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 François-Ferdinand

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Bertrand
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MessageSujet: François-Ferdinand   Mar 30 Oct - 2:23

François-Ferdinand (en allemand : Franz Ferdinand von Österreich-Este), archiduc d'Autriche, est né à Graz le 18 décembre 1863 et décédé le 28 juin 1914 dans l'assassinat de Sarajevo qui précipite la Première Guerre mondiale.

François-Ferdinand naquit le 18 décembre 1863 à Graz (Styrie) et se maria le 1er juillet — ou 28 juin (?) — 1900 en la chapelle du château de Reichstadt (Bohême) avec la comtesse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, aujourd'hui Zákupy en République tchèque. Son père, l'archiduc Charles-Louis de Habsbourg, époux de Marie de l'Annonciation des Deux-Siciles Princesse des Deux-Siciles, était le frère cadet de l'empereur François-Joseph.

Étant neveu de ce dernier, il devint l'héritier potentiel du trône impérial à la mort de son cousin germain Rodolphe d'Autriche, mort de façon mystérieuse à Mayerling, le 30 janvier 1889, en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera, et devint héritier en première ligne à la mort de son père, en 1896.

Il fut assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 avec son épouse Sophie Chotek, comtesse de la vieille noblesse tchèque (elle était duchesse de Hohenberg), par le nationaliste serbe Gavrilo Princip. Sa mort entraîna l'Autriche-Hongrie à attaquer la Serbie. Ce fut l'évènement déclencheur de la Première Guerre mondiale. Son mariage était morganatique, c’est-à-dire que ses enfants ne pouvaient prétendre à la succession de l'empire austro-hongrois.

Les circonstances du voyage d'inspection de François-Ferdinand à la suite des grandes manœuvres organisées en Bosnie-Herzégovine semblent avoir favorisé les assassins. Le jour choisi, 28 juin, était l'anniversaire de la défaite des Serbes à la bataille de Kosovo en 1389 face aux Ottomans. Le voyage de l'Archiduc Héritier, Inspecteur Général des Armées, était considéré par la minorité serbe comme une provocation. Bilinski, ministre en charge de l'administration de la Bosnie-Herzégovine, à Vienne, refusa également de tenir compte de l'avertissement de l'ambassadeur de Serbie à Vienne, Jovan Jovanovic, qu'un attentat était en préparation. L'ordre du prince Montenuovo de ne pas rendre les honneurs militaires et donc de retirer la troupe (40 000 hommes) de Sarajevo, au motif que la duchesse de Hohenberg n'étant pas membre de la Famille Impériale ne pouvait pas les recevoir, priva le couple de la protection militaire. L'erreur enfin d'itinéraire obligeant la voiture à s'arrêter au milieu de la foule, mettant le couple sous le tir de Princip. Tout ceci a laissé supposer que l'assassinat de François-Ferdinand arrangeait beaucoup de monde. Le comte Tisza, Premier ministre de Hongrie, fut même soupçonné d'y avoir participé car à l'annonce de la mort de François-Ferdinand, qui lui était franchement hostile, il s'exclama en plein Parlement à Budapest : « La volonté de Dieu s'est accomplie ! ». Ce soupçon semble toutefois infondé. Il donne cependant une idée de l'atmosphère de l'époque d'avant.

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Bertrand
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MessageSujet: Re: François-Ferdinand   Mar 30 Oct - 2:24

François-Ferdinand au sein de la dynastie

Charles-Louis était le fils de l'archiduc François-Charles, lui-même fils de l'empereur François Ier. François-Charles mourut en 1878 après avoir renoncé au trône en 1848 et eut pour fils :

François-Joseph Ier d'Autriche (1830-1916), époux d'Élisabeth de Wittelsbach dite « 'Sissi »
Maximilien Ier du Mexique né le 6 juillet 1832, éphémère empereur du Mexique, fusillé le 19 juin 1867
l'archiduc Charles-Louis d'Autriche (1833-1896)
l'archiduc Louis-Victor d'Autriche (1842-1919) qui vécut assigné à résidence
Charles-Louis et Maria-Annunziata eurent pour fils :

l'archiduc François-Ferdinand (1863-1914)
l'archiduc Othon (1865-1906) (Otto en allemand)
l'archiduc Ferdinand d'Autriche (1868-1915) qui fit un mariage morganatique comme son frère, renonça en 1911 et prit le nom de Ferdinand Burg
François-Ferdinand portait le titre d'archiduc commun à tous les agnats dynastes de la Maison de Habsbourg.

La maison d'Autriche-Este qui avait régné sur Modène (1814-1859) s'éteignit en 1875 et l'empereur François-Joseph Ier en reporta le nom sur son neveu qui devint François-Ferdinand d'Autriche-Este.

Il ne semble pas que l'archiduc héritier d'Autriche ait porté un titre particulier.

Parmi ceux qui arrivent premier dans un ordre successoral, deux cas se présentent :

l'interessé ne peut être rétrogradé à un autre rang successoral par une naissance : auquel cas il porte souvent un titre spécial tel que dauphin en France (durant le règne de son frère Louis XVIII, le futur Charles X n'eut donc pas ce titre de dauphin)
l'intéressé peut être rétrogradé à un autre rang successoral par une naissance même improbable : c'est le cas de Charles-Louis et de son fils François-Ferdinand.
Des événénements tragiques rapprochèrent cependant Charles-Louis et François-Ferdinand du trône :

l'archiduc Rodolphe, fils unique de l'empereur François-Joseph, se suicida à Mayerling en 1889 : il n'eut pas d'autre fils qu'un enfant naturel reconnu comme tel tardivement par les tribunaux ;
l'archiduc Maximilien, frère de François-Joseph, avait été fusillé par ses nouveaux sujets en 1867 après être devenu empereur du Mexique : il ne laissa pas de fils non plus.
Quant à l'archiduc Charles qui succédera à François-Joseph sur le trône d'Autriche-Hongrie en 1916 le caractère relativement incertain de ses espérances était plus accentué encore : François-Ferdinand pouvait devenir veuf, contracter alors un mariage égal et procréer des archiducs qui auraient éloigné Charles du trône. Charles, fils de l'archiduc Othon, fils cadet de l'archiduc Charles-Louis et donc le neveu de François-Ferdinand, était très proche de son oncle, dont il partageait les vues sur la nécessaire modification constitutionnelle de l'Empire.

François-Ferdinand contracta, en 1900, un mariage morganatique avec Sophie Chotek, c'est-à-dire régulier selon le droit civil et le droit canonique de l'Église catholique mais de rang inégal (il aurait dû épouser une femme d'une famille régnante, médiatisée ou ayant régné). Ce mariage écarta de facto les fils qu'il eut avec Sophie Chotek de la succession : ces fils ne furent donc pas archiducs. François-Ferdinand ne renonça cependant jamais à son rang d'archiduc d'Autriche ni aux autres droits qu'il détenait à titre personnel.

Sophie Chotek fut titrée, la même année, princesse (Fürstin) — avec droit de transmission à sa descendance —, puis en 1907, duchesse de Hohenberg. Son petit-neveu Charles de Habsbourg devint donc dès sa naissance en 1887, l'héritier légitime de l'empire.

Le couple morganatique eut pour enfants :

la princesse Sophie de Hohenberg (1901-1990)
le prince Maximilien de Hohenberg (1902-1962) qui fut titré duc de Hohenberg en 1917 avec droit de transmission au chef de la maison Hohenberg
le prince Ernest de Hohenberg (1904-1954)

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MessageSujet: Re: François-Ferdinand   Mar 30 Oct - 2:24

Inhumation de François-Ferdinand de Habsbourg et de Sophie Chotek, princesse de Hohenberg

Avant sa mort, François-Ferdinand de Habsbourg prit la décision de faire ériger une chapelle à Artstetten où il reposerait avec son épouse. celui-ci craignait qu'étant un Habsbourg, François-Joseph Ier prit la décision de l'inhumer dans la crypte des Capucins à Vienne. Il prit la décision de construire cette chapelle afin de n'être pas séparé de sa femme après leur mort.

Le Prince Montenuovo, Grand-Maître de la Cour, refusa d'appliquer le cérémonial prévu pour les obsèques des archiducs, au motif que la duchesse de Hohenberg n'était pas considérée comme un membre de la Maison d'Autriche. Il fit placer les deux cercueils à des hauteurs différentes afin de marquer la différence de rang et fit mettre sur le cercueil de Sophie, une paire de gants, signifiant et rappelant par là qu'elle avait été dame d'honneur de l'Archiduchesse Isabelle. Il refusa que les enfants Hohenberg assistassent à l'enterrement de leurs parents toujours pour le même motif. L'archiduc Charles nouvel héritier du trône exigea de François-Joseph qu'il intervint auprès de Montenuovo afin de lever cette interdiction. Les obsèques eurent lieu à Vienne en présence de l'Empereur, de la Famille Impériale, des enfants Hohenberg et des officiels autrichiens. Le cortège funèbre fut suivi à pied par le nouvel héritier du trône, Charles, jusqu'à la gare. L'inhumation dans la chapelle funéraire du château d'Artstetten fut une cérémonie privée.

Montenuovo refusa encore aux enfants Hohenberg les subsides prévus pour les archiducs d'Autriche. L'Archiduchesse Marie-Thérèse alla trouver François-Joseph pour dénoncer cet acharnement posthume et lui proposa de laisser aux enfants Hohenberg sa propre allocation en tant que veuve de l'Archiduc Charles-Louis. L'Empereur ordonna alors de leur faire verser la pension de leur père, qu'ils ne touchèrent plus après la guerre. En outre les enfants Hohenberg n'héritaient que des biens privés de leur père. Le reste, le fonds Este-Modène, alla à Charles, qui était en outre l'exécuteur testamentaire. François-Joseph régla sur sa cassette toutes les dettes de la succession afin que les Hohenberg eussent un héritage convenable. Benès, en 1921, nationalisa le domaine de Konopischt pourtant acheté comme n'importe quel particulier par leur père, sans les indemniser, réduisant de façon considérable cet héritage.

Les orphelins Hohenberg furent recueillis par l'archiduchesse Marie-Thérèse de Bragance (1855-1944) fille de Michel Ier de Portugal et 3e épouse (1873) de leur grand-père paternel Charles-Louis.

Deux ans après Sarajevo, l'archiduchesse Marie-Thérèse demanda à Guillaume II d'Allemagne le rétablissement de la Lorraine ducale au profit de Max, l'aîné des Hohenberg, afin d'« aplanir » le contentieux franco-allemand, mais se heurta à un refus.

Les deux branches (maison de Lorraine), subsistent toujours de nos jours :

la branche aînée mais morganatique des Hohenberg,
et la lignée issue de l'empereur Charles Ier d'Autriche. Son fils Otto Habsburg-Lothringen en est aujourd'hui le chef.


Sa vie, sa légende

Durant son enfance, François-Ferdinand paraissait suffisamment éloigné du trône pour que son éducation ait été parfaitement négligée.

Le parlement hongrois tenta de donner la qualité de dynastes à la descendance de François-Ferdinand pour la seule Hongrie mais François-Joseph y mit bon ordre parce que cela aurait signifié la fin de l'Autriche-Hongrie.

François-Ferdinand avait acheté le domaine et le château de Konopiště (Konopischt en allemand) en Bohême, qui fut confisqué à ses héritiers par Benès qui le nationalisa.

Le caractère de François-Ferdinand était rude.

Avant son assassinat il eut maille à partir avec les Hongrois.

On lui prêtait aussi un plan pour transformer l'Autriche-Hongrie (qui se réduisait trop souvent à un tête-à-tête entre Autrichiens et Hongrois) en une union à trois (Autrichiens, Hongrois et Slaves).

Sa disparition n'émeut guère François-Joseph et fut peut-être considérée comme politiquement opportune.

Il sut faire face avec aplomb aux avanies protocolaires dues au rang inférieur de son épouse.

Sans son courage il aurait peut-être survécu à Sarajevo : après un premier attentat raté, il refusa en effet d'annuler le programme officiel de sa visite.

Il semble qu'il possédait la volonté déterminée de réformer l'Empire d'Autriche-Hongrie en une fédération : "les Etats-Unis d'Autriche-Hongrie", afin de laisser plus d'autonomie au différentes provinces de l'Empire, ayant pris conscience au cours de ses déplacements de cette nécessité, notamment pour les différentes minorités au sein de l'Empire.

Il avait conscience du danger qu'il courait en allant à Sarajevo. Il avait confié sa quasi certitude d'être assassiné à son neveu l'Archiduc Charles.

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MessageSujet: Re: François-Ferdinand   Mar 30 Oct - 2:29


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