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 Kurt Weill

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Jean-Michel
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Jean-Michel

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MessageSujet: Kurt Weill   Kurt Weill Icon_minitimeDim 10 Mai - 23:49

Kurt Weill
(Dessau 1900 - New York 1950)

Sa musique, considérée comme « dégénérée » par les nazis , lui vaudra de voir ses partitions brûlées. Ses origines juives et ses sympathies pour le communisme font qu'il est contraint de quitter l'Allemagne en 1933 avec Lotte Lenya qu'il avait épousée en 1927 et qu'il réépousera en 1937 après un divorce en 1933. Il séjourne à Paris où il compose Les Sept Péchés capitaux (Die sieben Todsünden) sur un texte de Brecht pour le Théâtre des Champs-Élysées et termine sa Seconde symphonie avant de se rendre aux États-Unis en 1935.
Kurt Weill est issu d’une famille juive. Son père, Albert Weill, était originaire de Kippenheim, une importante communauté juive rurale du Pays de Bade. En 1918, il commence des études de musique à l’Ecole supérieure (Hochschule) de Berlin. Il suit l’enseignement de Ferruccio Busoni, qui sera déterminant pour son œuvre future, surtout pour son esthétique de l’opéra. En 1920, il est engagé comme chef d’orchestre au théâtre de la ville de Lüdenscheid. À partir de 1925, il travaille à ses premiers projets d’opéras avec des écrivains importants comme Georg Kaiser et Yvan Goll. En 1927, il commence à collaborer avec Bertolt Brecht, ce qui aboutit à L'Opéra de quat'sous en 1928.
Très tôt, son travail est influencé par la musique de danse contemporaine, par exemple dans l’opéra Royal Palace. Le style (Songstil) de Weill, qui se développe à partir de 1927, est fortement marqué par cette musique, particulièrement par le Jazz-Stil de Paul Whiteman. Cette stylistique est des plus prégnantes dans L'Opéra de quat'sous et dans Happy End. Parallèlement, il fait aussi usage d’une expression musicale néoclassique, précisément néobaroque, par exemple dans l’ouverture de L’Opéra de quat’sous, dans les scènes d’ouragan de Grandeur et décadence de la ville de Mahagony, et dans l’ensemble de l’opéra Die Bürgschaft.
L’accueil fait à sa musique (particulièrement de la part des autres compositeurs) est mitigé. Il acquiert une grande popularité avec L’Opéra de quat’sous. Parmi ses collègues, Arnold Schönberg et Anton Webern la rejettent complètement. D’autres comme Alban Berg, Theodor Adorno et Alexander Zemlinsky montrent toutefois un grand intérêt pour son travail. Berg assiste à une représentation de Mahagony et Zemlinsky dirige le Quodlibet (de 1923) et Mahagony (1930).
La période française - Après la prise de pouvoir par les nazis (30 janvier 1933), Weill s’enfuit en France en mars. L'atmosphère de l'année 1933 à Paris est beaucoup moins favorable que celle de 1932 ; dans l'Action française, Lucien Rebatet se déchaîne contre le « virus judéo-allemand ». Durant cette période, il compose, sur commande du Théâtre des Champs-Élysées, la musique d'un ballet avec chants, Les Sept Péchés capitaux, représenté en juin 1933 ; la musique de Marie Galante, représentée seulement trois semaines au Théâtre de Paris en décembre 1934; celle de Der Kuhhandel, représentée à Londres en juin 1935 sous le titre My Kingdom for a Cow ; il achève sa Deuxième symphonie, avec l'aide d'une mécène, la princesse de Polignac (Winnaretta Singer, veuve du prince Edmond de Polignac). Il participe aussi à la mise en onde radiophonique (novembre 1933) de Fantômas avec Robert Desnos et Paul Deharme, dont il apprécie une conception didactique de l'art.
La période américaine (1935-1950) - En septembre 1935, il part pour les États-Unis. Une œuvre majeure des premiers temps de l’exil est Der Weg des Verheissung (The Eternal Road), une pièce biblique qui présente l’histoire du peuple juif. Il s’agit d’un mélange de théâtre, de liturgie et d’opéra. Kurt Weill connaît ensuite le succès à Broadway, surtout avec Lady in the Dark (466 représentations à New York) et One Touch of Venus (567 représentations). En 1943, il obtient la nationalité américaine, qu'il demandait depuis 1937.

Le compositeur Jean Wiener disait en substance : « Ce qui est unique et remarquable dans la musique de Weill est qu'il a su écrire une musique pour tout le monde... mais comme ne fait pas tout le monde... On pourrait passer sa vie à se demander pourquoi telle mélodie ou telle phrase est harmonisée ainsi sans trouver de réponse. Simplement c'était dans lui ».
Le poète noir américain Langston Hughes a pu dire de Weill : « S’il était parti en Inde, et non pas aux États-Unis d’Amérique, il aurait, j’en suis presque certain, remarquablement composé de la musique indienne (…). C’est pourquoi l’Allemagne peut considérer Weill comme un Allemand, la France comme un Français, l’Amérique comme un Américain et moi comme un Noir. »
Sur l’œuvre - Kurt Weill est très proche de Mahler et de Schönberg. On le qualifie d'expressioniste atonal. Sa rencontre avec Bertolt Brecht, engagé dans un idéal communiste, change sa façon d'écrire l'opéra : il se trouve à mi-chemin entre le théâtre et l'opéra. Ses deux opéras ; Mahagonny et L'Opéra de quat'sous sont des critiques sociales. Il écrit pour petits ensembles, sur des thèmes populaires, dans l'idée de recréer l'opéra des gueux du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, l'ensemble de son œuvre est mieux connue (théâtre, comédies musicales, œuvres instrumentales et symphoniques, cantates, lieder).
Parmi ses œuvres mondialement connues, on peut citer :
L'Opéra de quat'sous (Die Dreigroschenoper - 1928) sur un texte de Bertolt Brecht. Une production à Broadway verra 2611 représentations de 1945 à 1956. Le rôle titre de Jenny était interprété par Lotte Lenya qui tenait déjà ce rôle à Berlin, lors de la création.
Grandeur et décadence de la ville de Mahagony (Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny - 1930) sur un texte de Bertolt Brecht.
Les Sept Péchés capitaux, écrit en 1933, également sur des textes de Bertold Brecht.
Comme autres œuvres, on peut citer ses deux symphonies écrites en 1921 et 1934.
Source et choix d’œuvres
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Kurt Weill   Kurt Weill Icon_minitimeDim 10 Mai - 23:51

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Kurt Weill et Lotte Lenya
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Kurt Weill   Kurt Weill Icon_minitimeDim 10 Mai - 23:51

Berlin dans la lumière (Berlin im Licht), dir. et chant H. K. Gruber (Largo 1998), ou comment se trouver dans une atmosphère de cabaret berlinois chez soi.
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felyrops

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MessageSujet: Re: Kurt Weill   Kurt Weill Icon_minitimeLun 11 Mai - 6:44

J'aime beaucoup cet esprit du temps 1930. Suite à la première Guerre Mondiale et la débacle monétaire 10 ans après, on voit en Europe de l'ouest jaillir les bulles de l'art déco comme dans une flute de champagne.
L'Allemagne Nazi, par contre, interdit tout art dégénéré. Kurt Weill en fait partie, quoiqu'il traduit, mieux que quiconque, la pauvreté matérielle dans laquelle l'Allemagne se trouve.
Les accords d'après 1918 ont inutilement appauvri l'Allemagne, attesté et documenté par le prix Nobel d'économie Keanes, jusqu'à favoriser la naissance du Nazisme.
D'où le cri de désespoir de la musique allemande d'entre deux guerres. Pas mal de chansons de Kurt Weill me semblent être du "rapp avant la lettre".
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Jean-Michel
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MessageSujet: Re: Kurt Weill   Kurt Weill Icon_minitimeVen 21 Mai - 23:05

Requiem de Berlin (Das Berliner Requiem) et Der Tod (La Mort) de Paul Hindemith, Octuor pour ensemble à cordes d’Igor Stravinski, deux cantates de Darius Milhaud :Paul Hillier dir. I Solisti del Vento et le Chœur de la radio flamande (Glossa 2009)
J’ai déjà écouté ce requiem, mais pas vivant comme celui-ci.
De près, la pochette est un peu plus originale que de loin : le font a un léger gaufrage dû à des caractères imprimés au verso de la feuille, l’intérieur de la pochette est une variation sur l’extérieur. Il y plus original, mais c’est finalement assez bien vu.
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MessageSujet: Re: Kurt Weill   Kurt Weill Icon_minitime

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