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 Les symphonies de Mahler

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Bertrand
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MessageSujet: Les symphonies de Mahler   Jeu 1 Mar - 17:57

SYMPHONIES :

Titre Surnom Tonalité Composition Mouvements Orchestration Durée

Symphonie n° 1 « Titan » ré majeur 1884-1888 4 Orchestre 55-60 minutes

Symphonie n° 2 « Résurrection » ut mineur 1888-1894 5 Orchestre, contralto, soprano, chœur 80-95 minutes

Symphonie n° 3 ré mineur 1893-1896 6 Orchestre, alto, chœurs 95-105 minutes

Symphonie n° 4 sol majeur 1899-1900 4 Orchestre, soprano 55-60 minutes

Symphonie n° 5 ut dièse mineur 1901-1902 5 Orchestre 70-75 minutes

Symphonie n° 6 « Tragique » la mineur 1903-1904 4 Orchestre 80-90 minutes

Symphonie n° 7 « Chant de la nuit » si mineur 1904-1905 5 Orchestre 80-90 minutes

Symphonie n° 8 « Symphonie des mille » mi bémol majeur 1906-1907 2 Orchestre, solistes, chœurs 80-90 minutes

Symphonie n° 9 ré majeur 1908-1909 4 Orchestre 85-95 minutes

Symphonie n° 10 « Inachevée » fa dièse majeur 1910 5 Orchestre 25 minutes
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Sam 17 Mar - 23:50

La Symphonie n°1 dite "Titan" :


La composition :

A l'âge de vingt ans, Gustav Mahler n'avait qu'un seul but dans la vie: devenir compositeur. Il attribuera plus tard au jury réactionnaire qui, en 1881, lui a refusé le Prix Beethoven de Vienne, toute la responsabilité de sa longue carrière dans le "bagne", l'enfer du Théâtre. "Si vous voulez composer, dira-t-il à la fin de sa vie au jeune Alban Berg, surtout évitez le théâtre !" Mais pour survivre, à cette époque, que pouvait donc faire un jeune musicien, riche tout au plus de ses dons et de ses espérances ?
Pourtant Gustav Mahler est un compositeur né : Das Klagende Lied, la grande Ballade ou Cantate pour soli choeur et orchestre qu'il a présentée pour le fameux prix, l'a démontré, à ses propres yeux du moins. Mais puisque les juges infernaux de l'époque en ont décidé autrement, il va lui falloir affirmer son talent dans un autre registre. Ce métier de chef d'orchestre qu'il aborde à vingt ans, Mahler va s'y lancer tête baissée, avec une fièvre et une ardeur presque fanatiques. Il va donc cesser d'écrire de la musique, et cela pendant quatre ans, son activité théâtrale ne lui laissant pas le moindre loisir. Il ne reprendra la plume qu'en 1884, pour ainsi dire contraint et forcé par les émotions violentes engendrées par une crise sentimentale. Quatre années auparavant, Das Klagende Lied avait vu le jour dans des circonstances analogues. Il semble que l'amour seul, et surtout l'amour malheureux, permette alors au jeune Mahler de "retrouver le chemin de lui-même", c'est-à-dire celui de la composition.

En 1884, les Lieder eines fahrenden Gesellen sont le fruit de la passion malheureuse de Mahler pour une cantatrice du théâtre de Kassel, où il occupe le poste de Kappelmeister. Ce cycle de Lieder avec orchestre va cependant dormir dans ses tiroirs pendant près de douze ans. Entre-temps, un autre amour sans espoir -cette fois la bien-aimée est mariée et mère de quatre enfants- déclenche à nouveau le processus de la création : "ces émotions avaient atteint en moi un tel degré de violence qu'elles ont jailli tout d'un coup, comme un torrent impétueux." En janvier 1888, Mahler a 27 ans. Il est chef d'orchestre au Théâtre de Leipzig. L'inspiratrice n'est autre que l'épouse du petit-fils de Weber, lequel a confié à Mahler les esquisses inachevées d'un opéra comique du grand Karl-Maria. Grâce à lui, Mahler vient même de remporter, en achevant Die drei Pintos, le premier grand triomphe de sa carrière de compositeur, car c'est bien d'un travail créateur autant que re-créateur qu'il s'agit. Son idylle avec Marion von Weber le plonge dans le désespoir le plus noir, car il est conscient tout à la fois d'aimer avec passion et de trahir sans vergogne les lois de l'amitié. La fermeture providentielle de l'Opéra de Leipzig, pour quelques jours au tout début de l'année 1888 -l'Allemagne porte le deuil de son Empereur, Guillaume 1er- permet à Mahler de travailler sans relâche. Mise en chantier au mois de janvier, la Première Symphonie, alors intitulée "Poème symphonique", sera achevée au mois de mars. Elle comprend encore cinq mouvements car Mahler y a inséré un andante bref et quelque peu superficiel emprunté à une ancienne musique de scène.


Les premières auditions :

"Dans mon inconscience totale, confiera Mahler plus tard, j'avais alors écrit une de mes oeuvres les plus hardies, et je pensais encore naïvement qu'elle était d'une facilité enfantine, qu'elle allait plaire immédiatement et que j'allais pouvoir vivre tranquillement de mes droits d'auteur." De quelles illusions le jeune compositeur ne se berce-t-il pas ? L'été suivant, il va remuer ciel et terre, à Prague, à Munich, à Dresde et à Leipzig, pour faire jouer son oeuvre, mais en vain. Il devra finalement diriger lui-même la première audition à la Philharmonie de Budapest, le 20 novembre 1889. Encore n'a-t-on accepté de programmer ce "Poème symphonique" que parce que son auteur n'est autre que le déjà célèbre Directeur de l'Opéra Hongrois. Hélas, au soir de cette malheureuse première, le public passe très vite de la stupeur à une muette indignation. Les déchaînements du Finale laissent la salle dans l'hébétude et le dernier accord est suivi d'un silence de mort. A peine quelques applaudissements discrets et quelques sifflets. Mahler a compris qu'il vient de prêcher dans le désert. Même ses meilleurs amis sont consternés: "par la suite, tout le monde m'a fui, terrorisé, et personne n'a osé me parler de mon oeuvre!" La critique le maltraite autant que le public. On l'accuse de cultiver à dessein la bizarrerie la plus insensée, la cacophonie la plus folle, la vulgarité la plus éhontée, en un mot de défier toutes les lois de la musique. Solitaire et désespéré, Mahler erre dans la capitale hongroise, "comme un condamné à mort ou un pestiféré".
En 1891, Mahler quitte Budapest pour Hambourg où il a été nommé premier chef d'orchestre au Stadt-Theater, l'un des principaux théâtres d'Allemagne. Un soir d'octobre 1893, il va diriger dans une des salles de concert de la ville hanséatique un "Concert populaire de style philharmonique" exclusivement composé de premières auditions de ses oeuvres dont " Titan, Poème musical en forme de symphonie ". Le public est un peu plus chaleureux qu'à Budapest, mais la critique hambourgeoise accuse encore le compositeur de manquer totalement de discernement dans le choix de ses matériaux, de donner libre cours à sa "subjectivité sans frein" et d'"offenser mortellement le sens de la beauté".

Après un troisième échec à Weimar, Mahler retente l'expérience le 16 mars 1896 à Berlin. L'ouvrage est désormais amputé de son andante et porte son titre définitif de "Première Symphonie". Jusqu'à la fin de sa vie, Mahler dirigera ainsi à intervalles irréguliers, cette maudite Première. Il la nomme volontiers son "enfant de douleur" car elle continue -et continuera longtemps- à décevoir et à choquer même les auditeurs déjà familiarisés avec son style et son langage. La malédiction qui pèse sur cette "Sinfonia Ironica" (le mot est du critique viennois Max Kalbeck) se poursuivra bien après la mort de Mahler. Si pendant les années 1920 et 1930, elle connaît enfin une certaine popularité, c'est avant tout à cause de ses proportions relativement modestes, en comparaison des autres symphonies, et de son effectif orchestral plus raisonnable.

Dans sa version révisée, la Première Symphonie comporte quatre mouvements:

1/Langsam, Schleppend. Wie ein Naturlaut - Im Anfang sehr gemächlich
2/Kräftig bewegt, doch nicht zu schnell - Trio. Recht gemächlich
3/Feierlich und gemessen, ohne zu schleppen
4/Stürmisch bewegt

Le mouvement supprimé s'intitulait " Blumine " - Andante allegretto

La Première Symphonie a été crée le 20 novembre 1889 à 19h30 dans la grande salle de la Redoute du Palais communal de Budapest par l'orchestre de l'Opéra de Budapest sous la direction de Mahler.

source : gustavmahler.net.free.fr


Dernière édition par le Dim 18 Mar - 0:12, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Sam 17 Mar - 23:53

Caricatures à propos de la symphonie 1:

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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Sam 17 Mar - 23:57

-Symphonie n°2 dite "Auferstehung":


La composition :

On a peine à imaginer qu'un ouvrage aussi unitaire et puissamment structuré que la Deuxième Symphonie de Mahler ait été le fruit d'un long et douloureux effort, et pourtant plus de six ans se sont écoulés entre les premières esquisses et l'achèvement du grandiose finale. En 1888, à 28 ans, Mahler occupe depuis deux ans un poste de chef d'orchestre à l'Opéra de Leipzig où il a composé en pleine saison sa Première Symphonie. L'encre est à peine sèche sur la partition lorsqu'il en conçoit une autre, en ut mineur. Rapidement terminé, le premier mouvement aura pendant cinq ans une existence indépendante sous le titre de Todtenfeier [Cérémonie funèbre], titre que Mahler a emprunté à la version allemande du poème épique de l'illustre écrivain polonais Adam Mickiewicz, due à son ami de jeunesse Siegfried Lipiner. Achevée à Prague au mois d'août 1888, la partition de Todtenfeier restera longtemps dans les cartons de Mahler car, nommé directeur de l'Opéra de Budapest à la fin de l'année, il est désormais bien trop absorbé par ses tâches artistiques et administratives pour se remettre à composer.

Trois ans plus tard, en 1891, Mahler quitte l'Opéra hongrois pour le Stadt-Theater de Hambourg où, comme chef d'orchestre, il fait immédiatement la conquête du génial Hans von Bülow. Le "pape de la musique allemande" a toujours défendu les musiques nouvelles: après avoir dirigé la première représentation de Tristan et Isolde, il est devenu l'interprète préféré de Brahms. Plus tard, il a découvert en Richard Strauss l'étoile montante de la jeune musique allemande. Mahler se convainc donc que Bülow le soutiendra également comme compositeur et il décide un jour d'aller lui jouer sa Todtenfeier au piano. Bien loin de s'extasier, le maître fait la grimace et se bouche les oreilles, et formule ensuite sa désapprobation en deux phrases lapidaires: "Si ce que j'ai entendu est de la musique, alors je ne comprends plus rien à la musique" et : "En comparaison de ce que je viens d'entendre, Tristan me fait l'effet d'une symphonie de Haydn".
Tout autre que Mahler aurait sombré dans le découragement. Mais la rupture étant consommée entre le passé et l'avenir, il décide au contraire de s'engager tout seul sur un chemin semé d'épines et d'embûches, un chemin que seuls le courage et l'entêtement propres au génie lui permettront de suivre jusqu'au bout. En attendant, le "bagne" de l'Opéra de Hambourg dévore tout son temps et c'est seulement en février 1892 qu'il parviendra à se remettre à écrire de la musique, et d'un seul trait compose et orchestre cinq grands Wunderhorn-Lieder.

Malheureusement, le futur "compositeur d'été" n'a pas encore trouvé le lieu calme et retiré dont il a besoin pour son travail. L'été de 1892 se passe donc au sein de la nature, à Berchtesgaden, dans le sud de la Bavière, mais sans qu'une seule autre note soit sortie de sa plume. L'expérience lui ayant porté conseil, Mahler s'installe un an plus tard avec sa famille dans une petite auberge des bords de l'Attersee, non loin de Salzbourg. Le cadre est idéal et il résout bien vite d'y faire construire sur une petite presqu'île un "Komponierhäuschen" où il passera désormais le plus clair de son temps pendant l'été, immergé dans son travail créateur. C'est alors qu'il revient à son projet initial de "Symphonie en ut mineur" et compose très rapidement l'Andante en La bémol à partir des esquisses notées en 1888 sur des feuilles volantes, puis le Lied Antonius von Padua Fischpredigt [Saint Antoine de Padoue prêchant aux poissons], et en même temps le Scherzo de sa Symphonie, dont la substance musicale est à peu près identique. Le travail avance à une rapidité vertigineuse et Mahler entretient chaque jour sa fidèle amie Natalie Bauer-Lechner de sa progression. Une force "venue d'ailleurs" le soulève et il se compare à un instrument de musique dont jouerait "l'Esprit du monde, la source de toute existence". Entre le 21 juin et le 16 juillet, il achève ainsi le second et le troisième mouvements. Pourtant la fin de l'été et la date du retour à Hambourg s'approchent sans qu'il ait rien composé du Finale qui doit couronner l'édifice. Il s'est contenté d'ajouter aux trois mouvements existants le Wunderhorn-Lied "Urlicht" qui servira d'introduction au dernier mouvement.

Pour ce finale qu'il entrevoit déjà comme une apothéose, Mahler songe à suivre l'exemple illustre de la Neuvième Symphonie de Beethoven et à utiliser un choeur. Il s'est déjà mis à parcourir "toute la littérature mondiale en partant de la Bible pour trouver la parole rédemptrice", mais il n'a rien découvert qui lui convienne lorsqu'en février 1894, meurt Hans von Bülow. Mahler assiste à ses funérailles [Todtenfeier] et décrira plus tard le choc qu'il a ressenti pendant la cérémonie : "A ce moment là, dans la tribune d'orgue, le choeur a entonné le choral de Klopstock "Auferstehn" [Ressusciter]. Je fus atteint comme par un éclair et tout fut alors éblouissement et clarté dans mon âme! Il en a toujours été ainsi pour moi : c'est seulement lorsque je vis la sensation [erlebe] que je crée [tondichte], et seulement lorsque je crée des sons que je vis la sensation."

C'est ainsi que, trois ans après l'achèvement de la Deuxième, Mahler décrit au critique Arthur Seidl la genèse de son immense Finale. Le jour même, il note en rentrant chez lui les premières esquisses. Le travail de composition proprement dit sera accompli l'été suivant à Steinbach en trois semaines. Au poème de Klopstock, Mahler a ajouté bon nombre de vers de sa plume, qui non seulement amplifient mais transforment la pensée du poète. Le passage essentiel dans lequel il exprime sa confiance en l'être humain, capable selon lui de modeler son propre destin, est celui-ci:

Avec des ailes que je me suis moi-même conquises,
Dans un brûlant élan d'amour,
Je m'envolerai vers la lumière invisible à tout œil,
Je meurs afin de revivre.


Les premières auditions :

Au contraire de la symphonie précédente qui, du propre aveu de Mahler, demeurera toujours son "enfant de douleur", la Deuxième va s'imposer, au bout de quelques années, comme son œuvre la plus représentative et la plus accomplie. Certes, il n'en sera pas ainsi lorsque Strauss inscrit la création des trois premiers mouvements au programme d'un concert de l'Orchestre Philharmonique de Berlin le 4 mars 1895. Mahler est au pupitre, mais la salle est à moitié vide et le lendemain, la critique se déchaîne. On lui reproche de casser les oreilles de ses auditeurs avec des "fracas inutiles" et des "atroces dissonances torturantes". C'est tout juste si on lui reconnaît le moindre talent. Mais il en faudrait bien plus pour décourager le jeune compositeur. Avec l'aide de deux mécènes hambourgeois, il organise neuf mois plus tard, le 13 décembre, également à Berlin, la première audition complète de l'ouvrage, cette fois avec solistes et choeurs. L'Orchestre Philharmonique de Berlin, les choeurs de la Stern'sche Singakademie, du Sängerbund des Lehrerverein et deux cantatrices du Stadt-Theater de Hambourg, Josephine von Artner, soprano, et Hedwig Felden, alto, sont placés sous la direction de Mahler. La location étant presque nulle pour le concert, il lui faut distribuer le jour même un grand nombre de places gratuites. A la fin de la soirée, l'enthousiasme de la salle paraît rassurant, mais le lendemain, la presse tire à nouveau à boulets rouges. Cette fois-ci, Mahler se plaint amèrement : "Je ne puis pas m'empêcher de pousser un profond soupir lorsque je vois la phalange serrée des quotidiens barrer à nouveau le passage aux enfants de mon esprit". Heureusement sa déception est tempérée par l'enthousiasme de quelques admirateurs de marque, tels les chefs Arthur Nikisch, Felix Weingartner et le compositeur Engelbert Humperdinck. Par ailleurs, ses deux courageux mécènes le comblent en promettant de subventionner à Leipzig la publication d'une réduction pour deux pianos de la symphonie.

Quoi qu'il en soit, le chemin à parcourir sera encore long avant que Mahler ne soit reconnu comme un grand créateur de musique. Bien sûr, la Deuxième Symphonie sera la première œuvre de son auteur à franchir les frontières du monde germanique, lorsque le chef Sylvain Dupuis convie Mahler à la diriger à Liège, dans la série des Nouveaux Concerts. Ensuite, pendant l'hiver 1900-1901, la création munichoise du même ouvrage fait grand bruit. Le nom de Mahler commence déjà à se répandre lorsque le triomphe, cette fois presque unanime, de la Troisième Symphonie à Crefeld en 1902, fait de lui, du jour au lendemain, un compositeur célèbre. Strauss, en tant que président de l'Allgemeiner Deutscher Musikverein, décide alors de monter la Deuxième au festival suivant, et choisit pour ce concert un des hauts lieux de l'architecture gothique, la cathédrale de Bâle. Cette fois encore, l'œuvre et son compositeur sont acclamés avec transports. La Deuxième devient l'œuvre fétiche de Mahler, qui la choisit en 1907 pour dire adieu à Vienne, puis, en 1908 et 1910, pour se faire connaître à New York et Paris.

Il est à noter que l'enregistrement de la Deuxième par Oskar Fried, réalisé à Berlin en 1924 est le premier enregistrement connu d'une œuvre de Mahler.

La Deuxième Symphonie comporte cinq mouvements:

1/Allegro maestoso (Todtenfeier). Mit durchaus ernstem und feierlichem Ausdruck
2/Andante moderato. Sehr gemächlich
3/Scherzo. In ruhig fliessender Bewegung
4/"Urlicht". Sehr feierlich, aber schlicht [Texte extrait de "Des Knaben-Wunderhorn"]
5/Im Tempo des Scherzo. Wild herausfahrend [Texte de Friedrich Gottlieb Klopstock et Gustav Mahler]

source : gustavmahler.net.free.fr
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:05

-Symphonie n°3 :


La Genèse :

Quand on écrit "une œuvre de cette dimension, une œuvre qui reflète la création tout entière, on est, pour ainsi dire, un instrument dont joue l'univers". Cette phrase célèbre et souvent citée ne pourrait avoir été prononcée que par Mahler et dans le moment rare d'exaltation qui a donné naissance à l'une de ses créations les plus imposantes, les plus ambitieuses et les plus démesurées, la Troisième Symphonie. Pourquoi donc en était-il venu à concevoir des partitions aussi monumentales? On le comprend sans peine lorsqu'on réfléchit que son activité théâtrale dévore la plus grande partie de son temps et de son énergie et que seul l'été lui permet de se réfugier dans la composition. Une fois achevée sa Deuxième Symphonie, Mahler a repris conscience de son âge, 34 ans, de la dimension encore bien restreinte de son œuvre en comparaison de celle des grands compositeurs de l'histoire. Ainsi ressent-il désormais le besoin de justifier sa vocation de créateur en consacrant ses étés non pas seulement à composer des symphonies, mais à créer de véritables univers symphoniques en utilisant "tous les moyens techniques existants". Quoiqu'il en soit et contrairement aux apparences, l'immense partition de la Troisième n'est pas née de la volonté de faire grand, mais d'une formidable poussée d'inspiration, telle qu'un créateur, fut-il un génie de première grandeur, n'en ressent pas souvent dans son existence.


La Composition :

Au début de l'été 1895, Mahler s'installe à nouveau dans la petite auberge de Steinbach am Attersee, où le rituel quotidien est bien au point depuis deux ans déjà. Dans le petit Häuschen qu'il s'est fait construire au bord du lac, il s'installe dès 6h30 du matin et y passe le plus clair de ses journées, parfois jusqu'à une heure tardive de l'après-midi. C'est ainsi qu'il compose aussitôt le ravissant Menuet qu'il intitulera plus tard Blumenstück [Morceau de fleurs] parce qu'il a été inspiré par le pré fleuri qui entoure son Häuschen. A cette époque-là, il a déjà imaginé un plan d'ensemble, qui est sans nul doute l'un des plus ambitieux jamais conçu par un symphoniste. Partant de la matière, des rochers, de la nature immobile, il entrevoit déjà que l'immense épopée gravira une à une les marches de la Création, les fleurs, les animaux, pour parvenir jusqu'à l'homme, avant de s'élever jusqu'à l'amour universel conçu comme transcendance suprême.
Plusieurs versions différentes ont subsisté de ce programme. Soulignons que, pour une fois, Mahler l'a mis au point avant de se mettre à composer. Plus tard, il ne le désavouera jamais, même à une époque où il interdira la publication du moindre texte explicatif lors de l'exécution de ses oeuvres. Le titre général, dont il souligne qu'il n'a aucun lien avec Shakespeare, est "Le Songe d'une nuit d'été" (qui deviendra "Le songe d'un Matin d'été"). Plus tard, après s'être plongé dans la lecture de Nietzsche, il le remplacera par celui d'un des livres du poète-philosophe: "Mon gai Savoir" ou "Le gai Savoir". Le premier mouvement s'intitule d'abord "L'arrivée de l'été" ou "L'éveil de Pan", et plus tard "le Cortège de Bacchus". Il semble que l'Allegro initial, composé seulement l'année suivante, n'ait pas encore été précédé de la longue Introduction mineure qu'il intitulera plus tard :

1-Ce que me content les Rochers. Quant aux autres mouvements, ils portent déjà leur titre définitif :
2-Ce que me content les Fleurs des Prés
3-Ce que me content les Animaux de la Forêt
4-Ce que me conte la Nuit (puis l'Homme)
5-Ce que me conte le Coucou (remplacé par les Cloches du Matin puis par les Anges)
6-Ce que me conte l'Amour

Au titre du Finale, Mahler ajoutera plus tard comme sous-titre: "Père, vois mes blessures! Ne laisse perdre aucune créature!" Dans le plan original, un ultime septième mouvement, "Ce que me conte l'Enfant" n'était autre que le Lied La vie céleste, composé trois ans plus tôt, et plus tard inséré dans la Quatrième Symphonie.
Par moments, l'orgueil insensé de son propos plonge Mahler dans l'angoisse. Car cette fois, il n'envisage plus le monde, comme c'était le cas dans les deux symphonies précédentes, "du point de vue de l'homme qui souffre et qui combat", mais il "se transporte jusqu'au cœur même de l'existence, là où l'on ressent tous les frissons du monde et ceux de Dieu". Qui plus est, il se rend compte que son premier mouvement durera plus d'une demi-heure. Il se doute bien qu'on le prendra pour un fou, ou en tout cas pour un mégalomane résolu à dépasser encore le gigantisme de la symphonie précédente. Et pourtant, emporté par le souffle puissant et qui l'entraîne toujours plus avant, il se sent contraint de poursuivre. Pendant ce premier été de 1895, Mahler compose encore les quatre mouvements suivants. Malgré quelques hésitations sur leur ordre, il s'en tiendra de très près au programme esquissé en 1895. Mieux, il en est si fier qu'il le copiera pour l'envoyer à tous ses amis au cours des mois qui vont suivre. Ainsi n'en existe-t-il pas moins de huit versions, finalement très proches les unes des autres. Pour le premier mouvement, qui sera le plus étendu de tous, il se contente en 1895 de noter quelques esquisses musicales et remet à l'année suivante le travail de composition proprement dit.

En 1896, lorsque Mahler décide de reprendre son travail, il s'aperçoit en arrivant le 11 juin à Steinbach que, dans sa précipitation de quitter Hambourg, il a oublié dans un tiroir de son bureau les esquisses du premier mouvement. Un ami hambourgeois consent à les lui expédier mais il passe dans l'angoisse ces huit journées d'attente, en s'affligeant du temps perdu et en craignant sans cesse que le paquet ne s'égare. Comme toujours, la reprise du travail s'avérera bien plus difficile que prévu car la transition de sa vie d'interprète à son activité créatrice ne se fait jamais sans douleur.

Pour l'instant, l'introduction est encore connue comme un mouvement séparé, mais sa signification se transforme peu à peu: elle ne dépeindra plus la nature sans âme et sans vie, prisonnière de l'hiver, mais au contraire la chaleur écrasante de l'été, lorsque "toute vie est retenue et qu'aucun souffle n'agite l'air qui vibre et flamboie, ivre de soleil". "La vie, prisonnière de la nature gémit au loin et supplie d'être libérée". Mahler estime que la musique seule "peut en capter l'essence". Pour peindre le cortège de Bacchus et ses déchaînements, il songe à engager un orchestre d'harmonie avec son répertoire de "musiques militaires", ces musiques qu'il a si bien connues dans son enfance à Iglau et dont il imitera effectivement la sonorité caractéristique. A la fin du 19ème siècle, ce siècle romantique où l'originalité du matériau avait pris force de dogme, c'était une audace inouïe que d'introduire ainsi dans une fresque symphonique l'insolente "banalité" d'une musique populaire à peine stylisée.

Grâce à la correspondance de Mahler et au journal tenu par Natalie Bauer-Lechner, on est bien renseigné sur la composition de la Troisième. Une lettre à sa maîtresse du moment, la cantatrice Anna von Mildenburg nous le montre à la fois lucide et exalté: "Ma Symphonie sera quelque chose que le monde n'a encore jamais entendu! Toute la nature y trouve une voix pour narrer quelque chose de profondément mystérieux, quelque chose que l'on ne pressent peut-être qu'en rêve! Je te le dis, certains passages m'effrayent presque. Il m'arrive de me demander si réellement cela devait être écrit." En dépit de toutes ses angoisses, Mahler demeure convaincu que "le monde prendra un jour bonne note de tout cela", tout en sachant bien que "les hommes auront besoin d'un certain temps pour croquer ces noix que j'ai fait tomber pour eux de l'arbre".

La Particell du premier mouvement est achevée le 11 juillet 1896 (donc en moins d'un mois!). Peu de temps après, Mahler reçoit à Steinbach la visite de son jeune disciple Bruno Walter à qui il a auparavant conseillé par lettre de se préparer à retrouver "toute sa nature aride et brutale", dans une nouvelle œuvre qui "dépassera toutes les limites admises", et qui sera remplie de "banalités" et de "bruit inutile". Il faut dire qu'il vient d'être échaudé par la réception presque unanimement hostile de sa Deuxième Symphonie à Berlin, au mois de décembre précédent.

Que la conception profonde, l'idéologie dominante de la Troisième Symphonie soient teintées de panthéisme n'a rien qui puisse surprendre. Car l'attitude de Mahler devant la condition humaine, devant la vie et devant la mort, restera toujours marquée par les philosophies orientales plutôt que par le judaïsme de ces ancêtres et le christianisme auquel il va bientôt se convertir. Le Chant de la terre nous le prouve aujourd'hui dont l'adieu final est illuminé par la pensée consolatrice de l'éternel renouveau de la nature au printemps. Ces pages si fortes dans leur douceur et si bouleversantes dans leur acceptation de la loi du destin incarnent mieux et plus qu'une idée poétique, elles affirment une véritable conviction mystique et répondent aux questions lancinantes que Mahler s'est posé pendant toute sa vie sur le destin et sur la condition humaine.


La Première Audition :

Le deuxième mouvement fut créé à Berlin le 9 novembre 1896 lors d'une exécution partielle par les l'Orchestre Philharmonique de Berlin placé sous la direction d'Arthur Nikisch, et rejoué ultérieurement dans plusieurs villes d'Allemagne. Puis, le 9 mars 1897, le même orchestre sous la direction de Felix Weingartner interpréta les deuxième, troisième et sixième mouvements. Les sifflets ne dominèrent pas tout à fait les applaudissements mais il s'en fallut de peu. Le lendemain, la presse de la capitale allemande se surpassa. On parla de la "tragi-comédie" de ce compositeur sans imagination et sans talent, de ses "banalités", de ses "réminiscences". On le traita de "farceur", de "comédien en musique". Le Finale exaspéra tout particulièrement la critique avec ses "mines religieuses et mystiques". L'un des "juges infernaux" qualifia son thème principal de "ver solitaire informe qui serpente à travers tout le morceau".
Il faudra attendre 1902, six ans après son achèvement, pour que soit créée la Troisième Symphonie dans son intégralité le lundi 9 juin 1902 à 20 heures par l'Orchestre de Cologne et la contralto Luise Geller-Wolter, placés sous la direction de Mahler, au cours du Festival de Crefeld en Rhénanie. Ce concert donné en présence de Richard Strauss, de Max von Schillings, d'Engelbert Humperdinck, d'Eugen d'Albert, de Willem Mengelberg et bien d'autres, fur le premier véritable triomphe de Mahler en tant que compositeur. C'est justement l'Adagio final, sa puissance contemplative et son lyrisme épuré qui devaient conquérir les auditeurs les plus mal préparés à l'entendre et même les plus délibérément hostiles. Aux yeux d'un critique, le "plus beau mouvement lent jamais composé depuis Beethoven" avait couronné le triomphe de cette soirée, qui allait ouvrir une nouvelle époque de la carrière et de la vie de Mahler. Une fois de plus, l'audace du génie s'était avérée payante.

La Troisième Symphonie, la plus longue de Gustav Mahler, comporte six mouvements:

1/Kräftig. Entschieden.
2/Tempo di Menuetto. Sehr mässig
3/Comodo. Scherzando. Ohne Hast.
4/Sehr langsam. Misterioso. Durchaus ppp [Texte de Friedrich Nietzsche].
5/Lustig im Tempo und keck im Ausdruck [Texte de "Des Knabenwunderhorn"].
6/Langsam. Ruhevoll. Empfunden.

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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:11

-Symphonie n°4 :


La composition :

En février 1892, après dix-huit mois de stérilité complète, Mahler rompt avec ses habitudes déjà bien établies de "Sommerkomponist" pour se remettre à écrire de la musique en plein milieu de la saison théâtrale de Hambourg. A sa sœur qui vient de lui faire parvenir les volumes de l'anthologie poétique d'Arnim et Brentano, il écrit avec confiance : "J'ai maintenant dans les mains le Wunderhorn et, avec la connaissance de soi qui est propre aux créateurs, j'ajouterai que, une fois de plus, le résultat en vaudra la peine !" Et en effet, à peine un mois plus tard, il aura achevé quatre "Humoresken" pour voix et orchestre, qui plus tard feront partie du recueil des Wunderhorn Lieder orchestraux. Mais ce qu'il n'a pas prévu alors, malgré cette "connaissance de soi" dont nous savons pourtant bien qu'elle le trompait rarement c'est la destinée future de la cinquième "Humoreske", Das himmische Leben. Car ce grand Lied participera d'abord à l'édifice monumental de la Troisième Symphonie, sous le titre de "Was mir das Kind erzählt" [ce que me conte l'enfant], après avoir fourni une partie de la substance mélodique du cinquième mouvement de ce même ouvrage. Quelques années plus tard, prenant conscience de son exceptionnelle richesse de substance, Mahler décidera d'en faire, pour la première fois de l'histoire de la musique, le Finale d'une autre symphonie, intitulée préalablement, elle aussi, "Humoreske". C'est ainsi que Das himmlische Leben deviendra l'aboutissement, le couronnement, le "sommet en pointe" du nouvel ouvrage, à la manière des derniers mouvements avec choeurs de la Neuvième Symphonie de Beethoven et de la propre Deuxième de Mahler.

Lorsqu'il entreprend la composition de la Quatrième Symphonie, en 1899, Mahler occupe depuis deux ans le poste qu'il avait convoité des années durant : il est désormais le directeur admiré et redouté de l'Opéra de Vienne et il a ainsi retrouvé sa patrie et sa ville d'adoption. On ne peut manquer de reconnaître aujourd'hui l'empreinte indélébile que la capitale autrichienne a laissée sur la Quatrième Symphonie, sur son lyrisme pastoral et sur son heureux abandon.

Avant même de se mettre au travail, Mahler avait rédigé une sorte de "synopsis" des différents mouvements comme auparavant pour la Troisième Symphonie :

Die Welt als ewige Jetztzeit [Le monde en tant qu'éternel présent], sol majeur
Das irdische Leben [La vie céleste], mi bémol mineur
Caritas [Adagio], si majeur
Morgenglocken [Les cloches du matin], fa majeur
Die Welt ohne Schwere [Le monde sans gravité], ré majeur (Scherzo)
Das himmlische Leben [La vie céleste]

Depuis lors, le projet a considérablement évolué : les "Cloches du matin" sont entrées dans la Troisième Symphonie, la "Vie terrestre" est devenue un simple "Wunderhorn Lied" du recueil orchestral et le Scherzo en ré est certainement celui que Mahler intégrera plus tard dans la future Cinquième. Quant à l'Adagio, il pourrait bien avoir porté à l'origine ce sous-titre (Caritas), mais il est en sol et non pas en si majeur. Or il est rare que Mahler modifie la tonalité d'un mouvement projeté. Par ailleurs le même titre reparaîtra plus tard dans le premier "synopsis" esquissé pour la Huitième.

En juillet 1899, Mahler aborde la composition proprement dite de la Quatrième. Il a échoué cette année là, par une suite de hasards malheureux, à Alt-Aussee, une petite station thermale du Salzkammergut, où il va passer des vacances de cauchemar. Non seulement le temps est pluvieux et glacial, dans la villa qu'il a louée, il est sans cesse troublé par des flonflons lointains de l'orphéon municipal, lui toujours hypersensible au moindre bruit extérieur lorsqu'il compose. Complètement découragé, il finit par se plonger dans la lecture lorsque les idées musicales se mettent tout à coup à affluer. En quelques jours, l'ouvrage tout entier va ainsi prendre forme dans son imagination.
Les dernières semaines de vacances se passent dans la fièvre. Car, à mesure qu'approche le moment fatidique du retour à Vienne, par une cruelle ironie du sort, l'invention musicale se fait de plus en plus abondante. Mahler se promène partout avec un carnet d'esquisses à la main pour ne laisser perdre aucune de ses idées. Les dernières journées sont un véritable calvaire : au cours d'une promenade, le compositeur est pris d'un vertige incoercible à l'idée de toute cette musique qui voudrait tant naître et qui, sans doute, ne verra jamais le jour. Avant de quitter Aussee, il fait un gros rouleau de toutes ses esquisses dont il n'ignore pas que nul autre que lui ne serait capable de les déchiffrer. Il les rangera plus tard à Vienne, dans un tiroir de son bureau, et cessera d'y penser jusqu'à l'été prochain.

L'année suivante, en 1900, Mahler a enfin décidé de s'installer définitivement avec sa famille dans un lieu calme et retiré. Son choix s'est porté sur Maiernigg, une minuscule localité de la rive sud du Wörthersee, en Carinthie. En attendant l'achèvement de sa villa, Mahler s'est déjà fait construire en pleine forêt, un Häuschen réservé à la composition. Mais il arrive cette fois complètement épuisé par la saison de l'Opéra et par les concerts qu'il a donné à Paris, à l'Exposition Internationale, avec la Philharmonie de Vienne. Une fois de plus, il va donc passer de longues journées dans l'angoisse et la stérilité la plus complète. Il se plaint déjà d'avoir définitivement gâché sa vie en devenant chef d'orchestre et cite l'exemple des grands compositeurs du passé qui, à son âge, avaient déjà achevé la majeure partie de leur œuvre. C'est dans la douleur qu'il se remet au travail, se plaignant sans cesse du moindre bruit, des oiseaux qui font leur nid dans le toit du Häuschen, des rumeurs qui lui parviennent depuis l'autre rive du lac et de tout ce qu'il nomme la "barbarie du monde extérieur ". Malgré tout, lorsqu'il se replonge enfin dans les esquisses de l'année précédente, il s'aperçoit avec stupeur que, durant sa longue inactivité créatrice, un "second moi" inconscient a travaillé à son insu. La tâche est ainsi bien plus avancée qu'elle ne l'était au moment où il l'a interrompue l'année précédente. La Quatrième Symphonie pourra donc être achevée dans un temps record, à peine plus de trois semaines : Mahler met le point final au manuscrit le 6 août 1900. Fou de joie, il ne cesse pas de parler de son œuvre et de la commenter devant ses intimes en soulignant la complexité inédite de la polyphonie et l'ordonnance subtile des développements.

La Quatrième Symphonie comporte quatre mouvements:

1/Bedächtig. Nicht eilen. Recht gemächlich.
2/In gemächliger Bewegung. Ohne hast.
3/Ruhevoll (Poco adagio).
4/Sehr behaglich. [Texte de "Des Knabenwunderhorn"].


Les premières auditions :

La Quatrième Symphonie fut créée à Munich le 25 novembre 1901, sous la direction du compositeur. Le public, qui attendait de ce créateur épris de monumentalité, une autre œuvre titanesque, une nouvelle Deuxième, n'en voulut pas croire ses oreilles. Ils prirent cette innocence et cette naïveté pour une nouvelle pose, une affectation de plus, voire une coupable mystification. On siffla donc copieusement. Immédiatement après, Weingartner dirigea l'ouvrage à Francfort, à Nuremberg (où il se déclara malade et ne dirigea que le finale), puis à Karlsruhe et à Stuttgart. Mahler conduisit lui-même les premières de Berlin et de Vienne. Partout, on allait l'accuser de "poser des énigmes insolubles" , de "se divertir en se servant de matériaux sonores étrangers à sa nature", de "prendre plaisir à casser les oreilles de son public avec d'atroces, d'inimaginables cacophonies", ou bien de ne savoir écrire qu'une musique plate et sans esprit, sans style et sans mélodie, artificielle et hystérique, bref, un "pot-pourri de variétés symphoniques".
La Quatrième Symphonie a pourtant trouvé, avant ses soeurs, une place solide et stable au répertoire international des concerts et elle est la symphonie de Mahler qui a le plus été enregistrée, après la Première Symphonie.

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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:15

-Symphonie n°5 :


La composition :

Dans la nuit du 24 au 25 février 1901, Mahler faillit mourir d'une très grave hémorragie intestinale. Les médecins lui avouèrent le lendemain qu'il ne devait la vie qu'à leur intervention rapide. Ainsi s'explique sans doute le caractère presque exclusivement funèbre ou désespéré des musiques qu'il compose pendant l'été suivant: quatre Rückert Lieder, trois Kindertoten Lieder, ainsi que les premiers mouvements de la Cinquième Symphonie. Seul fait exception le premier en date des cinq mouvements, le Scherzo, que l'on peut interpréter comme un nouveau Dankgesang eines Genesenen [Chant de reconnaissance d'un convalescent], à la manière du Largo du 15ème Quatuor de Beethoven. En effet, il s'agit chez Mahler d'un des rares moments d'optimisme total et d'une musique qui, toute entière, respire le bonheur et la joie de vivre. En revanche, rien n'est plus sombre, plus désespéré, que les deux premiers mouvements dont tout porte à croire que Mahler les a au moins esquissés au cours du même été. L'année suivante, Mahler complète la Symphonie avec une dernière "partie" comprenant le célèbre Adagietto et le Rondo Finale. Il innove ainsi une architecture qu'il réutilisera à peu de choses près dans la Septième Symphonie. Jamais, cependant, il ne lui arrivera de faire comme ici du Scherzo le véritable noyau, le centre de l'ouvrage. Et jamais d'ailleurs, il n'en composera une autre, aussi vaste, aussi complexe et aussi polyphonique.
Lorsque Mahler revient à Maiernigg à la fin de juin 1902, il commence une nouvelle vie. En effet, il et accompagné de sa jeune et radieuse épouse, Alma, qui désormais remplace sa sœur Justi comme maîtresse de maison. Alma est musicienne, elle a composé, elle joue fort bien du piano et mettra bientôt le métier qu'elle s'est acquis au service de son époux, en passant de longues heures à copier la partition de la nouvelle symphonie. Enfermé dans son Häuschen, son studio isolé au cœur de la forêt, Mahler n'en redescend en général que très tard pour prendre un bain dans le lac avant de déjeuner. Il ne tient pas son épouse au courant de son travail créateur, mais compose en secret pour elle un Lied, Liebst du um Schönheit, qui est l'une des plus belles déclarations d'amour jamais dédiées par un compositeur à sa compagne.

Le 24 août, trois jours avant de repartir pour Vienne, Mahler écrit à deux de ses amis pour leur annoncer l'achèvement de son œuvre. C'est alors qu'il choisit de partager avec Alma le bonheur du travail accompli. "Presque solennellement", il la prend par le bras pour monter au Häuschen, où il lui joue au piano la symphonie toute entière. Alma se déclare conquise par l'ensemble, tout en contestant l'apothéose finale, le Choral de cuivres, qui lui paraît "ecclésiastique et inintéressant". Mahler lui cite alors l'exemple de Bruckner et de ses apothéoses en forme de Chorals, mais renonce à lui dévoiler toute l'ambiguïté de ce triomphe, qui reproduit note pour note l'un des fragments mélodiques lancés avec humour et désinvolture par la clarinette dans les premières mesures du Rondo.

Pendant l'hiver, Mahler met comme toujours au point les détails de sa partition, dont il n'achèvera la copie définitive qu'à l'automne de 1903, après que son épouse a terminé la sienne. Mais l'histoire de la Cinquième ne fait alors que commencer.


Les premières auditions :

L'un des plus grands éditeurs d'Allemagne, C.F. Peters propose d'éditer la symphonie, phénomène entièrement nouveau dans la carrière de Mahler et le chef titulaire des célèbres Gürzenich Konzerte de Cologne a décidé de faire de la création de la Cinquième l'événement marquant de la saison 1904/5. Malheureusement, dès la répétition de lecture qui a lieu en septembre 1904, un mois avant la première avec la Philharmonie de Vienne, Mahler a été saisi de doutes sur l'efficacité de son instrumentation et Alma a confirmé ses inquiétudes en lui déclarant : "Mais c'est une symphonie pour percussions que tu as écrite!" Pour la première fois en effet, la maîtrise absolue qu'il s'est acquise dans le domaine de l'orchestre a été prise en défaut par l'évolution de son style, lorsqu'il s'est agi de faire régner la clarté dans un tissu polyphonique plus serré que jamais. C'est alors que débute l'interminable chronique des différentes versions de la Cinquième. Bruno Walter affirmera plus tard que la somme versée à Mahler à titre d'avance par Peters a été entièrement consacrée à réviser et à corriger sans relâche la partition déjà imprimée. La dernière version date de 1909 mais Peters ne la publiera jamais, malgré la promesse faite à Mahler peu avant sa mort, et elle ne sera imprimée qu'en 1964. En fait le directeur de la firme, Henri Hinrischen, est complètement découragé par les échecs de l'ouvrage et par les sommes qu'il lui a coûtées. Il finira même par avouer à Arnold Schönberg qu'il songe à détruire les plaques ayant servi à l'impression. La violente réaction du jeune compositeur, nous la connaissons bien, puisqu'il s'agit du vaste et superbe article qu'il va consacrer en 1912 à son illustre aîné.
La première audition de la Cinquième a donc eu lieu à Cologne le 18 octobre 1904 par l'orchestre Philharmonique de Cologne sous la direction de Mahler. Deux ans après son premier triomphe de compositeur, avec la Troisième Symphonie en 1902, Mahler jouit enfin d'une réelle célébrité en Allemagne. Et pourtant, ni le public, ni la critique, ne semblent encore prêts à le suivre dans son évolution créatrice. De nombreux sifflets se mêlent aux applaudissements et la presse se déchaîne dès le lendemain. Un an plus tard, lors de la création viennoise, le redoutable Robert Hirschfeld, le plus virulent et le plus anti-mahlérien des critiques viennois, traite le compositeur de "Meyerbeer de la symphonie". Bien sûr il reconnaît que les applaudissements ont été nourris, mais il s'indigne aussitôt du mauvais goût des viennois qui, non contents de s'intéresser aux "anomalies de la nature", n'ont plus maintenant d'oreilles que pour les "anomalies de l'esprit".

La Cinquième Symphonie de Gustav Mahler, comporte cinq mouvements:

1/Im gemessenen Schritt. Streng. Wie ein Kondukt.
2/Stürmisch bewegt. Mit grösster Vehemenz.
3/Scherzo : Kräftig, nicht zu schnell.
4/Adagietto (Sehr langsam).
5/Rondo Finale (Allegro; Allegro giocoso).

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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:19

-Symphonie n°6 dite "Tragisches" :


A partir de la Cinquième Symphonie, Mahler s'est engagé sur un chemin nouveau, en renonçant non seulement à la voix humaine, mais aussi aux programmes qu'il avait jugés utiles pour faciliter l'accès à ses oeuvres. Ainsi faut-il se fier souvent à des indices très minces pour déchiffrer le sens, le "message" des trois symphonies instrumentales. Le parcours accompli par le "héros" imaginaire de la Cinquième avait paru relativement simple depuis la Marche Funèbre initiale jusqu'au joyeux Rondo-Finale : "per aspera in astra". Dans le Sixième, en revanche, la détermination, l'agressivité du premier mouvement ne font que s'accentuer dans le Finale qui malgré tout s'achève par une défaite dont rien ne vient adoucir l'amertume. Défaite, amertume qui d'ailleurs surprennent d'autant plus que rien, dans la vie de Mahler à cette époque, ne paraît justifier un si noir pessimisme.


La composition :

En 1903, l'année où il met en chantier la Sixième, Mahler a réussi à imposer définitivement son autorité et ses conceptions originales à l'Opéra de Vienne en amorçant sa longue collaboration avec le grand peintre-décorateur Alfred Roller. Comme compositeur, il commence enfin à être reconnu et vient de trouver pour ses oeuvres un éditeur, C.F. Peters, l'un des plus célèbres d'Allemagne. Malheureusement, on dispose de peu de renseignements sur la composition proprement dite de la Sixième car, au contraire de Nathalie Bauer-Lechner, Alma n'a jamais été un témoin très scrupuleux de la vie créatrice de son époux. On sait seulement que Mahler, jeune marié et désormais père d'une petite fille, est arrivé à Maiernigg le 10 juin 1903 et qu'il s'est mis presque aussitôt au travail. Alma raconte qu'il est un jour descendu du Häuschen et lui a dit: "J'ai essayé de te représenter dans un thème. Je ne sais pas si j'ai réussi, mais il faudra bien que tu t'en contentes !" Il s'agit du second élément, majeur, du premier mouvement, un des seuls gestes résolument "positifs" de l'ouvrage. Un thème ascendant, puis descendant, énergique et volontaire, au dessus duquel Mahler a noté dans la partition : "Schwungvoll" (avec élan). Le 20 juillet, selon son habitude lorsqu'il a terminé une partie de son travail, et ressent le besoin de prendre quelque distance, Mahler quitte Maiernigg pour entreprendre un court voyage en train dans les Dolomites, emmenant avec lui sa bicyclette. Cinq semaines plus tard, lorsqu'il reprendra le chemin de Vienne, il aura achevé la Particell des deux mouvements intermédiaires, et vraisemblablement esquissé le premier.
Au début de l'été suivant, l'arrivée d'Alma à Maiernigg est retardée de plus de quinze jours parce qu'elle est souffrante à la suite de la naissance de sa seconde fille, Anna surnommée Gucki. En ce mois de juin 1904, ciel et terre semblent s'être ligués contre Mahler pour l'empêcher de reprendre son travail. Le climat du Wörthersee est exécrable pendant ces longues journées de solitude et d'oisiveté forcée : ciels chargés, orages et pluies torrentielles. Mahler lit Dorian Gray d'Oscar Wilde et les sinistres Confessions de Tolstoi, il déchiffre Brahms et Bruckner au piano. Tous les livres et toutes les musiques qu'il lit le déçoivent, mais sa propre stérilité l'accable plus encore. Lorsqu'il se remet enfin à composer, c'est pour achever le cycle des Kindertotenlieder. Le temps passe et le compositeur de la Sixième n'a toujours pas avancé d'un pouce, tout au moins consciemment. L'angoisse souvent ressentie d'un tarissement de sa source créatrice l'obsède, tandis qu'il s'efforce de "rassembler les fragments épars de son moi intérieur". Au début de juillet, le temps s'est rétabli, mais du coup, la chaleur est devenue insupportable. N'y tenant plus, Mahler se récompense de l'achèvement de son cycle de Lieder, en s'offrant une "excursion éclair" dans les Dolomites, juste avant l'arrivée d'Alma. Et c'est dans les paysages fantastiques des Sextener Dolomiten qu'il retrouve enfin l'élan intérieur, l'inspiration qui lui permettront de terminer la nouvelle symphonie.

Lorsque, à la fin d'Août, Mahler s'apprête à regagner Vienne, il annonce l'achèvement de la Sixième à ses amis Guido Adler et Bruno Walter en quelques phrases brèves, mais lourdes d'une fierté évidente. Pourtant, il ne se fait déjà aucune illusion sur l'avenir de sa nouvelle œuvre qui aura autant de mal à s'imposer que les précédentes. "Ma Sixième va poser à l'avenir des énigmes que seule pourra tenter de résoudre la génération aui aura avalé et digéré les cinq premières". Aussitôt l'œuvre terminée, il prend solennellement le bras d'Alma et monte avec elle au Häuschen pour la lui jouer. Elle affirme avoir été émue jusqu'au fond de l'âme par cette partition, la plus "foncièrement personnelle" de toutes, celle "qui a jailli le plus directement de son coeur".

Une jeune amie d'Alma a laissé un témoignage très détaillé sur la vie estivale de Maiernigg en 1904. Mahler joue Bach au piano, il récite pour ses proches des poèmes de Goethe, il se promène en barque sur le lac. C'est donc en apparence l'été le plus harmonieux de tous ceux qu'il a passés en Carinthie. Comment donc expliquer que ce soit celui-même où il a composé la plus tragique de toutes ses oeuvres? Selon Alma, il aurait reconnu plus tard dans les trois coups de marteau du Finale un signe prémonitoire des trois blessures que le destin allait lui infliger en 1907 : la mort de sa fille aînée, le diagnostic d'insuffisance cardiaque et le départ de Vienne. Quoi qu'il en soit, aucune de ces catastrophes ne s'est encore produite lorsque deux ans plus tard, au mois de mai 1906, Mahler se rend à Essen, dans la Ruhr, pour diriger la création de la nouvelle Symphonie au Festival de l'Allgemeiner Deutscher Musikverein. Et pourtant, Alma décrit son état presque pathologique pendant les répétitions, son inquiétude, sa nervosité, sa tristesse, son instabilité, les doutes qui ne cessent de l'assaillir et de le torturer. Tous les jeunes musiciens réunis autour de lui s'efforcent de l'entourer, de le conseiller et de le soutenir pendant les répétitions. Plus encore que d'habitude, il polit et corrige sans relâche les détails de l'orchestration. A en croire Alma, il dirige "presque mal" la première audition, "parce qu'il a honte de sa propre émotion et craint qu'elle ne le submerge pendant l'exécution". Après le concert, le chef hollandais Willem Mengelberg s'inquiète de son état. Tout se passe comme si l'œuvre maléfique n'inspirait que terreur à son créateur.

La Sixième Symphonie de Gustav Mahler comporte quatre mouvements:

1/Allegro energico, ma non troppo. Heftig, aber markig.
2/Scherzo : Wuchtig.
3/Andante moderato.
4/Finale: Sostenuto; Allegro moderato; Schwer; Marcato; Allegro energico.



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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:19

C'est une histoire d'amour entre toi et Malher ma parole. Laughing
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:21

oui sans fin I love you
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:24

Bertrand a écrit:
oui sans fin I love you

Tu n'as plus qu'à séduire une de ses descendantes. Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:35

-Symphonie n°7 "Nachtlied" :


Dans la trilogie constituée par les trois symphonies instrumentales, la Septième constitue un cas particulier, un cas extrême, le point le plus avancé du modernisme de Mahler. Au premier abord, on a peine à y déceler la moindre ligne conductrice, la moindre unité d'intention qui puisse entièrement justifier la réunion de cinq morceaux aussi disparates. Ce compositeur qui jamais ne recula devant l'excès, atteint ici l'extrême pointe de son évolution, avec un premier mouvement qui est le plus moderne de toute son œuvre ; avec ensuite un morceau qui mêle toutes les réminiscences et tous les symboles dans son évocation d'un passé romantique (première Nachtmusik) ; avec le plus démoniaque et le plus terrifiant de tous ses Scherzos ; et avec la plus "faussement innocente" de ses idylles symphoniques (seconde Nachtmusik) ; et enfin avec le plus dément, le plus "dévié", le plus "fêlé", le plus provocant de tous ses Finales.


La Composition :

Si la Septième Symphonie est moins unitaire que les autres, c'est peut-être parce que les mouvements secondaires, les deux Nachtmusiken ont été écrits avant les trois autres. En 1904, Mahler s'est donné pour tâche d'achever pendant l'été la Sixième Symphonie mais, comme cela lui est déjà arrivé si souvent en quittant Vienne et son activité d'interprète, il s'est torturé pendant plusieurs jours avant de trouver l'inspiration nécessaire. Désespérant de lui même et de son destin de créateur, il a, comme d'habitude en pareil cas, quitté sa table de travail pour faire une excursion dans le Tyrol du Sud, à Toblach, d'où il a pris la route qui monte au Lac de Misurina. C'est là peut-être, tandis qu'il cherche vainement l'inspiration pour son Finale, que lui sont venus à l'esprit les thèmes des deux mouvements nocturnes, parmi les idées "parasites" qu'il a l'habitude de noter aussitôt dans un carnet lorsqu'elles ne s'insèrent pas dans l'œuvre en chantier. Nous n'en savons pas plus sur le travail de cet été sinon que, à la fin d'Août, il aura achevé, non seulement la Sixième Symphonie, mais aussi l'esquisse complète des deux Nachtmusiken. Notons au passage qu'il s'agit d'un phénomène unique dans sa vie créatrice : jamais auparavant on ne l'avait vu travailler simultanément sur deux ouvrages différents.
Un an plus tard, en 1905, Mahler regagne Maiernigg après une autre saison épuisante à l'Opéra de Vienne. Et de nouveau, il va se torturer pendant dix jours, du 15 au 25 juin, sans trouver l'inspiration nécessaire aux autres mouvements de son ouvrage et surtout au premier. Une nouvelle excursion dans le Tyrol du Sud lui paraît s'imposer et, pendant deux heures et demie, il y fait au pas de course le tour d'un des lacs de la région. Il est d'humeur exécrable, non seulement à cause de la migraine qui ne le quitte pas, mais parce que c'est la Fête-Dieu et que l'auberge où il s'est installé est pleine à craquer et terriblement bruyante. Pour une fois, les fabuleux paysages n'arrivent pas à le tirer de son marasme. "Comme tu dois t'en souvenir, écrira-t-il à Alma quelques années plus tard, je me suis torturé jusqu'à la folie... jusqu'à mon excursion dans les Dolomites ! Mêmes tortures là bas. Si bien que je me suis décidé à tout abandonner et à repartir, convaincu que tout l'été était perdu. A Krumpendorf, où tu ne m'attendais pas, car je ne t'avais pas prévenue de mon arrivée, je suis monté en bateau pour traverser le lac. Dès le premier coup de rame, l'idée m'est venue du thème (ou plutôt du rythme, de l'atmosphère) de l'introduction du premier mouvement. En quatre semaines, les premier, troisième et cinquième mouvement étaient entièrement terminés."

Dans cette précieuse lettre de juin 1910, Mahler a voulu rappeler à son épouse son incapacité d'écrire de la musique "sur commande". En 1905, et pour ce qui est de la Septième Symphonie, la rame magique du batelier a donc mis fin à sa malédiction annuelle. Dès le 15 août, il pourra écrire (en latin) à son ami Guido Adler pour lui annoncer l'achèvement de la Septième et fera de même quatre jours plus tard dans une carte à Richard Strauss. Pour ce qui est de l'édition et de sa création, il déclare qu'il attendra aussi longtemps qu'il le faudra, mais il faut bien reconnaître que cette patience lui a été imposée par les événements. En effet, la première audition de la Sixième a été moins bien accueillie encore que celle de la Cinquième, de sorte que, à quelques semaines de la création de la Septième, prévue pour le mois de septembre 1908, Mahler se trouve sans éditeur. Il lui faut donc se résigner à faire copier à ses frais le matériel d'orchestre et à entreprendre des démarches bien humiliantes pour un compositeur de son âge et de sa notoriété. La petite firme leipzigoise Lauterbach & Kühn (qui sera bientôt rachetée par l'éditeur berlinois Bote & Bock) finira enfin par accepter sa proposition et la partition sera publiée dans le courant de 1910.


La Première Audition :

Le choix de Prague et le cadre agité d'une exposition célébrant le jubilé de l'Empereur était peut-être hasardeux pour la première audition de sa nouvelle symphonie, mais Mahler n'aura pas à le regretter à cause du zèle des membres de l'orchestre et de l'enthousiasme inépuisable des musiciens tchèques et allemands réunis à Prague pour l'occasion. On lui a d'ailleurs accordé près de deux semaines de répétitions qu'il n'eut certes pas obtenues ailleurs. Le souvenir de ces journées de travail ne quittera jamais les nombreux amis et disciples qui l'entourent, notamment Bruno Walter, Artur Bodansky, Otto Klemperer et Ossip Gabrilowitsch, puis Alexander von Zemlinsky, Alban Berg, Oskar Fried, Klaus Prindsheim, etc. La plupart s'accordent à reconnaître que l'atmosphère des répétitions fut harmonieuse, mais que la Septième a été applaudie le soir de la première avec plus de respect que de chaleur. A quelques exceptions près, la presse tchèque, comme ensuite la presse autrichienne, s'expriment en généralités courtoises, qui dissimulent mal son manque d'enthousiasme. Bien sûr on n'accuse plus Mahler d'impuissance créatrice, mais on s'étonne tout de même de trouver tant de "banalités" et de matériaux d'origine populaire dans une œuvre aussi sérieuse. Dans l'ensemble, la Sérénade suscite quelques commentaires plus admiratifs. La Septième mettra bien des années avant d'être vraiment acceptée. Elle est la symphonie qui a été la plus tardivement enregistrée en studio (1953) et elle reste aujourd'hui encore, la moins populaire des symphonies de Mahler.

La Septième Symphonie de Gustav Mahler comporte cinq mouvements:

1/Scherzo : Langsam. Allegro risoluto, ma non troppo.
2/Nachtmusik : Allegro moderato. Molto moderato.
3/Scherzo. Schattenhaft. Fliessend aber nicht schnell.
4/Nachtmusik: andante amoroso. Mit Aufschwung.
5/Rondo Finale. Allegro ordinario.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:40

-Symphonie n°8 dite "der Tausend"


La Première Audition :

19 heures 30, Munich, le 12 septembre 1910. Tout en verre et en acier, l'immense et nouvelle salle de concert de l'Exposition Internationale est déjà pleine à craquer. Trois mille quatre cents auditeurs y sont entassés devant huit cent cinquante choristes habillés de noir et de blanc (cinq cents adultes et trois cent cinquante enfants) qui ont pris place sur l'immense estrade aménagée pour l'occasion, serrés autour de l'orchestre, l'un des plus vastes jamais réunis depuis la création du célèbre Requiem de Berlioz, en l'occurrence cent quarante six musiciens, auxquels s'ajoutent les huit solistes vocaux, plus huit trompettes et trois trombones à l'autre bout de la salle.

C'est la première impatiemment attendue de la Huitième Symphonie de Mahler. Dans la salle on reconnaît un grand nombre de visages célèbres. Outre la famille régnante de Bavière au grand complet, il y a aussi quelques princes de l'art contemporain, les compositeurs Richard Strauss, Max Reger, Camille Saint-Saens, Alfredo Casella, les écrivains Gerhard Hauptmann, Stefan Zweig, Emil Ludwig, Hermann Bahr et Arthur Schnitzler, les chefs d'orchestre Bruno Walter, Oskar Fried et Franz Schalk, le metteur en scène le plus illustre du moment Max Reinhardt, etc. etc. Tous les musiciens feuillettent déjà fiévreusement leurs partitions tandis que les autres ne sont là que pour assouvir leur curiosité.



Répetitions de la 8ème à Munich

A huit heures moins le quart, très précises, Mahler entre en scène, mince et pâle. Il traverse rapidement la foule d'interprètes. Il "enjambe le podium", écrit William Ritter, qui est un témoin fidèle et assidu de la vie de Mahler à cette époque, "et aussitôt il inspire confiance : grand calme et absolue simplicité, l'homme sûr de lui même et dénué de tout charlatanisme. "
Comme elles sont lointaines et dérisoires, l'agitation des journées précédentes, la fracassante entreprise publicitaire de l'impresario Emil Guttmann autour de la "Symphonie des mille" -cette campagne extravagante que Mahler a jugée digne de "Barnum et Bailey"-, les photographies du héros en vente partout, les affiches géantes sur lesquelles on lit son nom en lettres démesurées, et même oui, les semaines de répétitions avec les chorales de Leipzig et de Vienne... celui de la "naissance sonore" de cette "Messe" solennelle du temps présent qu'est pour lui la Huitième Symphonie. Mahler ne répond pas aux applaudissements qui l'accueillent. "Tout à son travail, il ne s'incline même pas. Pendant deux secondes, on voit la lumière se réfléchir en éclairs dans ses lunettes et on croit entrevoir au vol une tête de mathématicien religieux. Les lumières de la salle baissent aussitôt. Alors les choeurs et l'orchestre resplendissent dans la pleine lumière des projecteurs." Au moment même où il va livrer au public "l'œuvre la plus importante que j'aie jamais composée", une œuvre "dont le contenu et la forme sont si nouveaux que j'ai de la peine même à en parler", une œuvre où l'on entend "non pas des voix humaines, mais les chants des planètes et des soleils qui tournent dans l'espace", une symphonie "dispensatrice de joie", les oeuvres "tragiques et subjectives" qu'il a écrites auparavant ne lui semblent que simples "préludes".



Mahler et ses "fidèles "dans les rues de Munich (1910)

La Composition :

Au moment de déchaîner toutes les forces chorales et orchestrales qu'il a accumulées jusqu'ici, Mahler se souvient-il de ce jour de juillet 1906, où il est entré dans son Häuschen, perdu au plus secret de la forêt carinthienne? Car c'est là qu'il a été comme "terrassé" par l'inspiration, là que les paroles flamboyantes de l'hymne de Pentecôte se sont imposées à lui dans toute leur puissance irrésistible. Ce jour là, les trois mots magiques "Veni Creator Spiritus" sont venus comme par miracle abolir l'angoisse qui, chaque année, l'assaille lorsqu'il veut renouer le fil de sa création musicale après onze mois d'hyperactivité théâtrale à l'Opéra de Vienne. Et, ce jour là aussi, l'ouvrage entier a pris forme en quelques éclairs fulgurants. Il note avec fièvre :

Hymne : Veni Creator
Scherzo
Adagio
Hymne : Die geburt des Eros (Naissance de l'Eros)

Sans doute le même jour, il esquisse encore, sur trois portées, le thème de la "Naissance de l'Eros", devenue maintenant "Création par l'Eros".

Comme toujours, le projet initial ne se précise que progressivement. Le thème déjà noté pour le Finale ne comportait pas de paroles, mais Mahler s'aperçoit que celles du "Veni Creator", qu'il veut utiliser pour le premier mouvement, s'y adaptent parfaitement. Cette même coïncidence s'est déjà produite plusieurs fois dans sa vie et il y voit toujours un signe mystérieux venu d'ailleurs, une sorte d'Annonciation mystique dont l'étrangeté est finalement inhérente à l'acte créateur. Un autre événement du même ordre va définitivement le persuader qu'il est cette fois le porte-parole des forces qui le dépassent. De l'hymne latin de Hrabanus Maurus, archevêque de Mayence au IXème siècle, Mahler ne se souvient que partiellement. Bientôt, l'agitation créatrice qui le dévore, "le soulève et le fouette pendant huit semaines" est si vorace que le texte manque pour l'alimenter. Mahler ne possède, comme source écrite, qu'un vieux Missel trouvé peut-être à Klagenfurt. Il câble à Vienne pour qu'on lui télégraphie le texte complet. En attendant, il continue à composer et il aura même presque achevé le mouvement lorsque lui arrive enfin le surprenant télégramme. Fierté et satisfaction: il constate que les versets manquants s'adaptent parfaitement à la métrique et au caractère du texte musical déjà composé. Une fois de plus, il semble à Mahler n'avoir été qu'un "instrument dont joue l'univers".
Mais comment trouver maintenant un autre texte qui puisse prolonger celui-ci et répondre à la brûlante "invocation au génie" de Veni Creator? Comment faire du second mouvement le digne pendant et l'aboutissement naturel du premier qui est nourri de l'hymne grandiose? Lui faudra-t-il, comme pour la Deuxième Symphonie, passer en revue pendant de longues semaines toutes les littératures, pour composer enfin lui même le texte tant souhaité? Cette fois-ci, heureusement, Mahler n'hésite pas longtemps. Goethe, le poète qu'il vénère et chérit le plus n'a-t-il pas traduit à la fin de sa vie en vers allemands ce même Veni Creator? C'est dans son œuvre aussi que Mahler découvre le support poétique de son immense Finale, faisant ainsi pour la première fois de sa vie exception à la règle qu'il s'est imposée de ne jamais mettre en musique de poèmes trop accomplis, car ils se suffisent à eux-mêmes. Cette fois, Goethe l'a mis sur la voie en donnant à la scène Finale du second Faust la forme d'une cantate sans musique, d'un oratorio imaginaire avec soli et choeurs, en donnant forme à une vision poétique si vaste, si générale et si universelle que seule la musique peut répondre à sa mesure? Schumann a déjà mis en musique la scène tout entière et Liszt le "Chorus Mysticus" final, mais Mahler lui, va en faire une partie intégrante du vaste organisme symphonique et reprendre tous les motifs du Veni Creator initial pour faire de la scène goethéenne l'affirmation tranquille et sublimée de ses croyances les plus profondes.

La Huitième Symphonie de Gustav Mahler comporte deux parties:

1/Erster Teil. [Première Partie.]: Hymnus: Veni, Creator Spiritus, Allegro Impetuoso
2/Zweiter Teil. [Deuxième Partie.]: Schluss Szene aus "Faust" [Scène Finale de "Faust"] Poco Adagio, etwas bewegter

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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:49

-Symphonie n°9 :

Theodor Adorno a reconnu en Mahler "le premier compositeur depuis Beethoven qui ait eu un dernier style". Est-ce la raison pour laquelle certains auteurs estiment encore que, dans la Neuvième Symphonie, Mahler a pour ainsi dire mis en musique sa propre mort et qu'il était, en 1909, ce grand malade que l'on décrit toujours comme hanté par le spectre d'une fin prochaine. En fait, à quarante neuf ans, Mahler débordait encore -et plus que jamais- d'énergie. Chaque année, il traversait l'Atlantique pour diriger de longues saisons d'opéras et de concerts aux Etats-Unis. Une bonne partie de l'été 1909, celui qui a vu naître la Neuvième, il le consacre à lire des partitions pour préparer la première saison des Concerts philharmoniques de New York, pendant laquelle il dirigera quelque soixante programmes, sans compter les répétitions. N'est-ce pas là tout de même un emploi du temps bien chargé pour un mourant?
Et pourtant, on est obligé de reconnaître que la Neuvième Symphonie, comme Le Chant de la Terre qui l'a précédée, est née sous le signe de la mort. Mais on n'a pas à chercher bien loin pour retrouver la mort dans le passé de Mahler. Dès son enfance, celle de sept frères et soeurs en bas âge, pour n'être pas tellement exceptionnelle à l'époque, ne l'a pas moins durement éprouvé, en même temps qu'il assombrissait sans cesse le climat de la maison familiale. En 1901, une grave hémorragie l'a mené jusqu'au bord du tombeau et les oeuvres qu'il composera l'été suivant avaient presque toutes un caractère funèbre.


La Composition :

Quoiqu'il en soit, c'est en 1907 que Mahler va subir les plus grands traumatismes de son existence. Au cours de cette année-là, il va successivement quitter l'Opéra de Vienne, auquel il a donné le meilleur de lui-même pendant dix ans, perdre au début de l'été sa fille aînée, une enfant radieuse de quatre ans à laquelle il était viscéralement attaché. A peine quelques jours plus tard, un médecin décèle en l'auscultant un souffle au cœur et diagnostique une "insuffisance mitrale". Sans doute sous l'influence d'Alma que ses excès de travail inquiètent, les spécialistes viennois lui font peur: on lui ordonne désormais de renoncer à ses sports préférés, ce qu'il fera pendant plusieurs mois et d'une manière presque obsessive, comptant chacun de ses pas, vivant comme un malade et s'allongeant même entre les répétitions du Metropolitan Opera.

Un an plus tard, cependant, la vie reprendra le dessus. Alma a loué à la fin du printemps deux étages d'une grande maison située à quelques trois kilomètres de Toblach, à Alt-Schluderbach, et elle a fait construire pour son époux un Komponierhäuschen en bois, puis, au début de l'été, a entrepris une cure pour ses nerfs à Levico près de Trente. Les quelques semaines passées dans la solitude de son petit studio perdu au milieu des sapins vont rendre à Mahler son équilibre. Car il unit à l'hypersensibilité des génies un indomptable courage qui lui a permis d'affronter toutes les crises et de surmonter tous les chagrins. A Bruno Walter qui s'est enquis de lui et l'a cru atteint de maux psychosomatiques, il répond, avec une nuance d'agacement d'ailleurs: "retrouver le chemin de moi-même et reprendre conscience ne m'est possible qu'ici et dans la solitude. Car depuis que m'a saisi cette terreur panique à laquelle j'ai un jour succombé, je n'ai rien tenté d'autre que de regarder et d'écouter autour de moi. Si je dois retrouver le chemin de moi-même, alors il faut que je me livre encore aux terreurs de la solitude.(...) En tout cas, il ne s'agit absolument pas d'une crise hypocondriaque de la mort, comme vous avez l'air de le croire. J'ai toujours su que j'étais mortel. Sans essayer de vous expliquer ni de vous décrire quelque chose pour quoi il n'existe sans doute pas de mots, je vous dirai que j'ai perdu d'un seul coup toute la lumière et toute la sérénité que je m'étais conquises et que je me trouve devant le vide, comme si, à la fin de ma vie, il me fallait apprendre de nouveau à me tenir debout et à marcher comme un enfant."

La raison profonde de cette panique qui l'a saisi, Mahler la fournit à Bruno Walter dans la même lettre: il a dû renoncer à tous ses sports favoris, la nage, la rame, les excursions en montagne et à bicyclette: "Je prétendsque c'est la plus grande calamité qui m'ait jamais atteint. (...) En ce qui concerne mon "Travail", il est assez déprimant de devoir tout réapprendre. Je suis incapable de composer à ma table. Pour mon "exercice" intérieur, j'ai besoin d'exercice physique. (...) Si je marche d'un pas tranquille et modéré, je rentre ensuite avec une telle angoisse, mon pouls s'accélère à tel point que je n'atteins nullement le but que je m'étais assigné, qui était d'oublier mon corps. (...) Depuis bien des années, je m'étais habitué aux exercices les plus violents, courir les forêts, escalader les cimes, pour en rapporter des esquisses [musicales] tel un butin conquis de haute lutte. Je ne revenais à ma table de travail que comme un paysan qui rentre sa récolte, uniquement pour donner à mes esquisses une forme."

Peu à peu, cependant, le miracle va se produire. Et c'est en composant que Mahler "retrouve le chemin de moi-même". La première œuvre achevée, quinze mois après la mort de la petite Maria, est Le Chant de la Terre, une œuvre hybride qui tient à la fois de la symphonie et du cycle de Lieder. Elle ne porte pas au début de sous-titre. C'est à New York, et sans doute pendant l'hiver 1908-1909, que Mahler note enfin sur un feuillet: "Le Chant de la Terre, tiré du chinois" et plus bas, "Neuvième Symphonie en quatre mouvements". Pour Beethoven, pour Schubert et pour Bruckner, le chiffre neuf s'était avéré fatal. Mahler, lui, voudra tromper le destin: sa Neuvième sera en réalité sa Dixième et le cap redoutable sera franchi sans provoquer vraiment le sort. Pendant tout l'été de 1910, il travaillera avec une sorte de rage à sa Dixième, sans doute à nouveau pour conjurer le destin qui se vengera en lui interdisant, à quelques semaines près, de la terminer.

Mais revenons à 1909. Une fois le style et le ton de sa "dernière manière" trouvés l'année précédente dans Le Chant de la Terre, Mahler poursuit sur sa lancée et entame immédiatement la composition de la Neuvième. Sans doute esquissé -au moins en partie- durant l'été de 1908, l'ouvrage est achevé l'année suivante. Dans la correspondance de Mahler, un silence presque complet règne sur son activité créatrice de l'été 1909, comme si le compositeur voulait minimiser l'importance de cette nouvelle partition qui porte un chiffre fatidique. "J'ai beaucoup travaillé et je suis en train d'achever ma nouvelle symphonie, écrit-il à Bruno Walter. (...) L'œuvre elle-même est un heureux enrichissement de ma petite famille (pour autant que je la connaisse vraiment car j'écris jusqu'ici comme un aveugle, pour me libérer. Maintenant, je commence tout juste à orchestrer le dernier mouvement et je ne me souviens même plus du premier). Quelque chose y est dit que j'avais depuis longtemps au bord des lèvres, quelque chose que, dans l'ensemble, on pourrait mettre à côté de la Quatrième (et qui est pourtant tout à fait différent). La partition a été écrite à une vitesse folle et elle est illisible pour d'autres yeux que les miens. J'espère de tout cœur que le temps de la mettre au net me sera accordé cet hiver."
La comparaison avec la Quatrième Symphonie est pour le moins inattendue, et l'on ne voit guère que le nombre des mouvements qui soit commun aux deux partitions. Mais ce qui frappe le plus dans ces lignes, c'est l'extrême réserve de Mahler en comparaison des termes exaltés dans lesquels il parlait autrefois de la Troisième ou de la Huitième Symphonies, par exemple, pendant leur composition et de nouveau, après leur achèvement. Mais il sait bien qu'il est devenu un homme nouveau: "Sur moi-même, il y aurait trop à écrire pour que j'essaye seulement de commencer. J'ai vécu depuis un an et demi tant d'expériences nouvelles que je suis incapable d'en parler. Est-il tout simplement possible de décrire une crise aussi terrible? Je vois tout sous un jour nouveau et mon évolution est tellement rapide! Je ne m'étonnerais même pas si, un matin, je m'éveillais avec un corps nouveau (comme Faust dans la dernière scène). Plus que jamais, la soif de vivre me tient au corps, plus que jamais je trouve agréable 'la douce habitude d'exister'. (...) Comme il est absurde de se laisser submerger par les tourbillons du fleuve de l'existence! D'être infidèle ne fût-ce qu'une seule heure à soi-même et à cette puissance supérieure qui nous dépasse! Et pourtant, alors même que j'écris cela, je sais déjà que, à la prochaine occasion, et par exemple déjà en quittant cette pièce, je serai tout aussi fou que les autres. Qu'est ce donc en nous qui pense et qui agit? Comme c'est étrange! Lorsque j'écoute de la musique ou lorsque je dirige, j'entend très précisément la réponse à toutes ces questions et j'atteins alors une sécurité et une clarté absolues. Mieux, je ressens avec force qu'il n'existe même pas de questions! "

Il est donc évident que Mahler a parfaitement dominé le trouble qui a été le sien pendant les mois qui ont suivi la mort de sa fille et son départ de Vienne, et non moins certain que ces événements l'ont transformé. Dans l'Andante de la Neuvième, un ardent amour de la vie resurgit sans cesse. Alban Berg ne s'y trompe pas lorsqu'il écrit dans une de ses lettres: "Je viens de rejouer la Neuvième Symphonie de Mahler. Le premier mouvement est les plus admirable qu'il ait jamais écrit. Il exprime un amour inouï de la terre et son désir d'y vivre en paix, d'y goûter encore la nature jusqu'à son tréfonds, avant que ne survienne la mort. Car elle viendra inéluctablement. Ce mouvement tout entier en est le pressentiment. Sans cesse elle s'annonce à nouveau. Tous les rêves terrestres trouvent ici leur apogée (et c'est là la raison d'être de ces montées gigantesques qui toujours se remettent à bouillonner après chaque passage tendre et délicat), surtout à ces moments terrifiants où l'intense désir de vivre atteint à son paroxysme (Mit höchster Kraft), où la mort s'impose avec le plus de violence. Là-dessus les terrifiants solos d'altos et de violons, les sonorités martiales: la mort en habit de guerre. Alors il n'y a plus de révolte possible. Et ce qui vient ensuite ne semble que résignation, toujours avec la pensée de l'"au-delà". Dans le passage misterioso, (...) de nouveau et pour la dernière fois, Mahler se tourne vers la terre. Non plus vers les combats et les exploits dont il a définitivement pris congé (comme il l'avait déjà fait dans Das Lied avec les descentes chromatiques morendo) mais plus encore vers la nature. Aussi longtemps que la terre lui offrira ses trésors, il les goûtera. Loin de tous les soucis, dans l'air libre et pur du Semmering, il se construira une maison pour boire cet air, le plus pur des airs terrestres, à grandes lampées et toujours plus profondément, afin ainsi d'élargir sans cesse son cœur, le plus admirable des coeurs qui ait jamais battu parmi les hommes, afin que ce cœur s'agrandisse toujours, jusqu'au moment où il cessera de battre. "

La Neuvième Symphonie de Gustav Mahler comporte quatre mouvements:

1/Allegro comodo.
2/Im Tempo eines gemächlichen Ländlers. Etwas täppisch und sehr derb.
3/Rondo-Burleske. (Allegro assai. Sehr trotzig)
4/Adagio. (Sehr langsam und noch zurückhaltend)

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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 0:52

-Symphonie n°10 :


La Composition :

Lorsque Mahler meurt à Vienne, à l'âge de 51 ans, le 18 mai 1911, le bruit se répand aussitôt qu'il a laissé plusieurs ouvrages posthumes. Deux d'entre eux, la Neuvième Symphonie et le Chant de la Terre, vont être exécutés dans les mois qui viennent. Mais le mystère planera pendant plusieurs années sur la Dixième Symphonie dont on sait seulement qu'elle est inachevée, bien que Mahler y ait travaillé pendant tout l'été de 1910. Quelques uns des intimes de Mahler, et en particulier Bruno Walter, affirment qu'il a exigé avant de mourir la destruction des esquisses. C'est très probable, en effet, car toute sa vie durant, Mahler n'a jamais accepté de parler d'aucune de ses oeuvres, ni d'en jouer le moindre passage, avant qu'elle ne soit entièrement terminée.
Pourtant on doit une véritable reconnaissance à Alma Mahler (Bruno Walter le reconnaitra lui-même plus tard) de n'avoir pas respecté le désir de son époux. Car lorsque en 1924, elle autorise l'éditeur viennois Paul Zsolnay à publier le fac-similé du manuscrit de la Dixième, le monde musical découvre avec surprise que l'ultime symphonie de Mahler a été entièrement esquissée. Par la même occasion, on prend conscience de la profonde crise psychologique que le compositeur a traversé quelques mois avant sa mort, cette crise de l'été 1910, marquée d'épisodes déchirants: la découverte par Mahler d'une liaison d'Alma avec Walter Gropius, les reproches amers de la jeune femme, le remords qui saisit Mahler d'avoir enchaîné à lui une femme qui est sa cadette de près de vingt ans, la folle passion qui s'empare de lui lorsqu'Alma décide de rester à ses côtés, la visite à Sigmund Freud...

Car tout celà, le manuscrit de la Dixième en porte la trace douloureuse, à travers les exclamations inscrites par le compositeur en plusieurs endroits de la partition, notamment à fin du troisième mouvement ("Pitié! ô Dieu! ô Dieu! Pourquoi m'as tu abandonné?"), sur la page de garde du Scherzo ("Folie, saisis le maudit que je suis! détruits moi avant que j'oublie que j existe, que je cesse d'être...") et dans le Finale ("Pour toi vivre, pour toi mourir, Almschi!"). Grâce au fac-similé, on découvre aussi que le plan général de l'ouvrage, tel qu'il semble avoir été définitivement fixé, s'apparente à celui de la Septième Symphonie et comprend cinq mouvements: deux mouvements lents encadrant deux Scherzi qui encadrent eux-même un Allegretto moderato bizarrement intitulé "Purgatorio".




Les premières auditions :

Cette instrumentation ayant été complétée par le compositeur Ernst Krenek, qui vient d'épouser Anna, la fille de Mahler, les premier et troisième mouvements de la symphonie sont créés à l'Opéra de Vienne le 14 octobre 1924 à par l'Orchestre Philharmonique sous la direction de Franck Schalk. La partition de l'Adagio, le seul mouvement de la Symphonie dont l'orchestration ait été complètement achevée par Mahler, ne sera cependant publiée qu'en 1951, avec malheureusement des erreurs qu'Alban Berg avait pourtant tenté de prévenir en corrigeant la transcription d'Ernst Krenek. Ces erreurs disparaîtront dans la nouvelle édition, publiée en 1964 par la Mahler Gesellschaft.
La première interprétation de la Version complétée par Derick Cooke a eu lieu le 19 décembre 1960 à l'occasion d'un concert radiodiffusé par la BBC.

Dans sa version complétée, la Dixième Symphonie comporte cinq mouvements:

1/Adagio
2/Scherzo. Schnelle Vierteln
3/Purgatorio. Allegretto moderato
4/Scherzo. Allegro pesante. Nicht zu schnell
5/Finale.

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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 11:20

Bertrand a écrit:
-Symphonie n°6 dite "Tragisches" :

(...)

Je vais justement écouter la 6ème à Bruxelles fin de ce mois.

Cela tombe à pic.

Merci cheers
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 11:57

Qui sera à la baguette ? J'espere que tu nous feras un petit resumé de ce concert ! En tout cas tu verras c'est une symphonie grandiose par la force et la tragédie qui en traverse la partition !
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 12:02

Bertrand a écrit:
Qui sera à la baguette ? J'espere que tu nous feras un petit resumé de ce concert ! En tout cas tu verras c'est une symphonie grandiose par la force et la tragédie qui en traverse la partition !

Orchestre : deFilharmonie

Direction : Pinchas Steinberg

http://www.bozar.be/activity.php?id=6186
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 18 Mar - 12:15

Je suis curieux de savoir le résultat bounce
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Ven 30 Mar - 23:31

Bertrand a écrit:
Je suis curieux de savoir le résultat bounce

Eh bien... bof Embarassed Rolling Eyes

Je dois bien avouer que je ne connaissais pas Mahler.

En tout cas ta contribution m'a permis de mieux apprécier...

... mais je n'ai quand-même pas trop accroché.

En fait, je trouve que c'est trop long pour une symphonie. On a l'impression que Mahler tourne un peu en rond à la fin de chaque mouvement.

Alors, les coups de marteau... je plains les deux trompettistes qui avait l'oreille presque collée aux coups. Ils sont surement sourds aujourd'hui.

J'ai apprécié le plus le deuxième mouvement qui, par moment, n'a rien de tragique et est même à la limite du comique.

Je trouve que dans les vents, les clarinettes, et surtout les hautbois, sont bien mis en valeur Wink

En résumé : je suis content de l'avoir entendue... mais pas cela tous les jours.
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Sam 31 Mar - 11:05

Citation :
En fait, je trouve que c'est trop long pour une symphonie. On a l'impression que Mahler tourne un peu en rond à la fin de chaque mouvement.

C'est souvent l'impression que peut donner Mahler au debut... mais une fois habituer c'est l'extase. C'est vraique la 2ème, la 3ème et la 6ème sont assez longues et decousues.

Citation :
Alors, les coups de marteau... je plains les deux trompettistes qui avait l'oreille presque collée aux coups. Ils sont surement sourds aujourd'hui.

Et encore tu n'as pas vus ce que celà donné dans la version Bernstein/Vienne (dvd DG) !

Citation :
En résumé : je suis content de l'avoir entendue... mais pas cela tous les jours

J'en suis ravis cheers tu verras tu ty feras, déjà lors de ta prochaine audition tu seras moins heurter.
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joachim
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Mer 2 Mai - 13:21

Je ne sais pas ce que tu en penses, Bertrand, mais pour moi, Derryck Cooke a bien terminé la 10ème symphonie, on dirait vraiment qu'elle a été entièrement composée par Mahler. Bien sûr on ne saura jamais quelle aurait été la version définitive de Mahler, mais je trouve que son interprétation des esquisses a été magistrale.

Personnellement, j'aime bien toutes les symphonies, sauf la 8ème qui, pour moi, n'est pas une symphonie (à l'instar des 13ème et 14ème de Chostakovitch) mais une sorte de cantate. Qu'à la suite de la 9ème de Beethoven, on ajoute des voix dans une partie d'une symphonie, d'accord. Mais une symphonie chorale complète, ça me rebute (un peu seulement).
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Bertrand
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Mer 2 Mai - 16:33

Oui Cooke a très bien travailler, tout comme Barshai d'ailleurs. Cette 10ème reconstituée est une réussite. Pourtant la tache n'etait pas simple car donner une suite à un tel adagio ne fut pas chose aisée. Je reve d'entendre Abbado ou Boulez dans cette symphonie !

_________________
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Yann
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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 3 Juin - 14:31

Bon allez je m'y mets, j'avais delaissé la musique classique au profit de la musique de film mais ça me manque alors j'y reviens (en plus on est sur un forum qui trite de ça alors Mr Green ! ) avec les symphonies de Mahler, j'en avait déjà écouté quelques unes ou plutot survolé avec des interprétations qui ne m'avaient pas vraiment emballé ou peut être est-ce les oeuves ? Mais je vais très vite le savoir dans ce cas.
Là j'ai les symphonies 1,4 et 6, je les ai choisies aléatoirement je n'avais rien noté avant de passer à la médiathèque donc...
Pour la première j'ai la version Solti avec l'orchestre symphonique de Chicago, la 4 c'est Haitink aux commandes de l'Orchestre d'Amsterdam et enfin pour la 6 ème, il s'agit de Claudio Abbado avec le Philarmonique de Berlin.
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Didier



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MessageSujet: Re: Les symphonies de Mahler   Dim 3 Juin - 14:37

Tu as fait une bonne pioche, à mon avis. Après des comparatifs (voir le site de Xavier), la Première par Solti est très bien je trouve. J'avais découvert la Quatrième sous la baguette de Haitink il y a un bail de ça, et ça m'avait laissé un bon souvenir. Je te souhaite du plaisir.
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Les symphonies de Mahler
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