne, ni à celui du clair obscur. Comme il l’a dit lui-même, il a voulu, par les diaprures, conjuguer les problèmes du dessin et du modelé, rejoignant ainsi le vieux peintre du Chef-d’œuvre inconnu de Balzac qui s’écriait : "Le dessin n’existe pas !", voulant dire par là que dans une œuvre de peinture tout doit être exprimé, dessin et valeurs, par la seule modulation de la couleur. »

On voit s’affirmer cette tendance vers 1880 : citons l’Estaque, le Pont à Maincy, les autoportraits ou les natures-mortes du musée d’Orsay, celles du musée de l’Hermitage ou de Philadelphie, La Montagne Sainte-Victoire vue de Bellevue (Metropolitan Museum), La Plaine au pied de la montagne Sainte-Victoire et Les Bords de la Marne (musée Pouchkine). Cézanne s’engagera toujours plus loin dans cette voie qui s‘achèvera en 1906 sur « le motif », ne cessant de se recommander de la nature : « L’étude réelle et précieuse à entreprendre c’est la diversité du tableau de la nature »; « j’en reviens toujours à ceci : le peintre doit se consacrer entièrement à l’étude de la nature, et tâcher de produire des tableaux qui soient un enseignement. » Mais il avait conscience du défi qu’il s’imposait à lui-même et le doute l’étreignait souvent : « On n’est ni trop scrupuleux, ni trop sincère, ni trop soumis à la nature; mais on est plus ou moins maître de son modèle et surtout de ses moyens d’expression. ». De fait, il se plaint que « les sensations colorées qui donnent la lumière sont chez lui cause d’abstractions qui ne lui permettent pas de couvrir sa toile, ni de poursuivre la délimitation des objets quand les points de contacts sont ténus, délicats ». Par discipline, Cézanne ne "fondait" jamais : d’où l’aspect d’incomplétude que présentent certaines études de la montagne Sainte-Victoire, ou le caractère abrupt, rébarbatif pour le profane de ses personnages, voire informe des Baigneurs ou des Baigneuses pour lesquels s'ajoutent le manque de modèles dans l'endroit voulu. « D’un autre côté, les plans tombent les uns sur les autres », avoue-t-il. C’est que la formule cézanienne est d’une ambition démesurée.

« Pratiquement, dit Léon Gard, c’est presque une chimère que de vouloir appliquer à la lettre cette formule, car on se heurte toujours à l’imperfection et à la limite du matériau, avec lequel il faut toujours ruser. Néanmoins, s’il est scabreux de suivre cette grandiose théorie lorsqu’on n’a pas des dons exceptionnels, il est évident qu‘un Cézanne, dont l’œil était capable de peser les tons, les valeurs comme au milligramme, peut créer des chefs-d’œuvre, et même aboutir à de échecs qui restent supérieurs aux réussites de la plupart des autres peintres. »

A la mort de Cézanne, certains peintres voulant créer de nouveaux mouvements se réclamèrent de lui. Le cas le plus notoire est celui des Cubistes. Malgré tout ce qu’on a pu dire et écrire, il reste douteux que Cézanne eût reconnu cette paternité. Il n’est plus là pour répondre, mais sa correspondance conserve quelques phrases que l’on peut méditer; par exemple, celle-ci : « Il faut se méfier de l’esprit littérateur qui fait si souvent le peintre s’écarter de sa vraie voie — l’étude concrète de la nature — pour se perdre trop longtemps dans des spéculations intangibles. ».

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MessageSujet: Re: Paul Cézanne   Lun 3 Sep - 14:43

« Paul peut avoir le génie d'un grand peintre, il n'aura jamais le génie de le devenir. » Ainsi Émile Zola annonce-t-il le drame de Paul Cézanne, toujours insatisfait de son travail. L'écrivain va plus loin : Claude Lantier, le personnage central de l'Œuvre, roman paru en 1886, est proche de Cézanne par la physionomie et le caractère. Zola en fait un peintre raté, pourtant chef de la nouvelle école de « Plein air » ; Claude finit par se suicider. D'une certaine façon, le roman peut se lire comme une revanche de la littérature sur la peinture et la description du groupe d'artistes tourne à la caricature. Manet, qui fit scandale au Salon des Refusés en 1863, a pu servir aussi de modèle au romancier. Pourtant, Cézanne a cru se reconnaître dans ce peintre : blessé, il a répondu à Zola une lettre d'une froide politesse qui a mis un terme définitif à leur amitié. Les derniers contacts entre les deux artistes remontent à 1885, après la publication de "L'Oeuvre". Cézanne quitte Médan oû il avait été reçu par le couple Zola. Ils ne se reverront plus malgré quelques opportunités de rencontres à Aix-en-Provence où le peintre s'est retiré. Cézanne n'est plus à l'aise dans le nouveau monde construit par l'écrivain qui, à partir de 1888, verra son existense compliquée par la relation qu'il entretient avec sa maîtresse, Jeanne Rozerot. La découverte de cette liaison par sa femme, Alexandrine Zola, en 1891 ne va pas détendre l'atmosphère du couple qui vivra des périodes difficiles jusqu'en 1896. Zola connaitra ensuite l'Affaire Dreyfus qui occupera sa vie jusqu'à sa mort en 1902. Cette existence, très perturbée, ne facilitera pas le rapprochement des deux amis d'enfance. Il semble que Paul Cézanne en ait souffert si l'on tient compte du chagrin dont il fera preuve à l'annonce de la mort d'Emile Zola et lors de l'inauguration d'une statue à l'image de l'écrivain au début de 1906.

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MessageSujet: Re: Paul Cézanne   Lun 3 Sep - 14:48


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