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 Friedrich Hölderlin

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Bertrand
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MessageSujet: Friedrich Hölderlin   Lun 24 Sep - 22:27

Friedrich Hölderlin est un poète romantique allemand né le 20 mars 1770 et décédé le 6 juin 1843. Il est considéré comme un des plus grands poètes lyriques de langue allemande. Ses œuvres mêlent classicisme et thèmes chrétiens. Son roman Hypérion (1797-99), l'essentiel de ses écrits, exprime sa fascination pour la Grèce antique.

Il est écrivain pendant à peu près dix ans. Durant sa vie, Hölderlin ne connaît ni stabilité ni bonheur, selon lui: il manque d'argent et de reconnaissance. Les suspicions de la société à son encontre dans une affaire amoureuse avec une femme mariée le conduisent finalement à la folie (Je suis mortel, né pour l'amour et pour souffrir). Il rejette l'habituelle acceptation idéaliste de la félicité, pour lui le plaisir existe, mais c'était de l'eau tiède sur la langue.

Né à Lauffen am Neckar, Württemberg, Hölderlin perd à l'âge de deux ans son père, administrateur au monastère local; en 1774, sa mère, Johanna Christina Hölderlin, se marie avec le gouverneur de Nürtingen, qui meurt en 1779. À l'âge de quatorze ans, Hölderlin commence à écrire des poèmes, lus par ses amis à l'école et par ses professeurs. À partir de 1788, à l'université de Tübingen, il étudie la théologie et obtient un titre de master. Pendant cette période il devient l'ami de Friedrich Wilhelm Hegel (1770-1831) et ensemble ils partagent leur grande admiration pour la Révolution française.

En 1793 il est présenté à Friedrich Schiller, qui publie certains de ses poèmes, et il travaille comme précepteur à Waltershausen. Un tournant décisif dans sa vie est l'obtention d'un autre poste de précepteur dans une maison appartenant à un richissime banquier de Francfort, Jakob Gontard. Hölderlin vit une histoire d’amour avec la femme de son employeur, Susette Gontard, qu'il appelle Diotima dans ses poèmes. Leur bonheur est de courte durée, car brisé par le mari. Pourtant, ils continuent à correspondre et à se rencontrer secrètement. Ils se voient pour la dernière fois en 1800. Les lettres de Suzette adressées au poète renseignent assez précisément sur ce qu'a pu être cet amour.

Les plus grands poètes lyriques, comme Hölderlin ou Keats, sont des hommes en qui le pouvoir mythique de perception se brise encore vers son intensité extrême et son pouvoir d'objection... (Ernst Cassirer dans Language and Myth, 1946)

Fatigué de ses déboires amoureux, il quitte Francfort en 1798. Survient alors une période d'intense créativité, avec ses grandes élégies et le second volume d'Hypérion. Il écrit également des textes philosophiques et une tragédie, "Der Tod des Empedokles", restée inachevée. Dans la conclusion de son grand hymne 'Patmos', le poète nomme la "cultivation de la lettre bien établie et l'interprétation de ce qui est" comme la fonction majeure du poète. Peu avant son départ pour la France, Hölderlin déclare : "Maintenant je peux rejoindre une nouvelle vérité, une meilleure vision en grande partie sur nous-mêmes et de ce qui nous entoure, en pensant que j'ai peur de ces choses qui peuvent éventuellement s'associer à moi comme pour l'ancien Tantale, qui a reçu des dieux plus qu'il ne pouvait en digérer." Après avoir tenu un bref emploi de précepteur à Bordeaux, Hölderlin retourne en 1802 en Allemagne. Malheureusement, ce voyage effectué à pied accentue son état de schizophrénie. De retour à Nürtingen il apprend la mort de Susette, et en 1805 sa santé mentale se dégrade totalement. Pendant ces périodes, quand il regagne assez de lucidité pour écrire, il traduit des tragédies de Sophocle.

Les 36 dernières années de la vie d'Hölderlin se déroulent sous l'ombre de la folie, dans une maison de repos, à Tübingen. Il meurt le 7 juin 1843. Les derniers poèmes d'Hölderlin dits acceptables sont Brod und Wein, une élégie célébrant à la fois Jésus et Dionysos, Der Archipelagus, une ode d'espoir que l'Allemagne moderne se dirigera vers le caractère de la Grèce antique, Heidelberg et Der Rhein, des odes sur la ville et le fleuve, et le patriotique Germanien. En 1861, Friedrich Nietzsche écrit un enthousiaste essai sur Hölderlin, son "poète favori", très largement oublié en ce temps. En 1874 paraît un recueil de ses œuvres, Ausgewählte Werke. Le début du vingtième siècle commence à reconnaître le plus grand poète allemand après Goethe.Heidegger a été profondément influençé par le poète, il publie en 1971 un essai intitulé Approche de Hölderlin ou il expose les rapports fondamentaux entre philosophie et poésie.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Friedrich Hölderlin   Lun 24 Sep - 22:28

Exemple de Poème :

Nulle approbation scandaleuse

Mon cœur n'est pas saint, la vie si belle si remplie,
Voilà que je l'aime ? Pourquoi la respecterais-je davantage,
Me voici le plus fier et le plus sauvage,
Le plus vaste empire des mots et le plus vacant qui ait été ?
Ah, à la masse ne plaît que ce qui est bon sur la place du marché;
Et le serf n'honore que celui qui détient le pouvoir,
Ne croient qu'au divin,
Ceux qui seuls, le sont eux-mêmes.

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MessageSujet: Re: Friedrich Hölderlin   Lun 24 Sep - 22:29

Répercussions

Hölderlin n'est pas directement affilié aux deux principaux mouvements littéraires de son époque, le Classicisme Weimar ou le Romantisme, mais sa pensée reflète des éléments communs avec les deux. Dans son utilisation classique des vers, de la forme et de la syntaxe, Hölderlin est le successeur de Friedrich Klopstock (1724-1803), qui tente de développer pour la langue allemande une perfection classique, qui la placerait à l'égalité du grec et du latin. Hölderlin partage l'amour des classicistes de "edlen Einfalt und stillen Grösse" (la noble simplicité et la magnificence du calme), formulé par Johann Winckelmann (1717-1768), et qui y ajoute son sens mystique de la nature et des éléments du Panthéon et des images christiques. Comme William Blake et W.B.Yeats, il explore la cosmologie et l'histoire pour trouver un sens en ce monde incertain. Hölderlin joue aussi un rôle important dans le développement de la philosophie à partir de Kant et de Hegel, et participe à la formation de l'idéalisme allemand.
La poésie de Hölderlin fascine également le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) qui a écrit: "La Poésie est l'établissement de l'Étant par les moyens du monde". Les essais d'Heidegger sur Hölderlin (1936) sont traduits dans Existence et Étant par W. Brock (1949). Nietzsche se montra vivement intéressé par Hölderlin, mais cela fut sans prolongement, jusqu'aux décadences du monde d'après guerre en Allemagne, jusqu’à ce que le poète reçoive une plus grande attention, en partie due à l'enthousiasme de Norbert von Hellingrath. Dans ses lectures des années 1930, Heidegger considère Hölderlin, en tant que poète, comme le réveilleur national des consciences, un prophète du futur latent d'une nation. "Les poètes se sont élevés pour la plupart au commencement ou à la fin d'une ère", dit lui-même une fois Hölderlin. Il est énormément célébré durant le Troisième Reich, et ses œuvres regroupées sont publiées en quatre volumes. Ironiquement, le héros dans Hypérion quitte sa maison et sa patrie, parce que la loi du despotisme s'y applique...

Œuvres

Poèmes de la Folie de Hölderlin, traduction de Pierre Jean Jouve avec la collaboration de Pierre Klossowski, avant-propos de Bernard Groethuysen, Fourcade, 1930, rééd. Gallimard, 1963
Œuvres, Avant-propos de Philippe Jaccottet, traduction de Ph. Jacottet, D. Naville, Gustave Roud, R. Rovini, François Fédier, Michel Deguy, André du Bouchet, Bibliothèque de la Pléiade, 1967
Hymnes et autres poèmes (1796-1804). Armel Guerne a traduit Hymnes, élégies et autres poèmes, Mercure de France, 1950 ; GF Flammarion, 1983.
Anthologie bilingue de la poésie allemande, Bibliothèque de la Pléiade, 1993; les poèmes de Hölderlin y sont traduits par Jean-Pierre Lefebvre, Philippe Jaccottet, Robert Rovini, François Fédier, Gustave Roud
Œuvre poétique complète, Texte établi par Michaël Knaupp, traduit de l’allemand par François Garrigue. Bilingue. Éditions de la Différence
Hypérion ou l'Hermite en Grèce (1797-99)
Poèmes ((1806-1843)
Traductions de Pindare, Sophocle : Antigone, Œdipe.

Citations

« Ce qui fait de l'État un enfer, c'est que l'homme essaie d'en faire un paradis ».
« Diverses sont les lignes de la vie comme sont les chemins,les contours des montagnes; ce que nous sommes, Dieu l'achèvera là-haut dans l'harmonie et l'éternelle grâce. »
« Les peuples somnolaient, le destin prit soin qu'ils ne s'endormissent pas. »

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MessageSujet: Re: Friedrich Hölderlin   Lun 24 Sep - 22:35


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